N«81. — BASSINS DU SYSTÈME KHIZNDARIEH
BASSINS
DU SYSTÈME KHIZNDARIEH
Badareh (moitié). . . .
Hod El-Sahel et du Nil Hod Bhekh -Moussa . .
Maassarah
Béni Mouri
Sahel du Nil (Hod) . .
Hammam (quart) . . .
Gharbieh ,
TERRES RASSES
TERRES HAUTES
JD
TOTALES
Le canal Khizndarieh, qui a donné son nom au système, a sa prise à 6 kilomètres en aval du Mah'gar ; son tracé longe la [)artie Est des bassins, il a 34 kilomètres de développement et finit dans les basses terres du hod El-Sahel. Son débit, on l'a vu précédemment, doit être considérablement augmenté. D'autre part, l'achèvement du canal du Mah'gar fournira de l'eau non seulement pour les terres du système, mais aussi pour l'inondation des bassins du système suivant.
No 82. — CANAUX DU SYSTÈME KHIZNDARIEH
Canal mah'gar-el-gebel-haridi.
Canal RHiZiNDARiEH (du Nil).
Sayallet Nawawra. Sayallct Sharq (Est).
— Gharb (Ouest). »
AS8I0UTIEH (du Nil).
Sayalleh oui m a ni eh (du Nil). SANGAK (du Nil).
HASSAN DARWISH (du Nil).
Le systèmeAbnoub est contourné à l'Ouest par trois grandes courbes de SO kilomètres de développement décrites par le Nil. Son étendue
est de 38,500 feddans dont d2,500 sont inondés par le Khizndarieh et rattachés, par conséquent, à son système. L'Abnoub ne comporte pas de sahels, ce qui, avec la pente de ses terres — plus considérable que celle du Nil qui est atténuée par ses méandres, plus nombreux le long du système qu'ailleurs — constitue un avantage marqué sur les systèmes précédents. Môme lors des. mauvaises crues, il est toujours plus rapidement inondé que les bassins du Sud. Lorsque le Nil tombe à Assouan au-dessous de 14 pics, il suffit de fermer le pont Shou, placé au kilomètre 47, du Maannah, pour faire refluer les eaux qui se répandent alors sur les terres à 9 kilomètres en amont, c'est-à-dire au kilomètre 8 du canal.
No 83. — SYSTÈME ABNOUB (rive droite)
BASSINS
Hamam (trois quarts).
Sawalem
Hochets Béni -Mohamed
Maabdah
Hochet Maabdah. . . .
TIRRBS BASSES
TERRES HAUTES
TOTALES
Les terres du Sud du système ne recevant pas d'eau du système précédent sont néanmoins éprouvées pendant les mauvaises crues. L'Abnoub possède trois grands canaux dérivés du Nil :
Le Maannah ;
L'Ali-Bey;
Le Beni-Mohamed ;
et quatre petits :
Le Saunt ;
Le sayalleh Abou-Ettamasih ;
L'Abou-Ettamasih ;
Le Monesrah.
Le Maannah, [ïrincipale artère du système, a sa prise à 536 kilomètres d'Assouan. Son [liafond, cr(?usé à la cote de 8 pics et demi (4™59) a 13 mètres de largeur, sa [>ente kiloniétricpie est de S centimètres et son débit, suivant les crues, de 23 à 35 mètres cubes par seconde.
Le Maannah, TAli-Bey et le Bjeni-Moham<»d partagent le système en trois parties; mais les deux derniers canaux, creusés |)0ur l'inondation directe des Ixissins, sont trop pivs de l'extrémité du système et n'ont qu'une action excessivement limit<'îe sur ses terres. En outre, TAli-Bey, immense canal mal trda% n'est [)lus de niveau, par suite de son entretien défectueux. S(\s dimensions qui aurai(»nt pu être considérablement réduites, en font un danger en temps de grandes crues.
Les améliorations étudiées pour le système Abnoub porteront principalement sur les trois points suivants :
Élargissement et approfondissement duMaîinnah, qui commandera la presque totalité du système ;
Suppression de la prise du Beni-Mohamed, qui sera relié à TAli- Bey dont le débit se trouvera réglé par un ouvrage établi à sa prise. Les systèmes Khizndarieh et Abnoub sont rem[)lis et vidés aux mêmes époques, c'est-à-dire entre le 12 août et le 25 octobre».
On vient de lire que les bassins du Nord de Guii^ueh ne pouvaient être séparés que par une ligne idéale de ceux du Sud d'Assiout, que trois bassins, les hods Deir, Béni - Simia et Zennaar, ressortissant à cette province, formaient partie intégrante du système Nord Sohag. Les hods El-Mellah-Awal-Messarawieh, Beni-Kalb, El-Morek, El-Go»sieh, El-Daboua et El-Mounir dé[)endent également du dernier système, bien que ces bassins soient naturellement séparés des précédents par la montagne d'Assiout qui se ra[»[)i'oche du Nil, ne laissant enti'e sa base et le fleuve qu'une cenbiine de mètres.
Les trois provinces d'Assiout, deMinieh et de Beni-Souefont de tout temps formé un système unique de bassins d'inondation. Elles |.)Ossèdent en outre, depuis le creusement de; l'Ibrahimieh, qui n'a été achevé qu'en 1873, 180,000 feddans de cultures séfi irriguées [Kir ce grand canal. Autrefois, elles n'étaient arrosées que par leBiihr-Youssef. Ce canal, comme le Sohagieh, formait une branche que le Nil avait abandonnée p<;ndant les étiages et qu'il n'ocx^upait plus qu'en crue. Son lit tortueux, comme celui du i)réc^(l(»nt, <lont il était la continuation, exclut également l'idée qu'il ait jamais été creusé par la main de l'homme.
Le Bahr-Youssef coule au pied des montagnes libyques dans les parties basses et à la limite des terres cultivées ; son développement est de 330 kilomètres et sa pente, de son point de départ jusqu'au seuil d'El-Lahoun, est d'environ 13'°,50. Il possédait plusieurs prises: la première, à 10 kilomètres en aval d'Assiout, servait après la crue de déversoir aux bassins de l'extrémité du système Nord Sohag; la deuxième, en aval de Deyrout, fut complétée par trois autras creusées en amont de cette ville, à l'Est du village de Sanabo.
Antérieurement au creusement de l'Ibrahimieh et à la transformation de l'arrosage et des cultures dans le Delta, alors que les bassins d'inondation se succédaient sans interruption depuis Assiout jusqu'au lac Maréotis, le Bahr-Youssef inondait les 500,000 feddans compris entre la capitale de la Moyenne-Egypte et Wasta, sur une longueur de 270 kilomètres. Il desservait les irrigations de la province du Fayoum et fournissait encore, par le Bahr-Lebani, sa bifurcation, qui part du seuil d'El-Lahoun et va jusqu'au-dessous du Caire, un appoint considérable aux inondations de la province de Guizeh.
Linant de Bellefonds-Pacha, qui a mesuré son débit pendant une forte crue, a constaté que les recettes d'eau dii Bahr-Youssef étaient de 39 millions de mètres cubes par jour; mais ce cours d'eau ne coulait alors que pendant trois mois. Depuis qu'il est raccordé à l'Ibrahimieh, sa section en crue ne dépasse pas 350 mètres et la vitesse moyenne de son courant 0™,7476, ce qui correspond à un débit maximum quotidien de 22,600,000 mètres cubes; à l'étiage, il ne débite que 27 mètres cubes par seconde, soit 2,400,000 mètres cubes par jour.
Le canal Ibrahimieh a été creusé pour Tirrigation, à l'étiage, des terres hautes de la vallée Ouest du Nil ; il a sa prise près d'Assiout et traverse à Mungabad un endroit dangereux, resserré entre le Nil et la montagne où sa digue sert de berge au fleuve. Il passe à Manfalout, à Deyrout, à Minieh, à Mataï et se termine entre Beni-Souef et Ashment. L'Ibrahimieh est régulier en direction et coule parallèlement au Nil sur tout son parcours ; sa longueur totale est de 256 kilomètres ; son prolil-type comportait un plafond de 35 mètres de largeur et une pente kilométrique de 0'",045 jusqu'au kilomètre 61. Sa section diminue au fur et à mesure qu'il s'éloigne de ce point, et son plafond n'a plus que 12 mètres de largeur à l'arrivée. A partir de Deyrout et jusqu'au kilomètre 131, sa pente est de 0'",06; au-
dessous, elle devient la môme que œ\]o de la vallée et le niveau est maintenu à 1 mètre au-dessus de la surface des terres.
L'Ibrahimieh ne comporte aucun ouvrage à sa prise; au kilomètre 4, il est traverst^ par le pont tournant du chemin de fer de la Haute- Egypte. Jusqu'à Deyrout, son niveau d'étiage étant généralement audessous des terres qu'il traverse, il est f)eu utilisé pour l'irrigation et forme un long bief se terminant par une sorte de bassin. Là s'opère la répartition des eaux : par un barrage régulateur pour la partie inférieure de Tlbrahimieh, par quatre ouvrages de prise f)Our ses dérivations et un déversoir pour renvoyer au Nil le trop-plein du canal.
Le barrage principal se compose de cinq arches de 3 mètres et d'une écluse marinière de 8",60 et de 34 mètres de longueur.
En amont, sur la rive droite, le déversoir comprend cinq arches de 3 mètres et une écluse, semblable à la précédente, qui met le Nil en communication avec le amal pendant les hautes eaux. Entre le déversoir et le barrage se trouve la prise du Sahelieh composée de deux arches de 3 mètres.
En amont, sur la rive gauche, sont situées la prise d'eau du Dey routieh, avec trois arches de 3 mètres; celle du liahr-Youssef avec cinq arches de 3 mètres et une écluse semblable aux précédentes: ce dernier ouvrage sert à l'inondation des terres dont le niveau dépasse celui des bassins inondés par le Bahr-Youssef.
En aval du barrage de Deyrout sont établis, au kilomètre 121, un pont de neuf arches qui régularisait le débit d'un ancien canal dont ribrahimieh a emprunté le lit et, aux kilomètres d31 à Minieh, 441 à Mataï, 469 à Maghagha, des ouvrages composés de trois arches et d'une écluse. Les deux derniers, bien que construits depuis plusieurs années déjà, n'ont pas encore reçu leurs fernudures.
Les principales dérivations de l'Ibrahimieh sont le Sahelieh, le Deyroutieh et le Bahr-Youssef. Il a été parlé plus haut du dernier canal, il n'y a donc pas lieu d'y revenir.
Le Sahelieh a été creusé, entre le Nil et l'Ibrahimieh, pour l'irrigation du Sahel, c'est-à-dire de la partie la plus élevée de la déclivité qui part du fleuve et aboutit au désert. Son plafond est à 1",50 au-dessus de celui de l'Ibrahimieh et a 8 mètres de largeur. Son développement est de 40 kilomètres environ. Il est surtout employé pour donner de l'eau aux plantations de amnes à sucre à l'Est de l'Ibrahimieh.
Le Deyroutieh coule entre Tlbrahimieh et le Bahr-Youssef ; il a 70 kilomètres de longueur, son plafond a dO mètres de largeur et sa pente kilométrique est de 0",065. Sa section va progressivement en diminuant jusqu'à son extrémité. A 33 kilomètres de son point de départ, le Deyroutieh est de nouveau mis en communication avec le tronc principal par le canal Sabaka, ce qui permet au premier canal d'apporter aux bassins de Beni-Khalad, Tana et Tanachawieh un complément d'eau limoneuse.
No 84.