‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 167 sur 197 · GRAND BARRAGE DE LA PUINTË DU DELTA · texte numérisé non relu

GRAND BARRAGE DE LA PUINTË DU DELTA

V^ v^ POINTE DU \qELTA\

KA I, I o r n I F, H

crainte que la reprise en sous-œuvre d'un ouvrage de cette importance n'en amenât la destruction totale, on décida de réparer les arches fissurées, de rallonger le radier, de le relever et de le terminer en amont par des parafouilles et des blocs de pierre de grandes dimensions, en ne laissant, toutefois, aucune saillie capable d'arrêter le cheminement des matières hmoneuses et de provoquer ainsi le relèvement du lit. Des enrochements compléteraient l'arrière du radier (i).

Le Ministère des Travaux publics décida que, pendant la durée des travaux, le plan d'eau en amont du Barrage devait, autant que possible, être maintenu à la côte de 4 3 mètres et dans aucun cas ne descendre au-dessous del2",50.

On vient de voir que l'ouvrage comporte 132 arches, 74 au barrage de la branche de Damiette qui a 522",20 de longueur et 64 à celui de la branche de Rosette dont la longueur n'est que de 452",30. On s'attaqua d'abord à ce dernier dont on résolut d'isoler la moitié, celle de l'Ouest, au moyen d'un double batardeau, pour obtenir une étanchéité parfaite et éviter la destruction des chantiers au cas où le batardeau extérieur céderait sous la pression des eaux.

Les arches, que l'on voulait isoler, furent clôturées pour faire reporter le courant vers la rive droite. Les matériaux amenés sur des wagonnets étaient précipités dans le Nil à partir de la berge; les côtés des batardeaux parallèles à la direction du Barrage furent ainsi poussés de 8 mètres en avant dans le lit du fleuve. On se proposait de continuer ainsi jusqu'à l'achèvement, lorsqu'on s'aperçut qu'un courant animé d'une vitesse d'un mètre par seconde, prenant l'ouvrage en diagonale, le détruisait au fur et à mesure qu'on essayait d'en augmenter l'avancement.

Des ponts de bateaux portant une voie ferrée furent alors mouillés, les uns parallèlement, les autres perpendiculairement au Barrage. Les wagonnets transportèrent des sacs, d'une contenance de 440 décimètres cubes, remplis de terre et cousus, que l'on coula par 5, 40, 45 et même 20 liés ensemble. Le courant n'eut plus aucun effet sur cette espèce de blocage et les batardeaux, commencés le 2 décembre 4886, furent terminés deux mois plus tard. La crête de ceux d'amont fut ame-

(1) Le projet de réparation a été établi par M. le colonel du génie Western, directeur général des travaux d'art au Ministère des Travaux publics, et son collaborateur, M. Reid, ingénieur civil, spécialement chargé de la direction des travaux du Barrage.

née à la cote 14",50. Au cours de ces travaux préliminaires, le plan (lavai ayant bsiissé jusqu'à 12 mètres, la crête des batardeaux inférieurs ne fut j)ortée qu'à la cote 12",50. Leur s<»ction mouillée variait entre l^jSO et 5 mètres.

Le ser\'ice de ré[)uisement était assuré par six pompes centrifuges de 30 centimètn»s de diamètre, deux de 25 et un pulsomètre de 23. Ce travail, commencé le 27 février, fut îichevé le 5 mars.

Les arches (]ui s'étaient affaissée avaient été, antérieurement, renforcéi*s à Taich* d'un coifenlani en [)alplanches étrésillonnécs avec des chaînes. Encombré de débris de toutes sortes recouverts d'une épaisse couche de limon, le radier était surchargé en aval de l'empierrement établi [X)ur augmenter la retenue i>endant les années précé(lenl(»s. Il fallut d'abonl procckler à un travail considérable de déblai avant de j)ouvoir se rendre compte de son état. Cette opération ach(»v('?e, on constata qu'une jmrtiedece radier, surtout à l'arrière, avait dis[)aru et qu'il était largement fissuré sur d'autn*s points.

On en entreprit alors la réfection partout où il était enlevé ou fendu et le relèvement au moyen d'unt; couche de maçonnerie de moellons recouverttî d'un béton de ciment Portland, le tout ayant 1",250 d'épaisseur, sur laquelle on superposa un lit de pierres taillées de Trieste (lave j)étro-siliceuse très dense et très dure.)

Le mortier employé pour la maçonnerie de moellons reposant sur le sable se com|K)sait d'une partie de chaux et d'une partie et demie de Homra, ou [)ouzzolane. Partout où le sol était j)erméable et peu consistant, on 5h* servit d'un mortier com[X)sé de deux jiarties de sable et d'une partie de ciment. Le l)élon comprenait cinq jiarties de caillassiî, une partie et demie de sible du désert et une partie de ciment Portland.

Au cours des travaux, on eut à combattre de violentes nappes d*eau jaillissantes ; il se [)roduisit d'énormes renaitls, les bajoyers de l'écluse Ouest se tassèrent, perdirent leur aplomb et se fendirent.

L'eau poussée par la sous-pression, envahit le chantier à diverses reprises, amenant des sables et des terres qui filaient au travers de l'ancien radier dont le l)éton était parfois em[)orté sur une étendue (le plusieurs mètres.

On vint à l)ont de toutes ces difficultés en les comljattant avec la plus grande énergie et pendant tiois mois les travaux ne furent

IRRIGATION — BASSE-ÉGYFTE 399

interrompus ni le jour ni la nuit. Les chantiers étaient éclairés par huit lampes à incandescence de 2,000 bougies chacune.

Pour aveugler les sources on usa du procédé suivant : un tube en fonte, muni à sa partie supérieure d'une collerette, fut enfoncé à l'intérieur aussi profondément que possible et entouré d'une couche de béton de ciment fortement damée. .Les eaux jaillissantes passant par ce tube qui servait de collecteur, étaient conduites à l'aide de coulottes jusqu'aux pompes d'épuisement. Après six jours, c'està-dire, lorsque le béton avait bien pris et fortement adhéré autour du tube, des saignées étaient pratiquées dans le radier primitif et descendues jusqu'au sol naturel ; elles s'étendaient d'une pile à l'autre. On coulait ensuite autour du tube une nouvelle couche de béton que l'on faisait pénétrer dans les saignées de manière à souder la nouvelle maçonnerie à l'ancienne et à prévenir tout danger d'infiltration entre les deux parties. Après quoi, le tube était rempli de caillasse et on en obturait l'extrémité supérieure par une rondelle en caoutchouc et un joint plein boulonné. Cette opération faite, on recouvrait le tout de béton jusqu'à l'épaisseur voulue.

La réparation des arches est menée de front avec le relèvement du radier et, au fur et à mesure, des appareils de fermeture des arches, d'une manœuvre facile, sont mis en place. Les travaux seront poursuivis de la même manière jusqu'à l'achèvement; ils sont interrompus pendant les hautes eaux, c'est-à-dire pendant cinq mois.

La méthode adoptée n'est peut-être ni la plus rapide ni la plus économique; nous eussions aimé voir appliquer au Barrage l'air comprimé qui a donné partout, et tout récemment encore, lors de l'établissement des fondations du grand pont de Forth, les remarquables résultats connus de tous les ingénieurs. L'emploi de l'air comprimé offre des garanties de sécurité, de continuité et de célérité qu'on ne saurait attendre des procédés dont nous venons de donner la description. Il supprime les eaux jaillissantes et les affouillements qui ont parfois rendu considérablement laborieux les épuisements faits au Barrage.

Quoi qu'il en soit, les travaux sont dirigés par M. l'ingénieur Reid avec une activité et une énergie des plus remarquables, qui font présager un succès complet vivement désiré par tous les amis de l'Egypte. Il ne faut pas oublier qu'un échec serait peut-être irrémé-

diable, le système des irrigations du Delta devant reposer entièrement sur le Barrage et l'Egypte ne disj)osant pas des ressources qui permettraient de i*enouveler de semblables tentatives.

Selon toutes probabilités, la réparation du Barrage sera achevée en 1890; cet ouvrage pourra alors o[)érer une retenue de 4 mètres et maintenir les eaux d'amont à la cote 14 mètres. La moyenne des fournitures d eau quotidiennes aux [)rovinces du Delta sera portée, pendant Tétiage, de 23 à 36 millions de mètres cubes (1).

Rayah de Menoufieh. — Pour [)arer à la baisse des eaux et aux atterrissements qui se produiront inévitablement dans les deux branches du Nil lorsque le Barrage fonctionnera, le Rayah de Menoufieh vient d'être aménagé pour servir à la navigation, pendant l'étiage, et remplacer la branche de Rosette, dans laquelle la batellerie ne trouverait plus une st^ction mouillée suffisante. Dans ce but, le Rayah a été raccordé au Bagourieh, grand canal qui traverse le Nord du Menoufieh et le Sud du Charkieh. Le Bagourieh sera soudé au canal de Koddaba, en aval de la ville de Kafr-Zayah ; il empruntera ensuite le lit du Bahr-el-Nachart et ira se déverser dans le lac Broulos.

Le Rayah de Menoufieh, ainsi transformé, comportera quatre écluses: celles de tête, de Bagourieh, de Shoubrabas et de Koddaba. Ce dernier ouvrage sera double, il permettra aux barques de passer du Nil dans le canal, de le remonter et de rentrer dans le fleuve en amont du Barrage et vice versd.

Le Bahr-Chibin^ cette ancienne branche du Nil, actuellement encore le plus long canal du Delta, a sa prise à 19 kilomètres en aval du Barrage et va se jeter dans la Méditerranée non loin de Tembouchure de la branche de Rosette, après s'être divisé en un grand nombre de tronçons. Le Bahr-Chibin, qui fut longtemps l'artère maîtresse des irrigations de la partie centrale du Delta, sera bientôt rattaché au régime du Rayah de Menoufieh par une écluse et une dériva-

(1) Les services du premier ingénieur du Barrage ont reçu leur juste récompense. Absent d'Egypte depuis de longues années, Mougel-Bey est revenu se fixer au Caire. Sur la proposition du colonel sir S. Moncrieff, il a été nommé ingénieur conseil du Barrage. Grâce à œt acte de justice et de haute impartialité, il est donné à Mougel-Bey de collaborer, dans la mesure que lui permet son grand âge, à rachèvement de l'œuvre dont il a été l'ouvrier de la première heure. La réparation du grand Barrage est actuellement terminée; il sera essayé pendant Tétiage de 1890-1891.

tion, le canal Qazad, par lequel il recevra l'eau séfi que, plus tard, le Nil ne pourra plus lui fournir. Son débit était de 1,930,000 mètres cubes par jour à l'étiage.

Dans le Menoufieh, le Bahr-Chibin comportera deux écluses : celle de Melig, construite sur la dérivation du Rayah de Menoufieh, et celle de Karineïn, son ouvrage de tête sur le Nil, construit en 1840 par Linant de Bellefonds. Cette dernière ne lui servira plus désormais que de régulateur pendant les hautes eaux. Le barrage de Karineïn comporte dix arches de 5 mètres et sur la rive droite une écluse de 7 mètres x 21 mètres. Sa longueur totale est de 100 mètres.

C'est, par conséquent, par le Rayah de Menoufieh que les terres de cette province et la majeure partie de celles du Charkieh recevront, dans un avenir très rapproché, soit directement, soit en dérivation, toutes les quantités d'eau que réclame leur irrigation. Jusqu'ici ses recettes d'eau ont été :

Pour les cultures iiili, de. . 12,600,000 mètres cubes par jour..

— séfi, de . . 2,725,000 — —

— d'hiver, de. 4,700,000 — —

Dans la partie Sud du Menoufieh, les terres sont très élevées ; elles étaient exposées lors des crues insuffisantes à rester « charakis », c'est-à-dire à sec et incultes par suite du manque d'eau. Plusieurs de ses canaux n'avaient pas de digues ; d'autres n'en comportaient que d'une hauteur insuffisante. Dans l'un et l'autre cas, ces canaux ne pouvaient recevoir et diriger vers le Nord, c'est-à-dire vers le Charkieh, sans les faire déborder et inonder son territoire, les eaux qu'ils admettaient naturellement pendant la crue. Il fallait donc fermer les prises au moment même où les deux provinces centrales avaient le plus besoin d'être irriguées. C'est pour parer aux inondations et aux sécheresses dont elles étaient constamment menacées, que fut construit l'ouvrage de Karineïn. Depuis, des écluses et des régulateurs complémentaires ont été étaWis, d'autres le seront bientôt à la prise de divers canaux et sur les points les plus favorables de leur parcours.

L'action de ces ouvrages s'ajoutant à celle du Barrage fera disparaître les imperfections qui ont longtemps nui au fonctionnement régulier des irrigations de cette contrée et au développement de sa production.

Un ancien canal, le Pharaonieh, traverse la province de Menou-

Mi NIL, SOUDAN, EGYPTE

fieh de l'Est à l'Ouest. H était autrefois alimenté par la branche de Daraiette sur laquelle sa [)rise était établie, à proximité de Bir-Chams. 11 se déversait dans la branche de Rosette^ en face du village de Nadir. Le Pharaonieh avait pris à la longue, par suite de son débit considémble, un tel dévelo[)i)ement et son lit s'était aflbuilléà telj>ointque majeure partie des eaux de la branche de Damiette se précipitaient dans ce canal et allaient se jeter dans celle de Rosette. Il résulta de cet état de choses, au imni de vue des irrigations de la partie Est du Delta, des inconvénients tels que le gouvernement fit combler la prise du Pharaonieh qui [)rit depuis le nom de Bahr-Ama, ou canal aveugle.

Par suite de cette mesure, la partie du canal située à proximité de son embouchure fut mise en culture; la |)ortion avoisinant la prise sert de dévei'soir aux canaux nili, qui viennent d'amont, et forme une espèce de réservoir où les cultivalt»ui*s jmisent, [)endant Tétiage, l'eau nécessaire à l'irrigation de leurs terres.

Le nouveau Rayah de Menoufieh traverse cette partie du canal sujv primé qu'on a barrée au moyen de digues épaisses.

Pour faciliter l'irrigation des cultures séfi, on pratique dans la digue du Rayah une ouverture que ses eaux empruntent pour aller emplir le Bahr-Ama. Cette opération est dangei'euse surtout lorsque le niveau du Menoufieh est élevé. Sous la pression, l'ouverture forme quelqutv fois une vaste brèche de 30 mètres qu'on ne peut obturer que |>ar les efTorts les plus énergiques de 10,000 à 12,000 hommes.

Les su[Xîrficies cultivées du Menoufieh sont de 351,700 feddans,

comprenant :

Cultures séli .... 118.025

— nili .... 140.801

Le reste reçoit des cultures d'hiver. Ces terres sont bordées : au Nord par la ligne du chemin de fei* de B<.»nha à Kafr-Zayat, qui la sépare du Charkieh ; au Sud, par le Barrage ; à TEst, par la branche de Damiette, et enfin, à l'Ouest, par celle de Rosette. Dans cette dernière direction et sur plus de 100 kilomètres, le Nil n'est séparé du désert libyque que par une étroite bande de terre ressortissant aux provinces de Guizeh et de Béhéra.

La population corvéable du Menoufieh s'élevait, en 1848, à 162,000 hommes ; elle avait diminué de 500/0 en 1882. En 4887, le nombre de ses habitants appelés à coojHînM* aux travaux de corvée ne s'est élevé qu'à 4,987.

GHARBIEH

Cette province est la plus riche du Delta et la plus grande de rÉgypte; sa superficie cultivée est de 840,089 feddans, se décomposant comme suit :

Cultures séû 310.058 feddans

— nili 170.916 —

— chétoui. . . . 359.115 —

et comprenant 34,200 feddans de rizières. Ces terres sont bornées : au Sud par le Menoufieh ; à TEst, par la branche de Damiette ; au Nord, par le lac Broulos et la Méditerranée, et, à l'Ouest, par la branche de Rosette.

Les principaux canaux du Menoufieh sont, on vient de le voir, communs au Gharbieh ; ces deux provinces seront plus intimement liées encore au point de vue des irrigations lorsque les réparations du Barrage seront un fait accompli et que le Rayah de Menoufieh aura remplacé le Bahr-Chibin comme artère maîtresse des irrigations de la partie centrale du Delta.

Le Bahr-Chibin a près de 200 kilomètres de longueur ; ses dérivations sont nombreuses, voici les noms des plus importantes :

Le Bahr-Sef, qui change de nom en pénétrant dans le district de Mahallet-Menouf et prend celui de Bahr-el-Nachart, canal destiné à être absorbé par le Bagourieh;

Le Gaffarieh, qui se transforme au Nord de la province en canal d'égouttement et devient le masraf Rowineh ;

Le Gaffarieh Sebtas, qui passe à Mahallet-Roh où il perd son nom et prend cçlui de Bahr-el-Nazam ;

Le Bahr-Tirah et le Bahr-Belqas.

Tous ces canaux se déversent dans le lac Broulos. Ils se divisent, pour la plupart, en dérivations secondaires qui servent de masrafs aux irrigations des districts qu'ils traversent. Les principales sont les canaux :

El-Adami, Badala, Mohitte, El-Orman,

Deux masrafs Omoumi,

Om-Youssef,

Sahel,

Zebert-Bey.

A l'Est, deux canaux séfi, le Qadrawieh et le Sahel, sont directement dérivés de la branche de Damiette; le premier se soude au second un peu au-dessous de la ville de Zifta. Le Sahel, qui est, après le Bahr-Ghibin,un des plus longs canaux de TÉgypte, court parallèlement au Nil, et va déverser en face de Damiette le trop-plein de ses eaux, ainsi que celles des égouttements qu'il recueille dans les terrains inférieurs du Nord du Delta.

 l'Ouest, le Koddaba, qui était une dérivation du Bagourieh, aura bientôt, à proximité du village du même nom, une prise éclusée au Nil et communiquera directement avec le Rayah de Menoufieh.

Au Nord-Est, le Charkieh est traversé par le Bahr-Saïdi, petit bras du Nil dont la prise se trouve à quelques kilomètres en aval de Dessouk. Le lit de cette dérivation naturelle est profond, son courant est rapide ; elle se jette dans le lac Broulos et lui apportait quotidiennement, pendant la crue, 18,200,000 mètres cubes : 17 millions et demi qu'elle recevait du Nil, un demi-million du canal de Koddaba et 200,000 mètres cubes de divers autres canaux.

A ces 18,200,000 mètres cubes s'ajoutaient plus de 22 autres millions de mètres cubes déversés dans ce même lac et dans la proportion suivante, par les canaux :

MÈTRES CCBE8

Koloni 6.500.000

Nachart 13.010.000

Kasar 1.700.000

Gafarieh 1.500.000

Melha 3.500.000

Tirah 1.500.000

Belqas 900.000

Total 22.850.000

A l'étiage, la superficie du lac Broulos est de 60,000 hectares et sa profondeur de 0",76; considérablement augmentée par les masses d'eau qu'elle reçoit pendant le haut Nil, cette superficie atteint alors 200,000 hectares, sa profondeur 1",50, etson niveau s'élève à 1 mètre au-dessus du niveau moyen de la mer.

Au moyen d'une série d'ouvrages construits dans le lit du Bahr- Saïdi, on s'est attaché à en réduire le débit dans une large proportion. ^ Pendant la crue de 1887, ce débit n'a pas dépassé 2,200,000 mètres. Le débit des canaux secondaires a paiement été

diminué par les mêmes moyens. On a ainsi préservé des infiltrations les terres en bordure du lac.

Les districts du Sud du Gharbieh comptent au nombre des plus fertiles de l'Egypte ; ceux du Nord sont d'un accès difficile ; peu explorés et partant peu connus, ils forment ce que l'on appelle les « Béréri » ou déserts du Delta. Ils sont pauvres et, sur le plus grand nombre de points, sablonneux ou marécageux.

On se rappelle que, pour être complet, le système d'irrigation séfi doit comporter une série de colateurs capables de recevoir et d'évacuer l'eau d'^outtement des terres irriguées. Cette loi n'ayant pas été observée dans le Nord du Gharbieh, lors de la transformation de ses cultures nili en séfi, de grandes étendues de terre, autrefois aménagées en bassins d'inondation, qui donnaient une récolte annuelle, se sont graduellement transformées en marécages. Recouvertes d'une mince couche d'eau saumâtre elles sont depuis longtemps impropres à toute culture. Sur d'autres points, la culture séfi, substituée à l'ancien mode d'assolement, et pratiquée sans solution de continuité, épuisa la terre de telle sorte qu'il fallut la remplacer par des rizières.

Cette dernière mesure aggrava la situation des terres inférieures, qui furent ruinées sur une plus large échelle. Ailleurs, et pour augmenter les superficies cultivées en séfi, on se servit pour l'irrigation de certaines artères de drainage qu'on barra de distance en distance pour en relever le plan d'eau. L'^outtement ne pouvant plus se faire, toutes les terres desservies par ces masrafs étaient devenues improductives et se seraient de plus en plus stérilisées si le Ministère des Travaux publics n'avait prescrit l'enlèvement des barrages et n'avait fait curer les masrafs de manière à abaisser leur plan d'eau à 0",60 au-dessous du niveau des terres cultivées.

On a proposé d'assécher le lac Broulos, d'en dessaler le fond et de le colmater. Ces propositions sont peut-être prématurées, bien qu'aucun obstacle sérieux, sauf la dépense à prévoir, ne s'oppose à la mise en œuvre. La création de nouvelles terres à mettre en culture n'est évidemment pas aussi urgente que l'assainissement des anciens terrains cultivés, lesquels ont été endommagés, parce que les lois qui doivent présider à l'exploitation rationnelle du sol ont été méconnues.

Au nombre des terres cultivables devenues désertes dans le Gharbieh, il s'en trouve d'excellentes que les indigènes appellent « Ard- Zaffranieh », c'est-à-dire supérieures; il suffira d'assurer l'^outtement

des eaux amenées à leur surface pour qu'elles puissent être rendues à l'industrie humaine et produire de riches récoltes. Ces améliorations, de même que l'assèchement du lac Broulos, seront successivement réalisées dès que, j>ar suite de l'achèvement des grands travaux de réparation et d'aménagement du Barrage et des Rayahs Tewfikieh, Menoufieh et du Béhéra, l'Egypte pourra disposer des capitaux nécessaires.

Entre Cherbin et Damiette, il existait, il y a quelques années, un certain nombre de machines à élever l'eau, du système dit à cataracte. Ces immenses appareils, à simple effet, ont été tous remplacés par des roues à tympan, d'un diamètre considérable, installées ou étudiées par l'auteur de 1880 à 1885. Une de ces roues a un diamètre de 9",540. Malgré les inconvénients de ces machinas, dont le rendement diminue lorsque le plan d'eau s'élève, la facilité de leur conduite et de leur entretien les fait préférer à tous les systèmes connus, partout où la hauteur d'élévation permet de les installer avec profit. Pour éviter la surcharge, l'extrémité des développantes est amovible et formée de lamelles qui sont enlevées ou remises en place au fur et à mesure de la montée ou de la baisse des eaux.

En 1848, l'État pouvait lever 182,000 hommes dans le &harbieb pour les travaux de corvée. Le nombre des corvéables avait diminué de 44 0/0 de 1848 à 1882. Le nombre fourni par cette province pour les travaux d'utilité publique n'a été que de 5,181 en 1887, par suite de la suppression partielle de la corvée.

Il serait difficile, étant donné leur enchevêtrement, de séparer le réseau des canaux du Gharbieh de celui du Menoufieh; ces deux réseaux réunis ont une longueur totale de 3,684 kilomètres, se développant comme suit :

Canaux séA 2.302 kilomètres.

— nili 1.102 —

Masrafe 280 —

Total 3.684 kilomètres.

La canalisation spéciale au Gharbieh distribue quotidiennement :

Aux cultures nili 15.400.000 mètres cubes.

— séfi 7.150.000 —

— d'hiver. . . . 7.300.000 —

Dans ces quantités ne figurent pas celles débitées par le Bahr-Saïdi,

N« 92. — RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE DES PROVINCES DE MENOUFIEH ET DE GHARRIEH.

CANAUX

PRINCIPAUX

RAYAR DE MENOUFIEH

Longueur : 23 kilomètres..

Largeur du plafond: 55 mètres.

Section mouillée :

En crue 6™,50

En hiver 4'",50

A rétiage 3"», »

P««^ • Î55ÔÔ

Débit par seconde :

En crue 420»3, »

En hiver i62"»3, »

A réUage 120«3, »

Artère centrale des irrigations du Delta.

BAHR-CHIBIN

Ancien hras du Nil. Est raccordé avec le précédent qui Talimentera à rétiage.

Longueur: 180 kilomètres.

Largeur:

A la prtse 50", »

A l'embouchure. . . 35", »

Section mouillée:

En crue 6»,50

En hiver 4"™,50

A rétiage 3", »

Pente : jgggj

Débits :

En crue 280«3, »

En hiver 92n»3, »

A rétiage 63"3, »

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