‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 184 sur 197 · PROJETS OFFICIELS · texte numérisé non relu

PROJETS OFFICIELS

Un pont-barrage composé de vingt-cinq arches pour le Bahr- Youssef, dans la province de Minieh ;

Le déversoir d'Abou-Kadiga, dont il a été parlé plus haut, dans la province de Beni-Souef ; cet ouvrage coûtera L. E. 90,000;

Un pont régulateur à construire, au-dessous de la prise du canal Bagourieh, dans le Rayah de Menoufieh, dont le débit ne peut suffire aux irrigations des deux provinces de Gharbieh et de Menoufieh, lors d'étiages aussi bas que ceux de 1888 et de 1889.

La province de Béhéra figure pour deux canaux à creuser dans le but d'assurer l'irrigation des terres qui longent le Nil au nord de Kafr-el-Eis.

Lorsque tous les travaux énumérés ci-dessus auront été exécutés, M. le colonel Ross est d'avis que, théoriquement, il ne devra plus se produire de charakis (1).

Ce résultat est, sans conteste, impatiemment attendu par le gouvernement égyptien et ses administrés. Le jour où il sera atteint, un grand service aura été rendu au pays. Mais ne restera-t-il ensuite plus d'autres mesures préventives ou préservatrices à prendre?

Le débit moyen théorique du Nil, d'une crue à l'autre, est de 110 milliards Hé mètres cubes ; il varie en plus ou en moins dans des proportions considérables : le débit total, pour l'année 1877, a été de 76 milliards seulement, et de 137 milliards en 1878, soit une différence énorme de 61 milliards, devant laquelle on est désarmé.

Les projets de La Motte et Cope Whitehouse, dont il vient d'être question, et celui du savant ingénieur français, M. Prompt (2), qui vise deux objectifs : reprise du Soudan et retenue d'une partie des eaux du Nil, sont tous trois de nature à atténuer, à différents degrés, les dangers qu'il faut craindre à chaque crue.

Le deuxième projet ne donnerait de l'eau qu'à une partie de la Moyenne-Egypte alors que le premier non seulement en assurerait à toutes les terres cultivables entre Assouan et le Caire, mais pourrait en outre fournir toutes les quantités nécessaires à la transformation du Wady-Reyan en bassin d'inondation ou de culture séfi, tout en distribuant aux canaux du Delta 5 milliards de mètres cubes déplus qu'ils n'en reçoivent aujourd'hui. Toutefois, les études qui seront

(i) Le projet étudié par M. le colonel Ross a reçu un commencement d'exécution en 1889, il sera terminé en 1892.

(2) Voir pages 158 et 159.

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entreprises un jour ou Tautre [Rjuvenl faire ressortir, sinon l'im- {)ossibilité de la mise en (euvre du projet de La Motte, du moins que les efTeU qu*on en attend n'auront |>as de résultats pratiques(t). C'est aux pro|K)sitions de M. Prompt qu'il faudra, dans ce cas, accorder la préférence. L'Éj<}'|)te n'en devra pas moins une grande reconnaissance à MM. de La Motte et Coi)e Whiiehouse qui lui ont consacré une jKirtie de leur vie et de leur fortune.

Le système de distribution des eaux du Nil ne sera vraiment complet, quelqu(\s siicrific4*s que s'imj)Os<» l'Egypte, que lorsqu'elle aura acquis la ]K)ssibilité de gouverner son fleuve. Une j)artic de son territoire est s^nile apjM»kv à b(»néficier des sacrifices qu'elle s'est im|)Osés jusqu'ici, sous la ganintie des Puissances, j)Our améliorer ses irrigations. L(?s in(|uiétudes qui précèdent chaque crue, les pertes qui les suivent trop souvent la forceront à appliquer à la Haute et à la Moyen n(*-Égy pie des m(?sun*s plus eflicaces de préser\'ation. Il faut que, dans un avenir prochain, le fellah du Saîd, comme celui du Delta, dispose en pleine séinirité de touU» l'eau que réclament ses cultures, sans crainte de |)enlre en un jour le résultat de son laljeur et de voir s(î repro<luin» la famine et la misère avec lesquelles il n'est que trop souvent aux pris(?s. La situation est telle qu'on ne saurait y remédier jwir des demi-mesures.

L'aménagement du Nil, soit entiv Assouan (4 le Caire, soit entre la première et la si^conde caUiracte, sont des mesures primordiales qui s'imposent et que le gouvernement devra prendre à courte échéance. Elles si»ules sont susceptibles de rendre» à l'agriculture et, partant, à ce pays, qui fut autrefois le grenier du monde civilisé, la somme de pros|M'»nU!î qu'il faut h tout jK»uple iK)ur vivre libre et aussi heureux qu'il i.*st humainement possible de l'être.

(i) Le Ministère des Travaux publics a fait explorer les plaines deKom-Otnbosel de Kalabcheli et pn)cé<ler à des Divellements sérieux. Il résulterait des constatations faites par ses in^'énieurs dans le courant de FanDée 481)0, qu on obtiendrait, en barrant le Ml à Gebel-Selseleb, des résultats considérableinent inférieurs à ceux entrevus par M. de La Motte. Il serait en outre rigoureusement établi que le niveau trop élevé de la plaine de Kalatxlieh ne permet pas de la transformer en réservoir. U.' gouvernement égyptien se trou>e donc en présence des propositionB de M. Prompt qui seront, selon toutes probabilités, adoptées.

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