‹ De l'érudition en général, et de l'érudition médicale en particulier, considérées comme compléments à l'étude et à la pratique de la médecineChapitre 10 sur 18 · GO · texte numérisé non relu

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L’utilité et la nécessité de études historiques ont été proclamées, évidenciées en France par plus d’une voix puissante , et à l’étranger par l’exemple ; mais, vox clamantis in deserto : et cependant cette étude n’est ni indifférente, ni en aucune manière secondaire aux progrès réels de la médecine.

a L'histoire , dit un auteur de Montpellier (1), » n’offrirait qu'un intérêt de stérile curiosité , si la con- » naissance des temps passés ne servait à nous tenir » en garde contre le temps présent » ; et c’est ce qu’on peut répéter, plus particulièrement de nos jours, pour celle de la médecine.

« Il n’y a point de science , dit M. Dezeimeris (2) , «qui offre autant d’exemples que la médecine de

• découvertes faites, perdues et retrouvées; il n’y a

• point d’histoire qui ait à signaler, aussi souvent

• que celle de notre art, des efforts inutilement

• perdus à créer des inventions déjà faites, et qui »ne demanderaient qu’à être perfectionnées; c’est

• qu’il n’est point de classe de savants qui ait été » long temps plus dédaigneuse du passé que celle des

• médecins, et oui ait eu moins de souci qu’ils n’en

• avaient , surtout en France , de se tenir au courant

(t) M. Garonne, Histoire de la ville de Montpellier, 1 vol. in-8°, Paris sans date, au commencement du discours préliminaire.

(2) Lettres sur l’Histoire de la médecine, etc. t vol. in-8u, Paris, 1838, pag. 110.

«des travaux accomplis hors du temps et des lieux « où ils vivaient. »

Mais malgré toutes ces raisons , qui sont pourtant péremptoires, point d’enseignement historique.

Toutes ces citations et d’autres étaient destinées à faire partie de ce que j’avais à écrire dans cette thèse , et à la fin , sur la nécessité de connaître l’histoire de la médecine; mais, faute d’espace , je préfère les mettre ici à la place de ce que j’aurais à dire sur l’utilité de l’histoire ancienne et littéraire pour le médecin.

a La raison principale de cette incuriosité systématique, dit un journal moderne de Paris (1), » c’est l’aveugle asservissement dans lequel la théorie »de l’imitation a trop long-temps tenu les esprits —

» En acceptant, presque sans contrôle, l’idée la- » conique de cet homme (Broussais), la génération «médicale contemporaine a également accepté (2) »sa critique erronée d’un passé scientifique qui lui

(1) Bulletin général de thérapeutique médicale et chirurgicale , 5e et 4e livraisons des 15 et 28 février 1841 , à la page 122 jusqu’à 123.

(2) L’Ecole de Montpellier n’est jamais tombée dans le piège, il était trop grossier pour elle; son ancienne et honorable renommée d’école hippocratique s’est conservée intacte malgré l’engouement et l’empressement universel , et plus d’un professeur y a continué à opposer au croassement importun de l’erreur la voix sévère de la vérité.

» était inconnu. Quand cette erreur fut bien établie «dans les esprits, le divorce de la science du passé » et de la science moderne fut consommé ; à partir » de ce jour les études historiques furent à peu près » complètement abandonnées. »

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