TONNES
MÉTRIQUES
Le teftiche de Minieh, qui produit en moyenne près de 27 tonnes de cannes, n'est pas dans des conditions différentes des autres districts; son sol n'est pas de qualité suj^érieure.
La culture intensive de la canne ne peut se passer d'engrais. La colombine, seul reconstituant dont refïicacité ait été bien constatée, devient chaque jour de plus en plus rare et atteint des prix qui en limitent l'emploi. Pour combattre l'appauvrissement et suppléer à la colombine, la Daïra a essayé les engrais suivants qui ont servi à l'amendement de 18,000 feddans, au cours de l'un des précédents exercices :
Guano dissous « . < . 719 tonnes
Tourteaux de coton * 412 —
Engrais chimique (?).......*.*.. i8 —
Superphosphate de chaux . » 100 —
Total 1,249 tonnes
auxquelles ont été ajoutés les déchets de fabrication et les cendres de bagasse.
Les résultats de cet essai n'ont été consignés dans aucun des rapports de la Daïra; on doit sans doute en conclure qu'ils furent négatifs. Il eût cependant été intéressant de savoir, étant donnée la composition du sol ainsi amendé, si les engrais ci-dessus énumérés étaient bien les reconstituants qu'il fallait pour lui rendre sa puissance de production en partie épuisée par la culture de la canne. Peut-être les Administrateurs de la Daïra ont-ils été découragés par l'ignorance, la négligence et surtout la mauvaise volonté qui ont présidé aux essais pratiqués. Il faut avoir vécu en Egypte pour bien apprécier la somme de résistance qu'opposent les Orientaux à l'adoption de toute idée nouvelle et de tout progrès.
Depuis, l'essai n'a pas été renouvelé, bien que la pauvreté du sol n'ait pas laissé de s'accentuer. La densité du jus de cannes, qui est de 8 0/0 à Abou-Gourgas, n'est plus que de 4 0/0 à Minieh ; cette diminution dans la valeur intrinsèque du produit est un indice incontestable d'un appauvrissement considérable de la terre.
Cette dépréciation s'accentuera encore dans l'avenir, il faut le craindre, si les exploitants ne mettent pas plus d'efforts dans les soins qu'exigent les i)lantations et s'ils ne luttent pas énergiquement contre l'épuisement du sol.
Les derniers rapports présentés par la Daïra-Sanieh à S. A. le Khédive font ressortir que les bénéfices des locataires sont supérieurs à ceux que l'Administration retire de ses terres et suggèrent l'idée que la culture directe serait plus avantageuse que la location, les terres louées étant toujours choisies parmi les meilleures par les locataires. Cette opinion n'est jiartagée par aucun de ceux qui ont étudié le fonctionnement des administrations gouvernementales au point de vue de la production.
La culture de la canne est évidemment rémunératrice, mais elle n'est possible qu'à proximité des usines de la Daïra et de celles très rares appartenant à l'industrie privée. Cependant, la baisse qui a frappé les sucres indigènes depuis 1881 est telle que le gouvernement, justement ému de la dépréciation et des proportions que prend le déficit annuel de ses administrations agricoles, avait projeté de remplacer, par la culture et Tégrenage du coton, les plantations de cannes et la fabrication du sucre. Aucune suite n'a encore été donnée à ce projet, qui ne remplirait d'ailleurs pas le but qu'on se propose
d'atteindre, !e coton étant également déprécié dans une large mesure.
Les sucres de 1''', 2« et 3® jets qui, en 1881, valaient 111 francs, 71 fr. 29 c. et 68 fr. 34 c, ont été cotés 39 francs, 28 fr. 76 c. et 24 francs en 1888.
Les frais de culture afférents aux plantations de cannes à sucre étant proportionnellement identiques, quelle que soit la superficie cultivée, les opérations, dépenses et recettes, relatives à l'exploitation d'un feddan ont été résumées dans le tableau suivant :