OBSERVATION VII
(Personnelle)
Marie Blanc, née à Florens (Ain), cultivatrice, âgée de 23 ans, entre à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Roch, n° 20, le 23 avril 1883.
Rien à noter du côté de l’hérédité. Cette femme a perdu son père, qui est mort à 34 ans d’un refroidissement et sa mére qui est morte à 44 ans des suites de couches. Elle a dix frères et une sœur qui tous se portent bien. Cette femme, ni syphilitique, ni rhumatismale a été réglée à 13 ans. Sa menstruation a toujours été régulière. Jusqu'à l’année dernière, elle avait jou d'une santé satisfaisante n'ayant jamais eu que quelques symptômes hystériques.
L'année dernière, à la suite d'une première grossesse, elle a eu un phlegmon iliaque gauche qui a été ouvert par les caustiques et complètement guéri.
Elle entre aujourd'hui avec une éruption qui a débuté il y a trois semaines.
Ayant pris froid, elle a vu sesrègles s'arrêter brusquement après deux jours d'écoulement. Elle éprouve alors un malaise général, de la céphalalgie, de l'anorexie, en même temps que de petits frissons et un mouvement fébrile. Puis elle remarque sur le devant de la poitrine, près de la poignée du sternum, une plaque rose irrégulièrement arrondie. Cette plaque, assez sensible au toucher, est entourée deux jours après d'un collier de vésicules assez grosses.
Quatre ou cinq jours après, la malade voit apparaître et se développer de la même façon, quatre ou cinq plaques semblables. Avec cette poussée, elle éprouve quelques petits frissons avec fièvre plus considérable que les autres soirs.
En même temps, la jeune fille est affaissée, sans forces, sans appétit. Elle est prise de nausées et de vomissements.
Enfin, quelques jours après, voyant de nouvelles taches se former sur le front et même une sur le sourcil gauche, et son état général ne pas s'améliorer, elle rentre à l'hôpital.
Actuellement, Cinq ou six papules très larges à bords irréguliers recouvrent complètement la région thoracique antérieure. Les plus anciennes sont celles placées sur l’appendice xiphoïde et sur la poignée du sternum. D'un rouge plus foncé, elles ne présentent déjà plus de vésicules. La plaque qui surmonte le mamelon droit et les deux qui se cachent sous le sein gauche sont les dernières sorties. Larges comme une pièce de5 francs, elles ont leurs bords entourés de vésicules. Une d'elles est même surmontée d'une bulle.
Ces papules sont douloureuses à la pression. La malade se plaint d’une lassitude générale, de maux de tête assez violents. Le pouls est à 95 pulsations, et la température marque 38° 2 le soir. En somme, mouvement fébrile modéré.
25. Une large plaque s'est développée pendant la nuit sur le milieu du sternum. Tout autour se trouvent de petites papules. La température, le matin, descend presque à son chitffre normal, pour remonter, d'un degré le soir, et atteindre 38° à 38° 5.
On n’observe rien au cœur ni au poumon, les urines sont un peu troubles, on y trouve un peu d’albumine.
27-28. Les plaques les plus anciennes commencent à se desquamer. La malade a toujours la langue saburrale, de l'anorexie, de la céphalalgie et une lassitude extrème. Les parties envahies par l’éruption sont le siège d’une hyperthermie très accusée et de démangeaisons telles qu'on les rencontre rarement dans l'Erythème. Les dernières papules développées se sont recouvertes de petites vésicules. La température présente toujours une élévation vespérine.
Le 4 mai, la plupart des vésicules se sont affaissées, et les papules sont recouvertes de squames furfuracées.
La malade voit son état général s'améliorer considérablement.
Le 5 mai, elle éprouva subitement de la douleur dans la