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RIZIÈRES

Les Domaines de l'État sont également de grands producteurs de riz et possèdent à Kafr-Battikh, à quelque dislance en amont de Damiette, une magnifique usine capable de décortiquer tous les riz de la région.

Le riz (oriza saliva), de la famille des graminées, vient dans les terres basses et humides qui avoisinent les lacs en bordure sur le littoral de la Méditerranée. On en cultive en Egypte quatre sortes :

Am-ol-Beut (Œil de la jeune fille.)

Sultani (Royal.)

Fawl (Géant.)

8el)aini (de sebaïn ou 70, il met 70 jours à croître et à mûrir.)

Les deux premières qualités sont les plus estimées. Les riz d'Egypte ont le grain plus petit que ceux de l'Inde; quoique moins blancs que ces derniers, ils sont néanmoins plus recherchés en Orient et tout ce qui n'est pas vendu pour la consommation du pays est exporté dans les Échelles du Levant.

On sème le riz au mois d'avril; avant de le confier à la terre, on le laisse tremper dans l'eau jusqu'à ce qu'il se soit suffisamment amolli, puis on l'étend sur des nattes que l'on recouvre de paille. Lorsque la chaleur qui se produit a fait développer le germe, on sème Je riz à la volée sur le sol préalablement labouré, nivelé, séparé en carrés de 40 à 42 mètres de côté et arrosé. La graine, qui doit être revêtue de sa pulpe, s'enfonce par son propre poids.

Après trois jours, la terre ensemencée est recouverte d'eau qu'on laisse séjourner pendant le même laps de temps, puis on la fait évacuer pour la remplacer par de Teau nouvelle, et ainsi de suite jusqu'à la maturité du riz. Pendant la végétation, il faut constamment extirper les mauvaises herbes qui nuisent à la croissance de la plante. La récolte se fait en novembre; le riz, coupé à la faucille, est transporté sur l'aire, séché et battu avec la « norag », comme les autres céréales.

La culture du riz est sujette à des inconvénients graves résultant des influences atmosphériques, de l'excès ou du manque d'eau, de l'impossibilité de faire écouler à temps les eaux ayant déjà séjourné à la surface des rizières, et des maladies qui ravagent et détruisent des champs entiers. Lorsqu'elle manque d'eau, la plante ne se développe pas, son épi est sec et peu fourni en grains. Trop d'eau hâte, au contraire, sa végétation qui ne réalise pas ses diverses transformations. L'épi, gonflé d'humidité, a une apparence trompeuse qui disparaît lors du séchage et ne donne qu'un maigre rendement.

D'autre part, les riz d'Egypte, comme ceux de l'Inde et du Brésil, sont quelquefois attaqués par un insecte ailé qui s'attache à l'épi et lui fait une blessure funeste au grain. Plus tard, lorsque le riz passera sous les meules ou les pilons, son grain sera réduit en poussière noirâtre causant ainsi un déchet considérable. Même lorsqu'il aura été salé et nettoyé, le riz sera de mauvaise qualité, d'une saveur amère et désagréable. Sa culture occupe chaque année 460,000 feddans et produit environ 435,000 tonnes de riz brut.

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