ET LES EMBOUCHURES
Branche de Rosette
Mèlrcs.
Branche de Damiette
Mètres.
La longueur totale du Nil, de Khartoum au Caire, étant de 2,937 kilomètres, en lui supposant, sur ce parcours, une largeur moyenne de 800 mètres et en admettant que le fleuve fût barré à la hauteur du Caire, il faudrait un volume approximatif de 17 milliards et demi de mètres cubes d'eau pour exhausser le niveau de l'étiage jusqu'à la cote maxima des crues ordinaires. On estime l'écart moyen entre les deux j)oints à 7'», 50.
Les anciens Égj-ptiens, connaissant l'importance des mesures de leur fleuve, avaient installé des fluviomètres à Hermonthis, à Memphis,
8i ML, SOUDAN, EGYPTE
à Babyloii, à Xaïs, à Mender, à Syène et à Éléphantine. Antérieurement à 1886, les mouvements du Nil étaient enregistrés :
1** Au nilomètre d'Élé|)hantine, appelé plus communément nilomètre d'Assouan (945 kilomètres au Sud du Caire) ;
2® Au nilomètre de Rodah (4 kilomètres au Sud du Caire) ;
3® A l'échelle du barrage (23 kilomètres en aval du Caire).
Les nilomètres, ou « meqyas», sont, du moins en ce (jui concerne les deux premiers, divisés en pics. Le pic est une des coudées (égyptiennes, il est divisé en 24 kirats.
Le nilomètre d'Assouan retrouvé en 1800 par Girard, ingénieur, attaché à la Commission scientifique de l'expédition française (1), a été réparé en 1870 par Ismaïl-Pacha-El-Falaki, savant astronome égyptien. Il se trouve à TEst de la jK)inte méridionale de l'Ile d'Éléphantine, en face d'Assouan, et comprend un escalier de 76 marches. Les 12 premières et les 12 dernières descendent perpendiculairement au fleuve; les 52 autres sont scellées au mur d'un quai taillé dans le roc. C'est sur la face de ce quai [)arallèle au Nil qu'est gravée l'échelle nilométrique. Le niveau du i)alier de Tescalier inférieur tourné vers le fleuve correspond à la quatrième division du nilomètre. Celui de l'escalier sujx^rieur est à quelques centimètres au-dessus de la dix-neuvième division.
Avant sa réparation, le nilomètre d'Élé[)hantine ou d'Assouan étîiit divisé en 24 pics ou coudées de 0'",527. La nouvelle division faite i)ar Mahmoud-Paeha-El-Falaki com|K)rte des pics ayant exactement 0'",540 de hauteur.
Le nilomètre ou « meqyas » de Rodah est établi à la pointe Sud de l'île de Rodah, en face du vieux (iiire. Il consiste en une cx)lonne de marbre blanc élevée au c^între d'un puits carré d'environ 4 mètres de largeur, au fond duquel on descend au moyen crescaliers scellés dans ses parois. La colonne, de forme octogonale, a 0",555 de diamèti'e ; elle j)orte 16 divisions ou coudées subdivisées chacune en 6 palmes de 4 kirats. La hauteur moyenne des divisions, mesurées par les ingénieurs de l'expédition française, était de 0'",541 variant entre 0™,535 et 0",5u0. Il a étë construit, en l'an 715 (97 de rhégire), par le khalife Souleyman, reconstruit, en 814 par le khalife El-Maïmoun et réparé depuis à diverses re[)rises.
Depuis l'occupation française, une forte pièce de bois, portant
(l) C'est au savant Girard que sont dues les premièi-es études du i*églme du Nil.
26 divisions, avait été accolée à la colonne de marbre du meqyas. Les nouvelles divisions n'avaient pas toutes la même valeur : jusqu'à la seizième et entre la vingt-deuxième et la vinjçt-sixième, elles avaient 0"*,S40 de hauteur moyenne ; entre la seizième et la vingt-deuxième, chaque division n'avait que 0"s270, soit la moitié de la hauteur des autres. D'après M. le colonel Ross, inspecteur général des irrigations, à ré[3oque où le nilomètre primitif fut modifié, il était d'usage d'ouvrir la pris<^ des canaux de remplissage des bassins de la Haute- Egypte dès que le Nil atteignait le seizième pic du nilomètre de Uodah. Cette opération enlève au fleuve, entre Assouan et le Caire, des quantités d'eau telles que, pendant sa durée, une nouvelle montée d'un pic à Assouan correspond à un mouvement ascensionnel d'un demi-pic seulement au Caire. Lorstjue le Nil avait atteint 22 pics à Rodah, les bassins d'inondalion étaient pleins et la prise des canaux fermée. La montée au Ciiire correspondant alors à celle d' Assouan, les divisions du nilomèlre de Rodali reprennent la hauteur normale de 0"s540. En adm<^tt<int cette hyiKDthèse comme fondée, il y a li(»u toutefois de relever que la parité cesse quelques jours après : en [)leine crue, les e^iux franchissent en six jours la distance entre Assouan et leCiiire. Sur ce dernier jKjint, et à six jours d'intervalle, le débit du fleuve devrait être en propoi'tion des quantités d'eau qui coulent à Assouan. Il n'en est cependant point ainsi, comme le démontrent les chiflres suivants :
ASSOl'AN LE CAIRE
Débits du Nil en seplembrt-i 27. 650. 000. 000 '"•"^'^•^"'^- i 7. 500. 000. 000 n»^''"»*^"^'^-
— — octobre. . 18.500.000.000 — 21.500.000.000 —
— — novembre 14. 000. 000. (XK) — 18.000.000.000 —
L'excédent qui se produit au Caire, en novembre, résulte de la vidange des bassins d'inondation de la Haute et de la Moyenne-Egypte. Cette Oj>ération renvoie au Nil plusieurs milliards de mètres cubes d'eau et occasionne une crue accidentelle indé[)endantiî des mouvements du fleuve enregistrés à Assouan.
De[>uis 4886, le méciyas de Rodah a reçu une échelle portant des divisions métriques. La giirde de ce nilomètre constitue une charge héréditaire dont les émoluments figurent au budget de TËtat. Pendant la crue, des crieurs publics s'en vont par les rues du Cîiire annoncer la hauteur quotidienne atteinte par le Nil.
Le nilomètre insUillé à la pointe Sud du Délia (?st |>lacé au flanc
droit du barrage de la branche de Rosette. Il comprend deux échelles, l'une en amont, l'autre en aval, cette dernière servant à constater la hauteur à laquelle Teau s'abaisse au-dessous des barrages lorsque les portes en sont clôturées.
Le zéro du nilomètre d'Assouan, le sixième pic du meqyas de Rodah et le zéro de Téchelle du barrage correspondent respectivement aux altitudes de 84°»,160, il", 832 et 10 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer Rouge, lequel est de 0",60 supérieur au niveau moyen de la Méditerranée.