fô
Feddans
Feddans
Feddans
Feddans
Saïd. 93.788 Delta. 304.112
Total 402.900
Les 402,000 feddans que possèdent les Domaines de TÉtat sont divisés en 27 tefliches, dont 4 dans le Saïd et 23 dans le Delta. Le
(1) L'essai n'a pas été renouvelé en 1888.
jae NIL, SOUDAN, EGYPTE
fonctionnement de cette administration est identique à celui de la Daïra-Sanieh ; le siège est au Caire, les niouffettiches ou directeurs des teftiches résident au chef-lieu de leur district et une délégation pour la vente des produits est fixée à Alexandrie (1).
On a vu que, d'après la Commission des Domaines de l'État, le rôle incombant à ses niouffettiches est considérable et exige des aptitudes toutes spéciales. Chacun est, en c^la, d'accord avec les honorables commissaires des Domaines qui, d'ailleurs, ne se font pas d'illusion sur la valeur personnelle et professionnelle des agents investis de fonctions si délicates et si importantes.
Tous possèdent-ils les connaissances agricoles, théoriques ou pratiques, indispensables à tout homme dirigeant une exploitation agricole? Tous sont-ils actifs et intelligents? N'en existe-t-il pas d'absolument illettrés ? Et sans parler de ceux que l'Age ou l'oljésité rendent incapables de faire les visites réglementaires dans les cultures de leur teftiche, combien s'en trouve-t-il de véritablement intègres? L'opinion des administrateurs de la Daïra-Sanieh à cet égard a été rapportée plus haut.
La direction centrale n'a sur ces agents ni l'action nécessaire ni les moyens de répression en cas de dol. Les administrateurs avouent eux-mêmes être désarmés devant certains faits qu'ils ne peuvent que constater.
Les circonscriptions agricoles ou teftiches sont divis(*es en « ezra » ou cultures ayant chacune à leur tête un « nazir » ou directeur qui a sous ses ordres des comptables, des magasiniers, des maîtres ouvriers agricoles (kholis), des surveillants pour les champs et les bestiaux, des mécaniciens et des chauffeurs. Tant vaut le mouflfettiche, tant valent les nazirs et le personnel secondaire; si le premier est honnête et actif, il peut exiger et obtenir, dans une certaine mesure, la même probité et la même activité de ses subordonnés. Dans le cas contraire, il doit se taire et rien ne s'oppose alors à ce que les semences, les meilleurs produits, la nourriture du bétail et même l'eau i)ompée par les machines ne soient détournés et pillés par tous ceux qui concourent à l'exploitation.
Les revenus des Domaines de l'État sont consacrés au service de
(1) Par suite de l'échange d'un certain nombre de pensions contre des terres domaniales et de la restitution de ces terres à des prinœs de la famille khédiviale contre ral3andon d'allocations annuelles, la superlicie i\vs Domaines a considi''rabk'm(»nt diminué.
l'emprunt et à son amortissement ; comme ceux de la Daïra-Sanieh, ils sont insuffisants. Cet état de choses dérive de causes inhérentes au fonctionnement même de toute administration gouvernementale, et surtout de la crise qui pèse sur l'agriculture en général et tout particulièrement sur l'Egypte, en raison de la moins-value de ses uniques produits. L'appauvrissement du sol et, il faut le dire, la grande proportion des terres inférieures dont l'exploitation coûte cher et produit peu, par rapport aux terres de qualité supérieure et à rendements élevés, y contribuent aussi dans une certaine mesure. Le coton est pour les Domaines de l'État ce que le sucre est pour la Daïra-Sanieh, c'est-à-dire le produit le plus important et le plus rémunérateur; il est égrené dans ses belles usines de Zagazig, Talkha, Korashieh, Sakha et Atiay-el-Baroud. Qu'il s'agisse du rendement des terres ou de la production d'une usine, lorsqu'on parle d'un kantar de coton, on ne vise jamais que le produit net de 3 kantars 15 de coton brut, desquels on obtient :
Coton égrené 100 rotolis ou 1 kantar = 44 kilos 493
Graines de cotonnier. . . 200 — 2 — =88—986
Coton scarto ou inférieur. 1 rotoli. =0 — 444
Déchet 14 rotolis. =6—229
Total. . . 315 rotolis ou 3 kantars 15. = 140 kilos 142
Avant de passer de l'état brut à l'état manufacturé, le coton subit diverses manipulations qui toutes ont pour but d'obtenir un produit à soies longues et aussi pur de corps étrangers que c^la est matériellement possible. Une des principales opérations, c'est la cueillette qui doit être opérée de telle sorte que le contenu de chaque gousse soit séparé de son enveloppe sans emporter aucune parcelle de cette dernière. Dans le cas contraire, cette enveloppe, extrêmement friable, se brise et se mêle au coton d'où il n'est plus possible de l'enlever ; quelle que soit sa qualité, le textile est alors déprécié.
Après chaque cueillette, le coton apporté aux usines est classé et emmagasiné suivant son espèce et sa qualité; lorsqu'il est sec, on le livre à l'égrenage.
Une usine d'égrenage est, en général, une construction de forme rectangulaire dont l'un des plus grands côtés est réservé aux générateurs, au moteur, à la salle des métiers, aux cribles et à la presse hydraulique. Les trois autres sont occupés par les magasins, les bureaux et l'atelier de réparation. Les logements du personnel sont,
238 NIL, SOUDAxN, EGYPTE
autant que faire se peut, séparés de l'usine proprement dite [Kjur écarter les dangers d'incendie. La cour, centrale, sert de déj)ôt provisoire aux cotons bruts lors de leur réception, et aux cotons égrenés et emballés avant leur ex{>édition.
L'oj)ération de Tégrenage s'est longtemps faite à la main : un homme pouvait produire environ 5 kilos de coton en laine par jour. Le rendement des premiers métiers nms à bras ne déi>assait pas 10 kilos; puis c^s nmchines primitives furent successivement modifiées et améliorées par des inventeurs anglais et français. Actuellement deux types sont seuls en usage dans les usines d'Égyple : le premier est le saw-gin ou métier à scies; le second j)orte le nom de son constructeur Platt, c'est le métier à cylindre inventé j)ar Macarthy.
Le saw-gin, d'origine américaine, fut inventé vers 1790 par Eli AYhitney; il comprend 80 ou 90 scies circulaires dont les dents, très affilées, traversent une table grillagée sur laquelle les cotons bruis sont déposés. Parallèlement à l'axe des scies, mais tournant en sens contraire, un cylindre garni de brosses saisit au passage le colon accroché aux dents des scies circulaires. Les cotons robustes d'autrefois résistaient sans se briser à Faction trop énergique du saw-gin. Cet engin n'est plus employé de nos jours que pour Tégrenage et le nettoyage des cotons de basse qualité ou de rebut, d'où lui vient son nom de métier « scarlo » ; il a toujours eu le désîivantage de couper la graine et de salir le produit; chaque usine en i)ossède un ou deux. Le fonctionnement de cette machine exige une force de 2 chevaux environ et sa production varie entre 15 et 20 kantars de coton nettoyé par douze heures de fonctionnement.
Les trois organes principaux du Macarthy ou Platt sont : le batteur, qui se meut horizontalement sur la grille où l'ondéjiose le coton brut; les couteaux en acier, dont l'un est fixe et l'autre mobile, jouant perpendiculairement, et le cylindre; ce dernier est en bois, garni de spirales en cuir de cheval marin. Le coton, constamment secoué \mr les mouvements du batteur et la trépidation de l'ensemble, est [>oussé contre le couteau fixe. Ses fibres, s'engageant entre ce dernier et le couteau mobile, s'accrochent à la surface rugueuse du cylindre en cuir et s'étirent jusqu'à ce qu'elles soient complètement séj>iirées de leurs graines; un guide, placé du côté opposé aux couteaux, oblige le coton égrené à se séparer du cylindre et à tomijer, sous forme de ruban long, épais et d'une éclatante blancheur, dans un caisson d'où on Tenlève, au fur et à mesure, pour le porter aux presses.
La graine, débarrassée du textile, tombe au travers de la grille; elle est recueillie, criblée et, le cas échéant, subit un deuxième égrenage au métier scarto.
Les métiers doivent être réglés de manière à ne pas cisailler la graine, à la laisser tomber naturellement avec les cotons « douns », et à empêcher les cotons de première qualité de tomber avec la graine et les « douns ». Dans le premier cas, si le réglage est défectueux, la pulpe huileuse des graines souille le textile; dans le second cas, Tégrenage du « doun », mêlé aux cotons de première qualité, donne un produit bâtard de peu de valeur; dans le troisième cas, le coton de première qualité est envoyé au métier scarto qui ne doit égrener que les cotons de rebut. Dans les trois cas, la perte est considérable. Les résultats d'une campagne d'égrenage dépendent donc de l'habileté avec laquelle les métiers sont réglés.
La puissance de production d'une usine de 30 métiers atteint, si elle est suffisamment alimentée, 25,000 ou 30,000 kantars de coton égrené par saison. Dans certains centres, il existe des usines de 40 à 50 métiers; mais ces grands ateliers ne se procurent plus la matière première qu'avec difficulté, par suite de la concurrence; aussi leur matériel n'est- il souvent employé qu'en jiartie et pendant une période plus courte qu'autrefois.
L'expérience a démontré que le Macarthy construit, il y a environ vingt-cinq ans,. en vue de produire de 45 à 50 rotolis de coton par heure, à la vitesse de 450 révolutions, pouvait, sans aucune modification sensible, si l'on portait cette vitesse à 900 révolutions, rendre de 85 à 95 rotolis dans le même temps. Dans ces conditions, il absorbe de 1 cheval et demi à 1 cheval trois quarts de force. La production moyenne journalière de toute une usine marchant dans des conditions normales est de 90 x 30 X 12 heures de marche = 31,400 rotolis ou 314 kantars. Chaque unité de charbon brûlé doit correspondre à 5 kantars de cx)ton égrené; dans certaines usines possédant des générateurs et un moteur perfectionnés, ce rapport s'élève de 5 à 7 et même à 8.
Le prix de revient de l'égrenage est en raison directe des quantités travaillées; pour être rémunérateur, ce prix ne doit pas dépasser 8 piastres égyptiennes. Les matières d'emballage ne sont pas comprises dans ce chiffre; les cotons étant vendus pour leurs poids bruts, le coût de l'enveloppe se trouve ainsi compensé.
Lorsqu'ils sont égrenés, les cotons se divisent, commercialement
co
bd
ao
QO
PS
CO
QO
fi
H bd
CO
fi
CO
flfi M
su «
O -n CD i- O X r-
(M ce ifî 'M îc ^ ;-0
ce
ce
o eu
(M CO t^ so
o -î^ ce s
i- w 00 CO
••f •* oi 05 -n ••*«
g*« 1^ -^ «M (M (M •* CO •*
CQ
00 Oi c:> 'îH CD ««f S S Sî CO S S
ÇO CO
« • • • • ft