AVANT-PROPOS
En suivant la clinique de M. le professeur Teissier, notre attention fut appelée par ce maître expérimenté sur une malade atteinte d'un érythème polymorphe offrant tous les caractères d’une pyrexie grave et essentielle.
M. Hardy, dans son article « Erythème généralisé» publié en 1871, dans le Dictionnaire de médecine pratique, dit, en parlant du pronostic de cette maladie, qu'on ne l’a jamais vue se terminer par la mort.
D'un autre côté, Kapozi (1) affirme que l’érythème multiforme peut se compliquer de phénomènes graves d'hémorragie, de symptômes de dépression, d’endo-
(1) Kapozi, Traile des Maladies de la peur, Vol. 2, p. 372.
cardite, de péricardite, de méningite, de tuberculose, d'insuffisance valvulaire, de pleurésie, de pneumonie, ete., complications qui peuvent entraîner la mort, comme Lewin l’a démontré, mais que dans ces cas le danger vient des complications, et non pas de l'érythème Jui-même, qui ne représente pas alors le processus essentiel, mais simplement un symptôme.
Contrairement à ces assertions, nous nous proposons dans notre travail maugural, de montrer, par quelques faits recueillis dans la littérature médicale et par quelques observations personnelles, que l’érythème généralisé fébrile peut, dans certains cas, prendre la forme d’une véritable fièvre exanthématique à marche maligne, amener par elle-même des localisations graves et entraîner la mort.
Adoptant en cela l’opmion de MM. Besnier et Doyon (1), opinion qu'ils expriment ainsi : « On ne peut douter de la gravité de certains érythèmes polymorphes. Dans ces cas, assurément, ce n’est pas l'érythème cutané qui fait périchiter le patient pas plus que ne le fait en soi la lésion cutanée de la scarlatine, par exemple ; mais les divers phénomènes sont les uns et les autres le résultat d’une méme cause morbide générale et supérieure. »
Ce n’est pas sans une certaine appréhension que nous avons entrepris des recherches sur ce point de pathologie cutanée encore bien obscur et bien controversé. Mais confiant dans l’indulgence de nos
(1) Kapozi, Traité des Maladies de la peau, vol. 2, p.378 (note des traducteurs).
maitres, nous avons pensé qu'en face de l’imperfection de l’œuvre, ils tiendraient compte de l'effort.
Le premier chapitre contiendra un aperçu historique de la question qui fait le sujet de notre thèse.
Dans un deuxième, nous traiterons la symptomatologie, l'anatomie pathologique de l’érythème.
Un troisième renfermera la description de la nature, de l’étiologie, du pronostic et du traitement.
Enfin, dans un quatrième chapitre, nous placerons quelques pièces justificatives et les conclusions qui nous paraîtront devoir découler de cette étude.
Avant d'entrer en matière, qu'il nous soit permis de remercier notre président de thèse, M. le professeur Teissier, qui nous a inspiré ce travail, aidé de ses conseils et, pendant le cours de nos études, toujours porté le plus bienviellant intérêt.
Je prie également M. le docteur Doyon d'accepter l'hommage de ma reconnaissance pourles utiles renseisnements qu'il m'a donnés.
D Tr et
D PT en K
DE
L'ÉRYTHÈME