‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 156 sur 197 · MINIEH · texte numérisé non relu

MINIEH

rrosés par l'Ibrahimieh et le Bahr-Youssef

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productrice sur tous les points où l'eau séfi a pu être amenée et augmenté les profits de l'agriculture. Mais elles ont été désastreuses sur d'autres points où le plan d'eau de l'Ibrahimieh a, par sa trop grande élévation au-dessus des terres, occasionné des infiltrations et des efllorescences salines qui ont ruiné les cultures des régions atteintes.

Ces conditions défavorables sont aggravées par le manque presque total de canaux d'^outtement, le Bahr-Youssef étant, pour ainsi dire, le seul colateur où vont s'accumuler les eaux filtrant au travers des terres et s'y saturant de matières nuisibles, que ce cours d'eau va ensuite porter aux terres du Fayoum. Il eût été logique et peu dispendieux, à l'origine, d'observer les lois de l'irrigation rationnelle dont on n'a tenu aucun compte.

Les cultures séfi de l'Ibrahimieh sont isolées des hods d'inondation par une digue longitudinale, le Mohit, dont la construction a exigé un grand mouvement de terres. Ces terres ayant été extraites de la base de cette digue, il eût été facile de régulariser les excavations au cours des travaux et d'en faire un grand canal d'égouttement, prêt à fonctionner dès la mise en culture des nouveaux terrains séfi. On a négligé ce soin et c'est seulement par pénétration que les eaux évacuent le sous-sol ; dans un grand nombre de localités, elles reparaissent à la surface et anéantissent les cultures.

Le r^ime nili et l'irrigation séfi des provinces d'Assiout, de Minieh et deBeni-Souef réclamaient d'urgentes et importantes modifications, qu'ils ont déjà reçues ; ils en recevront d'autres dans un délai très rapproché.

On a suppléé à l'absence de régulateur, à la prise de l'Ibrahimieh, par une série de déversoirs établis aux kilomètres 153, 210, 234, 245 et 247 1/2, dans les villages de Maassarah, Abadieh, Touah, Saïda et Magnouneh.

Ces ouvrages, qui permettent d'activer le courant des eaux, ont diminué les dépôts dans une large proportion, tant dans l'Ibrahimieh que dans ses dérivations.

Les communications entre les bassins d*înondation ont été régularisées au moyen de barrages en maçonnerie, et de nombreuses prises, telles que les canaux Selim-Pacha, le Kholoussi, le Nanah et le Sultanieh, ont été branchées sur le canal Ibrahimieh ainsi que d'autres sur le Sahélieh et le Deyroutieh.

Des prises au Nil, siphonnant sous l'Ibrahimieh, ont été réparées ou

construites à Abou-Bakara, dans la province de Minieh ; à Nineh, à Feshn et à Abou-Nakhla dans celle de Beni-Souef. Ces ouvrages se composent de deux ouvertures de 1"*,20 de largeur ; ils mettent le Nil en communication directe avec les bassins d'inondation auxquels ils apportent des eaux fortement limoneuses. Pendant l'étiage, ces siphons ser\iront de colateurs à l'excédent des eaux d'irrigation des cultures séfi, qui retourneront au Nil.

Les fouilles du Mohit vont être régularisées ; on remplacera par des ponceaux les barrages en terre qui les encombrent et l'on créera ainsi plus de 100 kilomètres d'artères de drainage divisées en trois tronçons. Le premier, de 68 kilomètres de longueur, ira de Rodah à Samalout et se déversera dans le Nil, aux basses eaux, par le siphon Abou-Bakara; le second assainira les terres comprises entre Kolosna et Feshn et aboutira au siphon de ce nom ; le troisième tronçon se reliera au siphon Abou-Nakhla.

Ces nouvelles dispositions feront renaître les cultures partout où les infiltrations et les efflorescences salines les ont détruites; elles débarrasseront le Bahr-Youssef des eaux saumâtres qui s'écoulent dans son lit et qu'il va porter au Fayoum, dont il est l'unique artère d'irrigation.

A 10 kilomètres en aval de Mungabad, point dangereux où Tlbrahimieh n'est séparé du Nil que par sa digue, il est également question de creuser une nouvelle prise et de supprimer l'ancienne. On reporterait, au nouveau point de départ du canal, le pont de chemin de fer qui le traverse à Assiout.

L'emplacement permettrait de disposer la nouvelle prise dans une partie où le lit mineur du fleuve difl*érerait aussi peu que possible de son lit majeur et où, du moins, le lit mineur serait maintenu dans une position stable au moyen d'épis qui fixeraient la position du courant dans le lit même du canal. En attendant que ce projet puisse être mis en œuvre, on a combattu, non sans succès, les érosions qui se produisaient à la prise actuelle, par l'enrochement des digues et des épis qui ont atténué la violence du courant et le^» effets des remous.

Pour donner aux cultures séfi de la province de Beni-Souef toute l'extension dont elles sont susceptibles, on a construit à Feshn un régulateur qui passe au-dessus du siphon et qui, relevant le plan d'eau en amont, distribue l'eau séfi sur un plus large périmètre. Plus tard, l'Ibrahimieh, qui finit entre Beni-Souef et Asliment, où sa

section mouillée n'a que quelques décimètres de hauteur, sera prolongé et mis au profil.

Entre le Bahr-Youssef et le désert, il existe des terres inondées, soit pendant la crue, soit au moment de la vidange des bassins. Au moyen d'un barrage, on veut relever le plan d'eau de ce canal dans la province de Minieh et le rendre navigable à l'étiage. Il sera alors possible d'en distraire des eaux et de les employer à l'irrigation de ces terres, à l'époque où elles en sont habituellement privées.

Le système des bassins de l'Ibrahimieh finit, ainsi qu'il a été dit, à Wasta. Il est clôturé, au Nord, par la grande digue de Kochéicha. Ce bassin communique avec celui de Rekka par les deux ponts- barrages de Komi et de Sabah, composés chacun de 7 arches et construits depuis 1884. Et si l'on a dû, jusqu'ici, pratiquer chaque année, dans la digne d'Abou-Kadiga, au Nord-Est du bassin de Kochéicha, une énorme coupure, par où s'écoulent les eaux des bassins qui y aboutissent, au moyen d'un grand déversoir établi à l'endroit où cette coupure est ordinairement pratiquée, on évitera désormais la destruction partielle de la digue, que chaque année il fallait reconstruire.

Placé à l'extrémité de la chaîne des bassins, Kochéicha se trouvait dans les conditions les plus défavorables au point de vue de la qualité des eaux d'inondation; le canal Magnouneh, dérivé directement du Nil au-dessous de Beni-Souef, lui apporte mafîntenant, chaque jour, pendant la crue, 1,363,000 mètres cubes d'eau rouge, c'est-à-dire fortement chaînée de limon.

Telles sont les principales lignes du pi*ogramme dont l'exécution est poursuivie, depuis 1884, pour l'amélioration des diverses cultures de la Moyenne-Egypte.

No 85. — TERRES CULTIVABLES D'ASSIOUT, DE MINIEH ET DE BENI-SOUEF

PROVINCES

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