‹ De l'érythèmeChapitre 12 sur 27 · grammes · texte numérisé non relu

grammes

L:. Douleur très vive au poignet droit ; deux taches érythémateuses sur celui-ci.

9. Une amélioration sérieuse ne se laisse pas. entrevoir. Au salicylate est substitué l'iodure de potassium à la dose de 1 gramme.

18. L'’iodure a été élevé peu à peu à la dose de 3 grammes ; mais céphalalgie intense, accès de fièvre considérable : 41°. Suppression de l’iodure.

20. Un nouvel accès de fièvre avec poussées et douleurs. Je prescris une potion antiseptique du nom de chlorallin (30 grammes).

24. Toujours à peu près même état; nouvel accès pyrétique. Je donne l’eau de laurier-cerise à la dose de 25 grammes comme antipyrétique.

28. Amélioration; cependant un nouvel accès: cette fois c'est vers les premières et deuxièmes phalanges de la main droite que la poussée s'est faite.

30 avril. L'eau de laurier-cerise à été progressivement donnée jusqu'à la dose de 40 grammes.

2 mai. Après trois jours d'apyrexie, nouveaux mais derniers accès fébriles, sans manifestations articulaires ni cutanés. Puis la guérison s'établit, Chute des cheveux.

M. le professeur Soulier fait suivre cette observation des réflexions suivantes que nous nous. empressons de publier :

« En résumé, dit-1l, notre malade, dans un premier séjour, avait présenté les signes du rhumatisme articulaire aigu léger avec endocardite et éruption rhumatismale et, un an après, l’éruption rhumatismale a, dans une récidive de l'affection, occupé le premier rang sous la forme de poussées papuleuses ou éry-

thémateuses, ou péliosique, ou vésico-pustuleuses plus ou moins hémorragiques avec fièvre et douleurs articulaires. En outre, cette maladie a été, cette fois, longue ; l’état général grave rappelant celui d’une dothienentérie adynamique.Enfin, le tracé thermique de cette fièvre rhumatismale nous présente un grand intérêt, tracé d’une intermittence irrégulière successivement quotidienne, tierce et quarte. Mais je suis persuadé qu'un tracé plus complet pourrait donner plus d'irrégularité encore. »

Je crois devoir faire remarquer que le malade sujet de cette observation a été successivement affecté des deux formes d’éfythèmes graves. Dans la première maladie, l'érythème n’a été manifestement que le symptôme du rhumatisme. Dans la seconde, on s'est trouvé en présence d’une fièvre érythémateuse essentielle dans laquelle le rhumatisme n’a occupé, cette fois, que le second rang et n’a été qu'un symptôme.

Par les quelques observations que nous venons de citer, il est facile de constater que l'affection décrite se présente sous la forme d'une maladie aiguë, à durée relativement longue.

Débutant par une période prodromique, analogue à celle des fièvres éruptives, elle est caractérisée par le groupement et l’évolution sur un même sujet de lésions cutanées élémentaires que jusqu'ici l’on avait, regardées comme autant d’affections différentes.

Aussi, dans la symptomatologie de l’érythème, croyons-nous devoir décrire :

1° Une période prodromique.

2” Une période d'éruption et de desquamation.

PÉRIODE PRODROMIQUE

Les malades, en général, ne commencant à être observés qu'au moment de l'éruption, il n'a pas encore été possible de mesurer le mouvement fébrile qui précède l'apparition de l'exanthème.

La plupart de ceux capables de donner des renseignements circonstanciés s'accordent àreconnaître qu'ils ont éprouvé quelques petits frissons aCCOMpaonés de fièvre. En même temps, ils se trouvent SOUS l'influence d’un état de malaise, de courbature avec céphalalgie assez intense avecépistaxis. On a sionalé (Lewin) (1), des douleurs lombaires de la rachialoie, comme pouvant apparaître à ce moment. Toutefois, les désordres les plus fréquents affectent l'appareil digestif. Il y a de l’anorexie, la soif est intense, la langue est saburrale, des nausées avec ou sans vomissements ne sont point rares. Du côté des voies respiratoires, on a noté du coryza, de la laryngite et de la bronchite. Lewin (2) cite même un cas d'aphonie complète survenant au début d’un érythème. Il est vrai que le sujet dont il parle étant en présence de syphilis, on ne sait si l’on ne doit pas rattacher l’aphonie à cette dernière affection.

(1) Loc, cit.

(2) Loc. «is.

La malade de notre première observation a’présenté du mal de gorge et de la gêne de la déglutition. Toutefois, l’angine ne paraît pasêtre un phénomène très constant, car nous ne l'avons pas remarqué souvent dans le cas d’érythème. Si, d’après les faits observés, nous voulons fixer une durée moyenne :à la période prémonitoire, nous voyons qu’elle ne dépasse pas cinq ou six jours. Lipp de Graz (1) signale bien un malade chez lequel l’éruption n'a paru que le neuvième jour des prodromes. Mais cette durée doit être regardée comme exceptionnelle.

PÉRIODE D'ÉERUPTION

La fin du stade prodromique est marquée par le début de l’éruption qui d'après Kapozi, Hebra, aurait toujours lieu symétriquement sur la face dorsale des mains et des pieds.

Cette règle toutefois n’a rien d'absolu. L’exanthème peut commencer sur le tronc, sur le cou, sur la face (obs. n), être ou non symétrique.

Chez la malade de notre observation vi, l’éruption a occupé la poitrine n'affectant aucune symétrie, et pendant tout le cours d’une évolution assez longue ne s’est pas montrée sur les membres.

Quoi qu'il en soit du siège primitif, un léger picotement se fait toujours sentir au lieu même où la poussée

(4) De l'érylhème polymorphe d'Hébra, vol, 4. Annales de Dermatologie, page 157.

doit se produire. On voit alors apparaître une tache, très petite au début, à coloration rouge cinabre, tache qui pâlit sous la pression du doigt. Un peu saillante au-dessus de la peau, elle donne au toucher une sensation légèrement œdémateuse. Nous avons le premier degré de l’érythème polymorphe, l’érythème lisse, comme l’a appelé Kapozi (1). On ne confondra pas cette forme avec celle que les dermatologistes ont désignée sous le même nom jusqu'ici et qui survient, après un séjour prolongé au lit, chez les malades atteints d’affections nerveuses. Les macules très petites d'abord, ne tardent pas à s'étendre et à présenter quelques heures après des dimensions pouvant attemdre la largeur d’une pièce de deux ou de cinq francs.

Que ces taches viennent à pâlir au centre, tandis que la rougeur périphérique s'étend ,on a une nouvelle forme, l’Ærythème annulaire. Ce sera au contraire l'Erythème gyroïde, si rapprochéesles poussées exanthématiques s’entrecroisent, empiétent les unes sur les autres et décrivent des contours plus ou moins seTpigineux.

Mais par suite de l'augmentation du processus exsudatif, les taches du début deviennent légèrement saillantes. On est en présence de l’éythème papuleux, forme la plus fréquemment observée. Les papules peuvent présenter un certain degré d’induraüon, et les auteurs les ont désignées dans ce cas sous le nom d'érythème tuberculeux. Le nom d'érythème

1) Traite des maladies de la peau, vol. 2, p. 375. Ka OZ1. ] P

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papuleux a été et est encore bien souvent employé comme synonyme d’érythème polymorphe.

Là ne s'arrêtent pas les transformations que peut subir l’exanthème. Des vésicules et même des bulles se produisent. Dans la plupart de mes observations, et surtout dans les observations m1 et 1v, nous voyons des vésicules non ombiliquées reposant sur une zone inflammatoire et placés à côté de papules et de tubercules.

M. Paul Fabre, de Commentry, cite le cas (1) d’un piqueur, àgé de 19 ans, qui vint à sa consultation, se plaignant de manquer d’appétit. « Le malade a la langue blanche et montre de nombreuses plaques érythémateuses, principalement sur les bras et les jambes, à la face dorsale des mains et des pieds ; elles sont ulcérées pour la plupart. Il en existe aussi qui sont ulcérées par le grattage sur les avani-bras. Quelques-unes de ces plaques sont encore recouvertes de vésicules. À l’avant-bras droit on trouve de ces vésicules sur les deux faces, ainsi qu'à la face antérieure des deux poignets.

«I s’agit bien ici de l’érythème polymorphe, puisque nous constatons l'existenée de papules et tous les autres caractères de cette affection. »

Nous insistons un peu sur cet érythème vésiculeux, parce que plusieurs auteurs ont nié son existence, prétendant que la vésicule est incompatible avec l'érythème. Ils oubliaient ou méconnaissaient que l'érythème généralisé est une maladie affectant des

(1) Gazette médicale, Paris, 4 nov. 1881.

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formes variées, depuis la macule jusqu’à la vésicule et la pustule.

En effet, une autre transformation peut se produire, là vésicule se remplir de pus et nous donner l'érythème pustuleux (obs. m). Les vésicules, dans certains cas, sont assez confluentes pour former une bulle et l’on a l'érythème bulleux.

Le centre d'une large plaque d'érythème papuleux peut être le siège d’une bulle ; cette bulle s’affaisser et une série de vésicules se produire tout autour. Environnant cette première rangée circulaire, des cercles concentriques de vésicules peuvent se former à colorations variées, à cause de leur période différente de formation et présentent la forme erythemes iris, que l’on confond avec l’herpès iris.

Telle est la marche que peut suivre l’éruption. Toutefois, son évolution n’est pas toujours aussi régulière et aussi complète. Des taches primitivement semblables évoluent différemment : les unes restant à l'état de simples plaques érythémateuses, les autres devenant papuleuses ou tuberculeuses. De ces dernières, il en est qui ne se modifient pas pendant tout le cours de la maladie: d’autres se recouvrent de vésicules, de pustules et même de bulles ou bien, s’affaissant à leur centre, s'étendent par la périphérie.

Dans l’érythème polymorphe, l'éruption ne se fait pas simultanément, mais par poussées successives, : comme dans l’herpès généralisé fébrile, À côté d’une papule, déjà recouverte d'une vésicule ou d’une pustule, apparaît la macule érythémateuse du début, et

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