LA STRUCTURE FORMANT LIEN SÉRIEL
fermés dans des aires .bien définies. Cette localisation de formes spéciales est l’éclatante confirmation de l’opinion déjà émise, à un autre point de vue; c’est-à-dire que l’organisation animale, quelle qu’elle soit, peut s’adapter à des conditions tantôt identiques, tantôt diverses, mais ne saurait, en aucune façon, être regardée comme étant, originellement, le produit de ces conditions.
La structure forme un lien sériel entre des animaux largement disséminés à la surface du globe.
Après avoir étudié avec attention les reptiles qui habitent les différentes contrées du globe, je fus frappé d’un fait très-remarquable qu’aucun naturaliste, que je sache, n’avait encore, signalé et dont aucune autre classe ne fournit un exemple aussi notable. Voici ce lait : parmi les Sauriens, comme parmi les lîalraciens, il y a des familles dont les représentants, malgré leur dissémination sur le globe, forment une série très-naturellement enchaînée et dont chaque terme équivaut à un degré particulier de développement. Les Scincoïdes (1j, de l’ordre des Sauriens, sont une de ces familles. Elle contient environ cent espèces, rapportées par Duméril et Bibron à trente et un genres, et dans lesquelles le développement des organes de la locomotion produit des combinaisons remarquables, exposées dans le diagramme suivant.
Pour bien comprendre la signification de ce tableau, il est nécessaire de se rappeler que les animaux appartenant à la famille des Scincoïdes y sont envisagés à deux points de vue différents. En premier lieu, leurs rapports zoologiques sont exprimés par les combinaisons variées de la structure
(1) Pour les caractères de la famille, voy. Duméril et Bibron, Erjtélologie générale, vol. V, p. 51t. — Voyez aussi Cocteau, Éludes sur les Scincoïdes, Paris, 183ti, in-A, ligures.
des membres. Certains d’entre eux, et ce sont les plus nombreux, ont quatre pattes; d’autres n’en ont que deux, qui sont toujours celles de derrière ; d’autres enfin n’en ont point du tout. Ces pattes peuvent n’avoir qu’un doigt, ou en avoir deux, trois, quatre, cinq, et le nombre de ces appendices peut varier dans les membres thoraciques et dans les membres pelviens. La classification ici adoptée est basée sur ces caractères. En second lieu, il est tenu compte de la distribution géographique. Or, on aperçoit tout de suite que l’habitat de ces animaux n’a aucun rapport, quel qu’il soit, avec le système résultant des caractères zoologiques. Au contraire, les genres les moins voisins peuvent se rencontrer dans le même pays, et ceux qui ont entre eux les relations les plus étroites peuvent bien se trouver à des distances trèsgrandes les uns des autres.
Genres qui ont quatre pattes ,
cinq doigts à chaque patte.
/ Trapidophoru ».
Scinciu
1 espèce.
; Sphenopit 1 —
lUplo'jluwus. ... 6 —
A mpfiiylossus. . . 4 —
Gomjyiu» t 7 sous-geuref .
GoivjylHM. . . 3 espèces
Eumeccs 11 —
Euprcpes. .... 13 —
PtcstioiUm . ... 5
Lwjosoma. ... 19
Liolopisma ... 1
Tropidolopttmn. 1 CycloHua. ..... 3
Tmckysauru». * . 4 Ahlcpharns 4
Coebinchine.
Afrique sep tentri* «noie et occidentale, Syrie.
Indes occident, et Brésil.
Madagascar.
Europe inèriil., Égypte, Téuériffo, Ile de France.
Indes orientales et occidentales, Amérique inéridion., Vnnikoro, Nouvelle-Irlande, Nouvelle- Guinée, lies du Pacifique.
£ète occidentale d'Afrique, cap do lionne - Espérance, Égypte, Abyssi-, nie, Sécheik*. Madagascar, Nouvelle - Guinée, Indes orientales.
Iles do lu Soude, Manille.
Égypte, Alger, Chine, Japon, États-Unis.
Neuve Ue-llol lande, Nouvelle - Zélande, Java, Nouv. - Guinée, Tiuior, Indes orientales, de* du Pacifique, Etuta-Unis.
Maurice et Àlouiilc.
NntivclIe-lloUamle.
Nouvelle-Hollande, Java.
Nouvelle-Hollande.
Europe du snd-est, Nouvelle -ilollnnde, lien du PnrilMiui'.