LE NIL & I
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ÎÉOLOGIQUES
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Plus rapproché de Suez, le Gebel-Ataka se divise en de nombreuses cimes pyramidales dont les contreforts se découpent également en pyramides se succédant de tous côtés autour du massif central. Ce massif, qui ne dépasse pas 300 mètres, mais qui doit à ses brusques escarpements au-dessus du golfe de Suez son aspect de haute montagne, forme l'extrémité septentrionale de la chaîne granitique. Plus au Nord, on ne voit que des rochers calcaires ou des dunes. Les deux versants de la chaîne sont revêtus de strates d'origine moina ancienne. A l'Est, des talus crétacés s'appuient en maints endroits sur des montagnes granitiques et constituent plusieurs des promontoires de la côte. On y trouve des gisements de soufre ainsi que des sources de naphte et des amas de bitume. Des éruptions basaltiques ont eu lieu dans le Gebel-Ataka; on voit de ces laves jusque dans le voisinage d'Ismaïlia. Les terrains de la côte se composent de calcaires et de grès de formation contemporaine renfermant des coquillages et des débris de polypiers. Ce sont des débris de test qui fournissent le ciment des molécules arénacées; des grès récents et des calcaires de même origine sont, en entier, formés de ces fragments entremêlés. Les riverains assistent à la formation de ces roches nouvelles et, de même que sur la côte de la péninsule arabique, on remarque un mouvement graduel d'émergence du rivage produit soit par la poussée verticale du sol, soit par l'abaissement des eaux.
Dans la partie septentrionale des monts arabiques qui côtoie le Nil, les grès sont remplacés par des calcaires des divers âges, les uns de la période crétacée, les autres des étages éocènes. Ce sont principalement les roches crétacées qui se dressent en falaises au-dessus de la rive droite du fleuve et qui présentent les formes les plus pittoresques, avec leurs assises d'asj)ect monumental séparées par de simples fissures ou par de sombres ravins surmontés de blocs pyramidaux ou cylindriques.
Au Nord, les dernières roches qui se terminent au Caire même par le Gebel-Mokattam (ou montagne écrite) sont, presque en entier, composées de nummulites, d'ostrœa, de cerilhium et d'autres coquillages unis par un ciment calcaire et d'une extrême richesse par Tabondance de leurs fossiles et de leurs concrétions. Ces couches nummulitiques renferment en certains endroits des albâtres translucides de la plus grande beauté. A Tourah et à Maassarah gisent d'immenses couches de calcaire tendre qui s'avancent jusque sur le bord du Nil; elles sont entaillées de vastes carrières ayant fourni les matériaux des
Plus rapproché de Suez, le Gebel-Ataka se divise en de nombreuses cimes pyramidales dont les contreforts se découpent également en pyramides se succédant de tous côtés autour du massif central. Ce massif, qui ne dépasse pas 300 mètres, mais qui doit à ses brusques escarpements au-dessus du golfe de Suez son aspect de haute montagne, forme l'extrémité septentrionale de la chaîne granitique. Plus au Nord, on ne voit que des rochers calcaires ou des dunes. Les deux versants de la chaîne sont revêtus de strates d'origine moin& ancienne. A l'Est, des talus crétacés s'appuient en maints endroits sur des montagnes granitiques et constituent plusieurs des promontoires de la côte. On y trouve des gisements de soufre ainsi que des sources de naphte et des amas de bitume. Des éruptions basaltiques ont eu lieu dans le Gebel-Ataka; on voit de ces laves jusque dans le voisinage d'Ismaïlia. Les terrains de la côte se composent de calcaires et de grès de formation contemporaine renfermant des coquillages et des débris de polypiers. Ce sont des débris de test qui fournissent le ciment des molécules arénacées; des grès récents et des calcaires de même origine sont, en entier, formés de ces fragments entremêlés. Les riverains assistent à la formation de ces roches nouvelles et, de même que sur la côte de la péninsule arabique, on remarque un mouvement graduel d'émergence du rivage produit soit par la poussée verticale du sol, soit par l'abaissement des eaux.
Dans la partie septentrionale des monts arabiques qui côtoie le Nil, les grès sont remplacés par des calcaires des divers âges, les uns de la période crétacée, les autres des étages éocènes. Ce sont principalement les roches crétacées qui se dressent en falaises au-dessus de la rive droite du fleuve et qui présentent les formes les plus pittoresques, avec leurs assises d'aspect monumental séparées par de simples fissures ou par de sombres ravins surmontés de blocs pyramidaux ou cylindriques.
Au Nord, les dernières roches qui se terminent au Caire même par le Gebel-Mokattam (ou montagne écrite) sont, presque en entier, composées de nummulites, d'ostrœa, de cerilhium et d'autres coquillages unis par un ciment calcaire et d'une extrême richesse par l'abondance de leurs fossiles et de leurs concrétions. Ces couches nummulitiques renferment en certains endroits des albâtres translucides de la plus grande beauté. A Tourah et à Maassarah gisent d'immenses couches de calcaire tendre qui s'avancent jusque sur le bord du Nil; elles sont entaillées de vastes carrières ayant fourni les matériaux des
pyramides dressées de l'autre côté du fleuve ainsi que ceux employés à l'édification des antiques cités de Babylon et de Memphis. De nos jours, le Caire, le gigantesque barrage du Nil, les grands travaux d'art et de défense contre les inondations, en un mot toutes les grandes constructions modernes ont été édifiées avec des matériaux extraits des carrières de Tourah et de Maassarah.
A 3 kilomètres au Nord-Est du Caire, là où le wady Siblable se jette dans la vallée du Nil, s'élève le Gebel-Ahmar, colline rocheuse de forme biziirre couvrant une étendue de 2 kilomètres carrés environ et d'une hauteur absolue de 120 mètres. Le G^bel- Ahmar, ou montagne rouge, surgit au miHeu des calcaires à nummulites; on en extrait un grès siliceux et parfois vitreux, à grain très fin, susceptible d'être employé à la construction de grands édifices.
Au Sud de ce massif, sur le plateau du Mokattara, se dresse, comme un cratère volcanique, un autre sommet de 177 mètres de hauteur. Dispersés à l'Est dans' le désert ondulé, s'élèvent d'autres mamelons ou des éminences cratériformes dont la coloration rouge ou noirâtre est due à l'oxydation progressive du fer contenu dans le grès.
A côté du Gebel-Ahmar se trouve la forêt pétrifiée, gisement de bois fossiles transformés en grains de quartz, selon Schweinfurth, par l'action de geysers aujourd'hui disparus.
Des deux côtés de la campagne verdoyante et peuplée que traverse le Nil, la zone des rochers est déi>ourvue d'habitations permanentes. Les collines libyques sont plus basses que celles de la rive arabique. Dans son ensemble, le relief de l'Egypte offre l'aspect d'un plan incliné dans le sens de l'Est à TOuest. De la erète formée par la chaîne bordière, les massifs et les plateaux diminuent graduellement en hauteur jusqu'à la vallée du Nil. Du rebord occidental de cette vallée jusqu'aux oasis, le sol s'abaisse également et finit même par se trouver à un niveau moindre que celui de la mer. C'est la région des oasis qui se développe suivant une courbe |)resque parallèle au cours du Nil et celle des lacs de Natron.
Le désert compris entre le Nil et la dépression des oasis est un plateau de calcaire nummulitique atteignant une hauteur de 250 mètres au-dessus du fleuve. Le sable recouvre entièrement la Rurface du désert de Libye; dans les creux, il s'amasse en couches profondes; sur les saillies, il se promène en jwussières clairsemées;
mais en peu d'endroits la roche est absolument nue : les grains de quartz la revêtent partout de leur teinte jaune ou rougeâtre. Ces sables quartzeux sont certainement de provenance étrangère, car le plateau n'offre que des roches calcaires et des argiles. Le vent et les eaux marines ont apporté précédemment des montagnes lointaines ces débris des roches primitives. Des escarpements marquent les limites de ce plateau et sa superficie est découpée en massifs distincts par les anciennes érosions de la mer.
Sans aucun doute, la Méditerranée, avant la période quaternaire, brisait ses. flots au milieu de ces archipels de rochers et baignait la base de tous ces promontoires et celle du Gebel-Mokattam ; elle pénétrait alors dans le thalweg du Nil et communiquait librement avec la mer Rouge. On rencontre partout les vestiges de la catastrophe à la suite de laquelle le sol s'exhaussa violemment et les eaux marines se retirèrent, abandonnant sur les sables découverts une couche de sel qui existe encore sur toute l'étendue du Delta. Lorsque le Nil eût rompu la montagne granitique qui s'opposait à son passage, il creusa son lit dans le calcaire du « Saïd » et vint se répandre sur la vaste plaine. Pendant longtemps, les crues désordonnées recbuvrirent toute l'étendue sablonneuse. Elles ne l'abandonnaient qu'à la décrue, formant çà et là des lagunes que comblèrent, au cours des siècles, les matières terreuses et les détritus organiques apportés avec les eaux du centre de l'Afrique. La vie apparut alors dans le Delta et l'homme s'empara de ce sol ainsi créé. Plus tard il obligea le Nil à ne plus sortir de son lit qu'à son commandement.
La couche de limon repose sur le sable marin, riche en chlorure de sodium et en sulfate de chaux. Son épaisseur, variable suivant que l'on est plus ou moins éloigné du littoral, atteint 16 mètres dans les environs du Caire. A quelques rares exceptions près, toutes les surfaces cultivables de l'Egypte consistent en terre végétale à sol indépendant résultant du transport des alluvions arrachées aux montagnes d'Ethiopie par le Nil bleu, l'Atbara et leurs affluents, jointes aux matériaux empruntés aux roches basaltiques, granitiques ou calcaires des cataractes. Intimement malaxés dans le lit du fleuve, ces matériaux de diverses origines ont constitué des terres arables d'une grande similitude de composition. Cependant la proportion des constituants varie suivant que les terres sont plus ou moins rapprochées des bords du Nil, que le sol est formé d'alluvions
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