‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 155 sur 197 · EN HIVER · texte numérisé non relu

EN HIVER

Ibrahimieh (au-dessus de Deyrout) .

Ibrahimieh (en aval de Deyrout) . .

Bahr-Youssef

Il a été dit que l'Ibrahimieh ne possède pas d'ouvrage de tête; à sa prise, la différence entre sa cote d'étiage et celle des hautes eaux est de 8", 50. Aussi, lorsque le Nil monte, un énorme volume d'eau se précipite dans ce canal, l'afifouille, en corrode les berges et fait courir de sérieux dangers au chemin de fer installé sur la rive droite. Quand le Nil baisse, un effet contraire se produit et il se forme des dépôts qui ont atteint parfois, et notamment en 4882, plusieurs mètres de hauteur, sur une longueur de quelques kilomètres. Son régime est donc incertain pendant l'étiage, et ne pouvant maîtriser ses eaux pendant la crue, une montée subite du fleuve est toujours susceptible de causer de graves dommages au canal. Aussi, même pour assurer un débit maximum à l'étiage, les dépenses annuelles d'entretien sont-elles très élevées et d'autant plus fortes que le canal est toujours en eau. Le curage ne peut en être eff'ectué qu'à l'aide de dragues puissantes dont le travail ne permet cependant pas de garantir un volume d'eau déterminé lors d'un étiage exceptionnellement bas.

Les graves érosions faites aux digues du canal par le courant rapide de l'eau des crues élargissent souvent le plafond jusqu'à plus de

100 mètres; on s'efforce constamment de ie ramener au profil primitif et de le maintenir |>ar les dragages à la cote 42",65, soit 2 mètres au-dessous de la cote d'étiage. En crue, les recettes d'eau de ribrahimieh atteignent 44 millions de mètres cubes en vingt-quatre heures; à l'étiage, elles sont de 4 millions à 4 millions et demi de mètres cubes. Il en distribue alors 2,400,000 au Bahr-Youssef et 4,600,000 qu'il partage entre le Saliélieh et le Deyroutieh.

Les bassins d'inondation de la Moyenne-Egypte et la province du Fayoum recevaient autrefois les eaux du Nil par les cinq prises du Bahr-Youssef, par celle du canal Sabaïni et de quelques autres dérivations moins importantes échelonnées depuis Assiout jusqu'à Wasta; ces eaux leur arrivaient chargées de leur limon. Le canal Ibrahimieli leur a coupé ces sources d'alimentation et les eaux d'inondation, passant par un chenal unique et arrêtées sur différents points de leurs parcours par des ouvrages répartiteurs, déposent en route les matières fécondantes qu'elles transportent et ne parviennent que relativement claires sur les points à inonder. Les terres, ainsi privées de leur colmatage annuel, s'appauvrissent graduellement, alors que les travaux d'entretien de l'Ibrahimieh et de ses dérivations atteignent des proportions considérables.

En effet, le cube de dragage et de terrassement qu'il faut effectuer dans ces artères s'élève chaque année à 1,330,000 mètres cubes, répartis comme suit :

MOYENNES

Canal Ibrahimieli : 600,000 mètres cubes à —

1 million 800.000 mètres cubes.

— Sahélieh 200.000 —

— Deyroutieh 130.000 —

— Saisaûi

— Kiriakos

— Malaï V 200.000

— Feshn

— latéral au chemin de fer

Total 1.330.000 mètres cubes.

Les dépenses occasionnées par ces travaux sont, à la vérité, en partie couvertes par la taxe appliquée aux cultures séfi irriguées par les eaux de l'Ibrahimieh; les sommes perçues de ce chef s'élèvent annuellement en moyenne à L. E. 18,000 (468,000 francs).

Les modifications apportées au régime des eaux de la Moyenne- Egypte ont eu d'excellents résultats ; elles ont développé sa puissance

PROVII^

Bassins de cultures nili attenant à des

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