‹ De l'esclavage chez les nations chrétiennesChapitre 4 sur 11 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

U REUGION CHRfiTIEllIlE NE COIVDAIIIIB POINT EN PEINCIPE L'BSGUYAGE.

Dans les Évangiles, Jésus n'a jamais formellement condamné l'esclavage. On trouve cet aveu dans les livres mêmes àqfit les auteurs prétendent que le christianisme a aboli l'esclavage : « Nous « ne lisons nulle part, dit M. l'abbé Thérou, qu'il « ait exhorté les maîtres à affranchir leurs escla- « ves (1). » « Le christianisme, est-il dit également « dans le journal protestant le Semeur, a amené « l'abolition de l'esclavage, et cependant il n'y a

(1) Le Christianisme et V esclavage ^ Paris, 1841.

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« pas dans l'Évangile un seul mot à ce sujet (1). » Non seulement Jésus, dans les Évangiles, n'a jamais condamné formellement l'esclavage, mais on pourrait soutenir qu'il lui a plutôt été favorable, au moins indirectement, dans une de ses paraboles, où il dit, sans aucune expression de blâme, que l'esclave qui a connu la volonté de son maître et qui ne s'y est pas ionformé , recevra force coups ^ tandis que celui qui n'a pas connu cette volonté, ne recevra qu'un petit nombre de coups (2). Si l'on ne trouve pas dans les Évangiles la condamnation directe et expresse de l'esclavage, peut-être la découvre-t-on dans les écrits des deux principaux interprètes de la doctrine de Jésus? Pas davantage. Non seulement Paul et Pierre, dans leurs Épîtres, n'ont pas un mot pour condamner l'esclavage ni pour recommander aux

(1) No da 8 mars 1843.

(2) *0 ioûloi h "po^Ji rà OiX^/^a toO xu/o<ou aOroû xscl /a»}

Luc, ch. Xn, V. 47 et 48.

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maîtres d'affranchir leurs esclaves, mais au contraire le peu qu'ils disent sur cette matière est conforme au principe de l'esclavage. Dans YÉpître aux Éphésiens, Paul recommande aux esclaves d'obéir à leurs maîtres avec crainte et tremblement comme au Christ (1). Dans YÉpttre aux Colossiens, après avoir dit qu'aux yeux de Dieu il n'y a aucune différence entre l'esclave et l'homme libre, au lieu d'en conclure l'égalité naturelle des droits parmi les hommes, et par conséquent l'illégitimité de l'esclavage et le devoir des maîtres d'affranchir leurs esclaves , il recommande à ces derniers d'obéir en tout à leurs maîtres (2), et, au chapitre suivant, v. !«', il recommande aux maîtres de traiter leurs esclaves avec équité, comme si l'équité était possible dans les rapports entre deux hommes dont l'un possède l'autre

(1) 0( Bo\t\oii uTraxoûere roT$ T^vploiç xarÀ a&^oxa fitrà tfo^ou xccl rpô/iov , Iv «7r>oT>jTt tiîs xa/o$£a$ ù/iôiv , &i tw xpiTV^,

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