CHEFS-LIEUX
Gondokoro.
Dan-Souléiman.
Fachoda.
Fâcher.
Dara.
Foga.
Kolkol.
Kabkabieh.
El-Obéid.
Khartoum.
Sennaar.
Abou-Sin.
Metemmeh.
Kassala.
Sennéït.
Berbère.
Dongola.
(1) La carte et le manuscrit rédigé en langue arabe sont la propriété de S. E. Ali- Pacha-Moubarek, ancien élève de l'École polytechnique, ancien ministre des Travaux publics, actuellement ministre de l'Instruction publique d'Egypte.
98 NIL, SOUDAN, ÉOYFTE
La provinœ de Harar, les gouvernorals de Berbéra et de Zeila dans le {jjolfe d'Aden, ceux de Massawa et de Souakin dans la nier Rouge, relevaient également du gouvernorat général du Soudan, auquel on avait rattaché, sous Gordon, Korosko et Wady-Halfa.
Capitale du Soudan et sièg;e du gouvernorat général, Khartouni est, on le sait, située à rextrémité de la presqu'île formée par la jonction des deux Nils entre les IS'' et 16® degrés de latitude Nord, à peu près sur la même ligne que le Sénégal. Autrefois, simple ramassis de huttes habitées par quelques Arabes, rimi)ort<ince de cette ville s'était accrue sous les gouvernorats d'Ismaïl-Pacha-Ayoub et de Gordon. Sa population dépassait 35,000 âmes en 1880. C'est à Khartoum que se centralisaient les produits du Sennaar, du Kordofan et du Darfour ainsi que le sel que Ton obtenait à Damer, j)rès de Berbère, en lessivant les terres pendant la saison sèche. Diverses considérations s'opposaient cependant à une plus grande extension de sa prospérité : en premier lieu, Tindustrie y était à peu près inconnue ; ensuite, la ville était dans un état déplorable au j)ointde vue de la salubrité. Le sol sur lequel elle a été édifiée, étant en contre-l)as des deux Nils, il fut encore abaissé par les habitimts qui [)rirent, sur place, la terre pour former les briques crues, dont se compose exclusivement la maçonnerie du plus grand nombre des maisons de la cité. Pendant la saison des pluies, l'eau mêlée à toutes sortes de matières remplit les rues et atteint, sur certains points, un mètre de hauteur. Faute d'écoulement, elle croupit, se corrompt et ne disi>araît que lorsque le soleil l'a évaporée. Chaque saison pluvieuse est accompagnée d'une éclosion de maladies et de fièvres' dangereuses.
D'un autre côté, la plupart des [)roduits du Soudan et des marchandises d'Egypte ou d'Euro[>e, centralisés à Khartoum, devaient traverser au moins deux fois le fleuve. Ces opérations ne laissaient pas de grever leur prix de revient, sans préjudice des avaries ou des pertes qu'elles leur faisaient supporter. En dernier lieu, une crue trop forte du fleuve Blanc menace toujours la ville d'une destruction partielle.
Ces graves inconvénient.s sont-ils contrebalancés par les avantages de sa position stratégique ? Placée au sommet de l'angle formé par le confluent des deux Nils, ses approches sont ainsi naturellement défendues au Nord et à TOuest. Cependant on est, en général, d'avis que Méhémet-Ali-Pacha eût été mieux inspiré, sous tous les rap[X)rls, en établissant la capitale de ses possessions africaines sur la rive
droite du fleuve Blanc, en face de Khartoum, à remplacement marqué par le village d'Om-Dourman. Ce point est élevé, fréquemment balayé par les vents et entouré de montagnes faciles à fortifier. Défendu à l'Est par le Nil, il eût été plus difficile de l'investir que Khartoum.
On croit savoir que les mahdistes ont ruiné la capitale du Soudan de fond en comble.
L'année est divisée, au Soudan, en trois périodes : Le kharif, saison pluvieuse; Le sef, été; Le chittah, automne, qui commencent à des époques variant selon la latitude. Dans la région des grands lacs, les pluies durent toute l'année ; près du lac Albert, elles tombent pendant huit mois et pendant cinq dans les marais du 9® degré. Au Darfour et au Kordofan, elles sont fréquentes de juin à octobre. Au Fazoglou et au Sennaar, il pleut de mai à septembre et, à Khartoum, de juin à septembre.
Pendant le kharif, la pluie est toujours précédée de l'aftouft, vent chaud, qui a beaucoup d'analogie avec le khamsin crÉgypte. On ne peut se faire une idée de Vaboub si Ton n'en a pas éprouvé les effets : il s'annonce toujours, comme un ouragan, par un désordre général de l'atmosphère. Le ciel, de pur qu'il était, se rembrunit tout à coup : on ne distingue plus le disque du soleil. Des nuages sinistres s'amassent dans une })artie de l'horizon, à TEst généralement, ils roulent et s'étendent; un voile de poussière intense et rougeâtre remplit l'air et s'avance {)oussé j)ar un vent impétueux. Toute la nature prend une teinte de profonde tristesse. Chacun alors se garantit de son mieux : le voyageur sous sa tente, derrière son dromadaire ou sous n'importe quel abri ; l'habitant des villes ou des villages dans sa demeure, dont il calfeutre toutes les ouvertures. Le nuage de poussière passe comme une tromte en pénétrant partout. Puis la foudre éclate, bientôt suivie d'une pluie diluvienne, dont les torrents, lorsqu'ils s'abattent sur Khartoum, la transforment en un véritable marécage.
Après la pluie et lorsque l'humidité a pénétré profondément dans le sol, des fourmis noires, d'autres rouges, chassées par l'eau, apparaissent en légions innombrables à la surface. Elles se réfugient sur les arbres et sur les murs des habitations qu'elles couvrent d'une couche épaisse. Malheur à l'animal faible dont elles se saisissent : il
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est dévoré vivant par ces insecU's qui semblent alors possédés d'une furie de destruction dont ils ne sont certainement jhis animés en temps ordinaire.
On a constaté que les pluies avaient diminué dans tes parafes de Khartoum. Elles y sont devenues moins fn^iuentes, |)lus violenles, mais de moins de durée qu'autrefois. Cela ne résulle-t-il pas du déboisement auquel on s'est livré ))Our alimenter de combustible la capitale du Soudan et la flottille à vapeur de son arsenal? On aflirme qu'il y a moins de trente ans on chassait l'étéphant et le lion à quelques milles de Khartoum. Aujourd'hui, la région est complètement dénudée et les fauves ont été refoulés au Sud, à l'Est et à l'Ouest. Les vapeurs retournant de tiondokoro et de Sermaar étaient tenus, avant de regagner Khartoum, de s'approvisionner de Ixiis de chauffage en quantité suffisante pour rejmrtir ensuite de cette ville et remonter vers les régions boisées. Ce délxiisement, s'il n'est pas enrayé dans l'avenir, peut avoir de graves conséquences sur la météorologie du Soudan et sur le débit des deux Nils.
A Khartoum, la saison chaude commence en mars et linit en décembre. En mai, les nuib sont aussi difficiles à supporter que les jours; l'intérieur des maisons est inhabitable, on ne peut prendre de repos qu'en plein air. Dans ces régions, le travail manuel est interdit aux Européens et aux Égyptiens qui ne peuvent y résister longtemps. Parmi les premiers, il en est même lœu capables de sup[>ort«r les fatigues des voyages, surtout {tendant la saison chaude, et qui puissent éviter les maladies pernicieuses qui accompagnent toujours la saison des pluies.