DE LA RELIGION DE L'ESPAGNE
§ 1. — De rintolérance ancienne en matière de religion. — De l*esprit charitable da peuple. ^
Le culte public de toute religion autre que la religion catholique romaine, étant prohibé en Espagne depuis plusieurs siècles, il est impossible de savoir combien il y a de protestants.
Depuis la loi d'Isabelle et Ferdinand, qui * expulsa d'Espagne les juifs, ceux-ci n'avaient jamais pu y rentrer, si ce n'est dans ces derniers temps.* L'esprit hospitalier et charitable de la nation espagnole ouvrit les portes des villes du littoral aux malheureux juifs émigrés du Maroc, par suite de la dernière guerre. Quant aux anciens Maures, l'Inquisition avait pris le soin de les exterminer tous : maintenant on ne voit plus que ceux, en petit nombre, qui viennent trafiquer dans la Péninsule.
g 2. — Du nombre de ministres séculiers et réguliers. •— Des maisons conventueUe^* — • Que la désamortisation n'est pas absolne*
Voici le nombre des ecclésiastiques qu'il y a en Espagne :
Clergé de$ cathédrales.
Prélats 53
Dignitaires, 280
Chimoines "769
Bénéficiera 889
Chapelains servants 306
Total 2,29TI 2,297
Clergé coUégial,
Abbés et chanoines « 160
, Bénéficiers.. 277
Chapelains servants 126
Clergé paroissial.
Curés en titre et administrateurs ... 16,988
Vicaires et sous-vicaires 5,133
Ecclé^astiques sécnliera et réguliers. 10,168
32,289 32,289 On compte, en outre, un certain nombre de prêtres attachés à Tannée*
Clergé régulier,
Décloltrés n'ayant aucune charge ecclésiastique dans les diocèses 3,414
Total 38,563
Les religieuses décloîtrées sont au nombre de '.. 412
Les couvents de religieuses au nombre de 866
Le nombre de religieuses qu'il peut y avoir , en vertu du règlement , est de 21,862
Le nombre de religieuses existantes en 1859 est de 12,990
Elles jouissent d'un revenu de 8,9S(0,620 réaux de veillon.
Le noDpbre des chapelains, sacristains, organistes et chantres est de 2,17/i, qui reçoivent 3,974,156 réaux de veillon.
Le budget de 1860 se monte à 9,055,036 réaux pour les religieuses, et à 3,974,156 réaux pour les chapelains, sacristains, organistes et chantres.
En 1833, il y avait 1,834 maisons religieuses, contenant 31,279 individus profès, répartis entre 37 ordres.
En 1859, il y avait 41 maisons et 719 profès, appartenant à 8 ordres religieux.
Le nombre des maisons est donc diminué de
1 ,793 ; celui des profès de 30,560 individus , et celui des ordres de 29 (!)•
La désamortisatiop des biens ecclésiastiques n^est malheureusement pas générale et absolue ; au contraire, TEglise conserve la faculté d'acquérir des propriétés. Néanmoins, celles qu'elle possède sont si réduites, que les ecclésiastiques, depuis la suppression des dîmes , vivent d'une rente que leur paie l'Etat, suivant le rang de chacun d'eux ; en outre, ils ont le droit de percevoir un casuel (droits d'étole).
(1) Tout ce qui précède est relatif seulement à la Péninsule et aux lies adjacentes.