INTRODUCTION
aride. Lorsque la quantité d'eau tombée dans les régions équatoriales est insuffisante, des contrées tout entières sont en proie à la famine et des milliers de créatures humaines meurent de faim.
De Kliartoum à Assouan, sur un parcours de [)rès de i ,800 kilomètres, les bords seuls du Nil sont susceptibles d'être mis en culture régulière. D' Assouan au Caire, c'est-à-dire dans la Haute et la Moyenne-Égjpte, on ne peut faire qu'une récolte par an. Ce n'est que dans le Delta qu'il est jMDssible d'obtenir de la terre plusieurs récoltes successives ; mais il faut, j>endant un certain nombre de mois, variant suivant que la crue a été plus ou moins favorabhs employeur des machines [X)ur amener l'eau d'arrosage à la surface du sol.
Si les espérances du cultivateur européen sont parfois réduites à néant par le froid, la grôle, une pluie [)rolongée ou une sécheresse, les crues insuffisantes ou extraordinaires sont aussi désastreuses pour le fellah ; et si ce dernier peut, dans le Delta, élever les eaux d'une crue trop basse au moyen de ses machines, les frais résultant de la marche prolongée des a[)[)areils à vapeur absorbent pres(]ue toujours la totalité du bénéfice de la culture.
En ce (jui concerne la fertilité du sol, des siècles d'exploitation routinière et des cultures intensives faites sans discernement, c'est-à-dire sans solution de continuité, l'ont tellement compromise que le rendement des meilleures terres d'Egypte est aujourd'hui inférieur à celui que l'on obtient des bonnes terres d'Angleterre, d'Allemagne, de France et de Hollande. D'un autre côté, il ne faut pas perdre de vue qu'en Euro[)e les crises agricoles, souvent bornées à une ou plusieurs provinces, sont presque toujours atténuées par l'état prospère des autres industries exploitées dans ces mômes provinces. En Egypte, contrée essentiellement agricole, les souffrances de l'agriculture intéressent la vie tout entière du pays.'
Si les besoins de l'homme étaient limités aux seuls produits du sol, les Égj-pliens seraient ce|»endant les plus heureux des mortels; mais l'Egypte supporte le poids d'une dette écrasante (1) et là, comme partout, le progrès, dans sa marche que rien ne saurait arrêter, a créé des besoins multiples, d'autant plus onéreux qu'en dehors de l'agriculture la [)roductioh est nulle; tout doit être importé à grands frais.
(1) Les financoïJ de TÉgyptese sont considérabiement améliorées dans ces dernières années. Une partie de sa Dette a été convertie.
IV lïfTRODL'CTION
Le service de défense contres les inondations, Tenlrtîtien du vaste rés(»au de canalisation dont est dotéi» rKj^vpte, absorbent annuellement des sommes énormes, et les seuls avantiigcîs qu'elle i)oss(Mle (^(Tectivement sur les contrées o<*cidentales sont, d'al)ord, son beau ciel et sii température (jui, s'abaissant rarement au-dessous de zéro, lui jKTmet de récolter les produits des réj^ions tem|)érées et la [ilupart de ceux des climats tropicaux, et, en dernier lieu, la main-d'cruvi^c» à l)on marché.
Présent(»r au le(*teur des détails inédits ou [)eu connus sur 1(» cours supérieur du Nil et le Soudan, à Taide de données n»cueillies sur place au cours de» s(\s explorations et de renseiji;nenients puis(»s aux meilleures sources; exf)os(T la véritiible situation économicjue de rÉgypte ; vulgariser toutes les questions relatives aux irrigations égyptiennes, telles que : législation, dmits collectifs et individu(»ls sur les eaux, leur distribution dans la Haute et la Moyenne- Égyptcî et le Delta : telle est la tâche que s'est imposée l'auteur.
A cet effet, TÉgypte et ses déjjendances africaines ont été divisées en deux parties : la j)remière conipi'enant le Nil et le Soudan ; la seconde, TÉgypte proprement dite et son agriculture. Les irrigations ont fait Fobjet d'une partie spéciale clôturée [)ar un ajK^rçu sur la navigation fluviale du Nil.