‹ De l'Espagne et de ses chemins de ferChapitre 25 sur 167 · C.-M. Calderon, vice-président · texte numérisé non relu

C.-M. Calderon, vice-président

' Bailleux de Marisy.

Ghapun.

Gomte Glary.

E. DUCLERG.

FlGUERA^.

Pedro GiL.

Duc DE Glucksberg.

MM. Charles Laffiite.

Léon y Médina.

Nelson Montes.

Mortimer-Ternaux.

Parent.

Eugène Pereire.

Isaac Pereire.

Duc de Sàn-Lvgar.

SCHAKEN.

Prince de Wàgram.

Mi Léon Làlanne, ingénieur en chef des ponts et chaussées, est directeur généraL

M. LiONNET est directeur de l'exploitation.

La longueur^ de ce chemin est de 131 kilomètres.

§ 2. — Capital de ce chemio. — De ses débouchés et de son avenir.

Les actions forment un capital de 18 millions de francs; les obligations, de 9 millions : soit en total 27 millions qui ont été dépensés pour l'achat des terrains, les frais de construction et le matériel. En outre, la province paie une subvention annuelle d'environ 600,000 francs, qui durera pendant vingt ans.

Ce chemin, au moyen de la ligne que j'ai

signalée comme nécessaire à ouvrir de Séville à Mérida et Badajoz, sera probablement relié à Madrid par Talaveva. Il a donc plus d^avenir qu'on ne pourrait penser, puisqu'il pourra servir à l'exploitation du sud-ouest de la Péninsule, qu'il mettra directement en relation avec la France, par les chemins du Nord, de Saragosse et de Pampelune.

§ 3. <— Histoire de Gonsalre de Gordoue. — Son héroïsme et son désintéressement.

Gordoue est située dans l'Andalousie. Cette ville si somptueuse au temps sles Maures et alors peuplée de 300,000 habitants, en a aujourd'hui à peine 40,000. Elle fut fondée par Marcus Marcellus, préteur des Romains, l'an 585 de la fondation de Rome; et donna le jour au philosophe Sénèque et à Lucain, que Corneille paraissait préférer à Virgile. Dans l'antiquité, on exploitait dans toute la «province des mines d'or et d'argent.

Ce fut aussi dans cette ville que naquit, au xv** siècle, Gonzalve, surnommé /e grand capitaine ^ qui rendit à Isabelle et à Ferdinand des services immenses. Envoyé dans le royaume de

Naples, sous le prétexte de secourir Frédéric et Ali^onse, cousins du roi, mais en réalité pour les dépouiller, il poussa la guerre avec vigueur, et se rendit maître de Tarente. Ses troupes, mécontentes de Leur pénurie, ne soutinrent pas ce premier succès. La plupart des soldats vinrent en ordre de bataille réclamer leur solde. Uun d'eux osa mâme lui présenter au visage la pointe de sa hallebarde. Le général, sans s'émouvoir , saisit le bras du soldat , et affectant un air gai, comme si ce tfeûjt été qu'un jeu : Prends garde^ camarade^ lui dit-il, quen voulant badiner avec cette arme, tu ne me blesses. Le capitaine d'une compagnie de cent hommes porta l'outrage plus loin. Il osa dire à Gonzalve, qui témoignait son chagrin d'être hors d'état de procurer les choses dont on avait besoin : Eh bien ! si tu manques d'argent, livre ta fille; tu auras de quoi nous payer ! Comme ces odieuses paroles furent prononcées parmi les clameurs de la sédition, Gonzalve feignit de ne les avoir pas entendues ; mais la nuit suivante* il fit mettre à mort le misérable, et le fit attacher à une fenêtre, où toute l'armçe le vit exposé le lendemain. Cet exemple de sévérité

184 DE L'ESPANNE

produisit son effet* Gonzalve, dont la situation exigeait une prompte solution^ assiège Gérignoles, pour déterminer les Français à hasarder une ba* taille ; ceux-ci tombent dans le piège et sont vaincus. L'Espagnol s'empare de Naples sans coup férir, emporte les châteaux par de. hardis coups de main, et fait un riche butin. Comme quelques soldats se plaignaient de n'y avoir pas assez de part : H faut réparer votre mauvaise fortune^ leur dit Gonzalve ; allez dans n^pn logis, je vous abandonne tout ce que vous y trouverez. Cependant , une nouvelle armée arrivée de France menaçait de tomber sur les Espagnols.

Gonzalve, quoique de beaucoup inférieur en nombre, ne veut pas opérer sa retraite et se retranche à sa vue. Comme les officiers espagnols y voyaient de la témérité, il leur dit: J'aime mieux trouver mon tombeau en gagnant . un pied de terre sur F ennemi, que de prolonger ma vie de cetit années en reculant de quelques pas. L'événelnent justifia cette résolution. Gonzalve battit les Français en détail, finit la guerre par de savantes manœuvres, et assura à TEspagne la possession du royaume de Naples, dont il devint connétable.

âes ennemis, jaloux de son pouvoir, l'accusèrent de vouloir se rendre souverain de ce royaume, Ferdinand , aussi envieux et ingrat que fourbe, ajouta foi à ces bruits calomnieux ; il se rendit à Naples, et obligea le héros qui lui avait conquis ce royaume à le suivre en Espagne. Louis XII, roi de France, plus généreux, vit Gonzalve en passant à Savone, le fit asseoir à sa table, et s'entretint longtemps avec lui. Le héros, de retour en Espagne, se retira à Grenade, et y mourut en 1515, à soixante-douze ans, laissant une réputation immortelle. Sa générosité contribua autant à sa gloire que sa valeur. La république de Venise lui fit présent de vases d'or, de tapisseries magnifiques, et de martres zibelines, avec un parchemin où était écrit en lettres d'or le décret du grand conseil qui le créait noble Vénitien. Il envoya tout à Ferdinand, excepté le parchemin, c< qu'il ne retint, disait-il, que pour montrer à son concurrent, Alonze de Silva, qu'il n'était pas moins gentilhomme que lui. » Toutefois, après avoir juré sur la sainte eucharistie à Alphonse, fils de Frédéric roi de Naples, de Nlui laisser la liberté s'il se

rendait, il le retint prisonnier, et l'envoya sous bonne escorte à Ferdinand, qui lui avait ordonné ce manquement à la foi jurée : ordre auquel Gonzalve n'était pas tenu d'obéir en cette circonstance.

Page 1