CHAPITRE IV
Description physique et politique». — Ia»s Pharaons, les voyageuis arabes: Bruœ, Méhémet-Ali et ses successeurs. — Divisions administrativi^. — Khartoum, capitale du Soudan et centre commercial. — Saisons et pluies. — Les fourmis. — Tempe ratui*cs. — L'agricultuR^ au Soudan. — Tribus du fleuve Blanc; leur industrie. — Les famines. — Émin-Pacha ; ses essiiis «l'agriculture; ceux des missionnaires. — Procédés généraux <le culture. — Principaux produits.— Produits d exportation, leur importance. — Constitution de la propriété fonciùixî et sa classification. — Impôts. — Poids, mesurer, monnaies. — Déserts qui séjKirent TÉgypte de sc*s possessions africaines; les routes qui les traversent.
— Darfour ; sa conquête. — Aper<ju plnsique. — Gebel-Marra. — Mines de cuivre de Henfrah-el-Nahas. — Faune et flores — Ses habitanU. — Route d'Assiout. — Route d'Abou-Gossi. — Route d'El-Obéid ; ses puits ; distance qui les sépare. — Le Kordofan, sa conquête par Méhémet-Ali. — Aperçu physique.
— Son climat. — Bataille de Meibeis. — Hydrographie. — Lc»s n^st»rvoirs. — Les puits. — Faune et flore. — Adansonias transformés en réservoirs. — Industries des habitants. — Les gommes et les plumes. — Les routes du NonI, du Nord- Est et de l'Est. — Désert de Bayouda. — Route de Khartoum à Dablxîh. — Route de Motammeh à Amboukol.
Au Sud d'Assouan, frontière méridionale de TÉgypte, e est-à-dire depuis le 24"* 6' de latitude Nord jusqu'à l'Equateur, s'étend un vaste territoire trois fois grand comme la France, borné au Sud par les lacs Albert et Victoria-Nyanza, à l'Est par la mer Rouge et à l'Ouest par le Saliara. Ce territoire, immense trapèze de 1,800 kilomètres de haut, continuation naturelle de l'Egypte à laquelle il est intimement lié par le Nil, c'est le Soudan égyptien. Sans le grand fleuve, Tune et l'autre contrées ne seraient qu'un désert.
Les divisions naturelles du Soudan sont tracées \ydc dos stei)i)es sablonneuses et par les grands cours d'eau qui le traversent à l'Est, à rOuest et au Nord. Les cours d'eau secondaires, ou Khiràn (1), ne sont en général que des torrents que grossissent les {>luies périrxliques et qui s assèchent ensuite sous les rayons du soleil tropical. Sauf dans sa partie Est, il ne possède pas de grandes chaînes de nionUignes; seules, des élévations graniticpies se dressent çà et là au-dessus de ses plaines ou courent en Ixjrdure le long de son fleuve.
Dans toutes ses |)arties où il pleut, sur toutes (telles (pie recouvrent les eaux débordantes des cours d'eau, le règne végéUil et le règne animal sont représentés j)ar leurs plus grandes espèces; les terres sont fertiles et se couvrent de beaux |)àturages. Fertilité et pâturages disparaissent lorsque les pluies cessent et que le fleuve est rentré dans son lit, et c'est seulement sur le lx)rd des cours d'eau (pie l'on retrouve alors des traces de culture.
Le Soudan est riche en minéraux, à l'exclusion du charbon; mais, sauf le fer, dont il existe de nombreux gis(»mentsdans les nagions du Nil blanc, il est pauvre en métaux. On y rencontre le cuivre à l'Ouest et l'or dans les montagnes de l'Est, l'un et l'autre sont peu abondants.
Au Sud, à l'Est et à l'Ouest habitent différentes branches de la race nigritienne, dont le langage difl'ère de tribu à tribu. L'origine des habitants du Nord ne peut se remarquer par aucune particularité saillante; leur histoire politique est assez obscure : on suppose qu'ils ont pour ancêtres des émigrés venus de l'Asie et qu'ils sont mélangés de peuplades descendues des plateaux abyssins. Les difl'érents idiomes parlés au Nord sont d'origine sémiti(pie; cependant l'arabe se répand de plus en {)Ius et tend à devenir la langue de toutes les populations converties à l'islam.
D'après les travaux de Mariette, l'illustre égyptologue français, les Pharaons de l'ancienne Egypte |)araissent avoir connu le bassin du Nil jusqu'aux grands lacs. Envoyés par Néron, les centurions romains en remontèrent certiiinement le cours jusqu'aux marais du 9*^ degré, où ils furent arrêtés par l'obstruction du fleuve qu'ils sup{)Osèrent finir là. Des Arabes poussèrent plus loin et visitèrent les grands lacs. La carte qu'ils en dressèrent a été reconnue presque mathématiquement
(1) KhirAn osl le pluriel de khor, mot par lcf|uel on désigne un cours d'eau qui s'assèche après les pluies.
exacte par un des plus grands voyageurs des temps modernes (1). Mais leurs travaux furent ignorés de l'Europe pour qui le Soudan resta Terra incognita pendant deux mille ans. Au siècle dernier, Bruce, explorateur écossais, en visita une partie et remonta le fleuve Bleu jusqu'en iVbyssinie. Méhémet-Ali, fondateur de la dynastie viceroyale actuelle, en entreprit la conquête en 1819. Ses successeurs l'ont poursuivie et complétée, en portant leurs postes avancés jusqu'à l'Equateur.
Physiquement, le Soudan est le bassin du Haut -Nil entre ses sources et la première cataracte; politiquement, il était autrefois divisé en royaumes, en « dar » ou pays et en « horban » ou tribus indépendantes. Sous l'administration égyptienne, il a été divisé en provinces dont les subdivisions ont conservé le nom de « dar i comprenant un certain nombre de « k'hot » ou districts, le tout formant un gouvernorat général dont Khartoum fut la capitale.
No22. - DIVISIONS POLITIQUES DU SOUDAN.