LOUÉES
TOTALES
L'exploitation de ces biens considérables est beaucoup plus imiK)rtante dans le Saïd que dans le Delta, où la majeure partie des terres de la Daïra est située dans la région des Béréris et par conséquent inculte.
Ce vaste domaine est administré par un directeur général indigène, nommé par le vice-roi, et deux contrôleurs européens respectivement désignés par les gouvernements français et anglais et agréés par le gouvernement égyptien. Le siège de cette administration est au Caire, elle possède une délégation à Alexandrie pour la vente de ses produits; ses biens sont divisés en dix-neuf teftiches ou circonscriptions agricoles, chacune ayant à sa tête un mouffetticlie (1).
Les attributions des mouflfettiches sont définies comme suit dans l'un des rapports de l'Administration des Domaines de l'État :
(1) La traduction textuelle de ce mot est « inspecteur » ; la superficie de la circonscription agricole ou teftiche varie entre 2,000 et 40,000 feddans.
« Le mouffettiche est seul responsable, vis-à-vis de l'Administration centrale, de la marche du service ; il a, par conséquent, sous ses ordres tous les employés du teftiche ; il revise les plans de culture et les soumet à l'Administration; il dirige et surveille leur exécution; il provoque et reçoit les propositions de location ; il fait les achats de bestiaux, les ventes sur place ; il a la surveillance des pompes, la haute direction des usines. Enfin, il centrahse toutes les recettes et ordonnance toutes les dépenses. »
Un pareil travail exige un homme actif, honnête et intelligent. La Daïra-Sanieh a placé la direction de ses usines et de ses pompes dans les mains d'Européens, presque tous Français. Cette mesure a produit les meilleurs résultats. Dans le but de diminuer ses frais d'administration, elle loue la presque totalité de ses terres ; elle en cultive une certaine quantité en métayage et n'exploite directement que celles qu'elle n'a pu donner en location, soit partielle, soit totale. Ces dernières ne dépassent pas 25,000 feddans et produisent des céréales et du coton.
Possédant un matériel considérable en tant que machines d'arrosage et usines, elle peut transformer avantageusement le produit de ses cannes et de celles qu'elle achète, soit à ses métayers, soit à des particuliers, aux conditions suivantes :
l*' Aux particuliers, cultivant leurs propres terres, la canne est payée de P. E. 3à P. E. 3 et demie le kantar, suivant la distance plus ou moins grande qu'elle doit parcourir pour être rendue aux usines.
2** Aux cultivateurs qui louent des terres à la Daïra, la canne est payée à raison de P. E. 3 et demie le kantar. D'autre part, le taux de la location des terres est en proportion du prix que la canne est payée par les usines. Si le contrat fixe le prix à P.E. 4, le feddan est toujours loué P.E. 430; si, au contraire, les usines achètent à raison de P.E. 3 et demie, le feddan n'est loué que P.E. 350.
3** Pour les cannes cultivées en association : le contrat n'a, dans ce cas, qu'une durée d'un an et la canne est payée à raison de P.E. 3 et demie. La Daïra se charge des avances nécessaires pour couvrir les frais de main-d'œuvre, d'outillage, de plants, d'arrosage et d'impôts. Après la récolte, les cannes sont pesées et vendues aux usines de la Daïra et le bénéfice jiet obtenu est partagé en parties égales (1).
(1) Par suite de ravilissement du prix des sucres, le prix de la canne à sucre n'a pas dépassé P. E. 3 le kantar en 1887-1888.
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On a vu plus haut que le remleiiient des cannes de la deuxième année était plus faible que celui de la première. G(»la résulte, dit nettement le raj)port de la Daïra, de ce que les afi:<înts préposés aux cultures en ignorent les princi]>es les plus élémentaires et qu'ils sont souvent nommés [K>ur des raisons étrangères à leurs connaissances en agriculture. Le favoritisme est une ])laie dont TÉgypte souffrira encore longtemps aux dé|>ens de ses intérêts vitaux.
Le tiibleau ci-dessous indique clairement qu'en accusant ses mouffettiches d'incapacité notoire, le rapport de la Daïra ne dit rien que de rigoureusement vrai.
Nû40. — RENDEMENTS EN CANNES PAR FEDDAN DES TEFTICHES
ou CIRCONSCRIPTIONS AGRICOLES DE LA DAÎRA-SANIEH
TEFTICHES
Beba . .
Fachn. .
Maghogha Aba. . .
Mataî . .