III. ANIMAUX INTELLIGENTS
Cl. 13. Poissons.
Cl. 1 k . Reptii.es.
Cl. 15. Oiseaux.
Cl. 16. Mammifères.
Sentent ; acquièrent des idées conservables, exécutent des opérations entre ces idées qui leur en fournissent d’autres ; sont intelligents à différents degrés. Une colonne vertébrale, un cerveau, une moelle épinière; des sens distincts; des muscles attachés à un squelette intérieur ; la forme symétrique, des parties paires.
Il n’est pas facile d’apprécier exactement le système de Lamarck. C’est en effet un mélange de conceptions abstraites et de considérations tirées de la structure, en même temps qu’un effort pénible pour ranger les animaux en séries continues. La division primaire du Règne animal en Invertébrés et Vertébrés (i) correspond, comme je l’ai indiqué déjà, à celle des Anaima et Enaima d’Aristote. Les trois principaux groupes désignés par la qualification d’Apathiques, Sensitifs, Intelligents sont imités des quatre embranchements de Cuvier; mais, loin de reposer sur une idée définie, comme les divisions de Cuvier qui impliquent un plan spécial de structure, ils ont pour base la supposition que les facultés psychiques des animaux offrent une gradation sériaire; or cette supposition est certainement inadmissible quand on veut en faire le principe d’une classification. Dire que ni les Infusoires, ni les Polypes, ni les Rayonnés, ni les Tuniciers, ni les Vers ne sentent, c’est certainement émettre une opinion erronée. Ces êtres manifestent des sensations, tout aussi distinctement que plusieurs des animaux rapportés au second type et qui sont qualifiés de sensitifs. Et quant à cette autre assertion qu’ils ne se meuvent que lorsque leur irritabilité est excitée, il suffit d’observer les Étoiles de mer pour se convaincre que leurs mouvements sont déterminés par des impulsions intérieures et non par les excitations du dehors. Des recherches récentes ont fait découvrir que la plupart de ces animaux ont un système nerveux et que plusieurs possèdent même des organes des sens.
(1) Voy. plus haut, chap. II, sect. i.
Les animaux sensitifs sont distingués de ceux du troisième type, les animaux intelligents, par le caractère de leurs sensations. L’auteur établit, à cet égard, que les sensations donnent simplement lieu chez les premiers à la perception des objets, à une sorte d’idées simples qu’ils sont incapables de combiner pour en faire dériver une idée complexe; tandis que les seconds obtiennent, prétend-il, des idées qu’ils peuvent retenir, pour opérer sur elles et arriver parleur intermédiaire à des idées nouvelles, et sont dits intelligents. Je doute que, même de nos jours, cinquante ans après que Lamarck a publié son système, il soit possible de distinguer de cette manière entre les sensations des poissons, par exemple, et celles des Céphalopodes. La structure, il est vrai, diffère grandement chez les animaux que Lamarck appelle Intelligents et chez ceux qu’il appelle Sensitifs, mais un grand nombre de ces derniers sont construits sur le même plan que plusieurs de ceux qu’il range parmi les Apathiques. Son type des Sensitifs embrasse donc deux plans de structure, et la psychologie des animaux n’est certes pas assez avancée pour offrir le moindre fondement à la distinction introduite.
Au point de vue même de Lamarck, son arrangement des classes est moins parfait qu’il n’aurait pu l’être, car les Annélides sont plus voisins des Vers que les Insectes et leur sont vraiment inférieurs. N’ayant pas saisi la valeur de l’idée de plan et lui ayant substitué l’idée de la complication de structure, Lamarck mêle, parmi les animaux apathiques, des Rayonnés (les Polypes et les Radiaires) à des Mollusques (les Tuniciers) et à des Articulés (les Vers). Parmi les animaux sensitifs, il réunit des Articulés (Insectes, Arachnides, Crustacés, Annélides, Cirripèdes) et des Mollusques (Conchifères et Mollusques propres). Il assemble comme animaux intelligents, les quatre anciennes classes de Vertébrés ; Poissons, Reptiles, Oiseaux et Mammifères.
Classification de De Blainville.
(De l'organisation des animaux, Paris, 1822, in-8.)
1" Sous-Règne. ART10M0RPHES ou ARTIOZOAIRES. Forme bilatérale.
1 er Type., oetéosoaires (Vertébrés).
Sous-Type. Vivipares.
Cl. 1. Plus ères, ou Mammifères. 1° Monodelphes, 2° Didelphes.
Sous-Type. Ovipares.
Cl. 2. Pennifères. Oiseaux.
Cl. 3. Sqüammifères. Reptiles.
Cl. U . Mudipellifères, Amphibies.
Cl. 5. Piknifères. Poissons.
ANOSTÉOZOAIRES.
2 e Type. EntomoBoaire» (Articulés).
Cl. 6. Hexapodes (Insectes proprement dits).
Cl. 7. Octopodes (Arachnides).
Cl. 8. Décapodes (Crustacés, Décapodes et Limule).
Cl. 9. Hétéropodes (Squille, Entomostracés, Épizoaires).
Cl. 10. Tétradécapodes (Amphipodes et Isopodes).
Cl. 11. Myriapodes.
Cl. 12. Chétopodes (Annélides).
Cl. 13. Apodes (Sangsue, Cestoïdes, Ascaride).
3° Type. MalentOBOalrcs.
Cl. lû. Nématopodes (Cirripôdes).
Cl. 15. Poi.yplaxiphores (Chiton).
4 e Type. HaiacoBoairci* (Mollusques).
Cl. 16. Céphalophores. Dioïques (Céphalopodes et Gastéropodes en partie), Hermaphrodites et Monoïques (le reste des Gastéropodes).
Cl. 17. Acéphalophores. Palliobranches (Brachiopodes), Lamellibranches (Acéphales), Hétérobranches (Ascidies).
2 e Sous-Règne. ACT IN OMORPH ES ou ACTINOZOAIRES. Forme rayonnée.
Cl. 18. Annéudaires ou Gastrophysaires (Siponcle, etc.).
Cl. 19. Cératodermaires (Échinodermes).
Cl. 20. Arachnodebmaires (Acalèphes).
Cl. 21. Zoanthaires (Actinies) .
Cl. 22. Poi.ypiaires (Polypes à tentacules simples, Anthozoaires et Bryozoaires).
Cl. 23. Zoo prêta ires (Polypes à tentacules composés, Halcyonoïdes).
3* Sous-Règne. HÉTÉROMORPHES ou HÉTÉROZOA1RES. Forme irrégulière.
Cl. 2 lx. Spongiaires (Éponges).
Cl. 25. Monadaires (Infusoires).
Cl. 26. Dendrolithaires (Corallines).
La classification de De Blainville ressemble à celles de Lamarck et de Cuvier beaucoup plus qu’un tableau synoptique de ces trois systèmes ne le ferait supposer. Elle est basée sur l'idée que le règne animal forme unç série progressive; seulement De Blainville intervertit l’ordre admis par Lamarck et place les animaux supérieurs au commencement, les inférieurs à la fin. A cette idée mère s’ajoute, dans une certaine mesure, la conception de Cuvier que les animaux sont construits d’après différents plans de structure. Mais cette conception est si loin de dominer De Blainville que, au lieu de reconnaître immédiatement et dès le principe ces plans divers de structure, c’est dans la forme extérieure qu’il découvre l’idée principale sur laquelle il va fonder ses divisions primaires. Eu conséquence, il divise le Règne animal en trois Sous-Règnes : le premier est celui des Arliozoaires dont la forme est bilatérale, le second, celui des Aclinozoaires à forme rayonnée, et le troisième, celui des Hétérozoaires dont la forme n’est pas régulière (Éponges, Infusoires, Corallines). Le plan de structure n’intervient que comme considération secondaire, pour permettre d’établir parmi les Artiozoaires quatre types : 1° les Ostéozoaires, qui correspondent aux Vertébrés de Cuvier; 2° lesEntomozoaires qui sont les Articulés de Cuvier ; 3° les Malentozoaires, groupe complètement artificiel né de la nécessité d’établir une transition entre les Articulés et les Mollusques ; h’ les Malacozoaires, qui sont les Mollusques de Cuvier.
Le second Sous-Règne, celui des Âctinozoaires, correspond aux Rayonnés de Cuvier, tandis que le troisième, celui des IlétéroEoaires, est formé par des êtres organisés dont le plus grand nombre n’appartient pas au Règne animal. C’est le cas, du moins, pour les Spongiaires et les Dendrolilhaires, tandis que les Monadaires répondent à cette vieille classe des infusoires, sur la valeur de laquelle je me suis suffisamment prononcé dans les chapitres qui précèdent.
Il est évident que ce qu’il y a de correct dans cette coordination est emprunté à Cuvier; mais, il n’est que juste de le reconnaître, De Rlainville a introduit quelques perfectionnements d’une réelle valeur dans l’arrangement et la délimitation des classes. Par exemple, il a pour la première fois distingué, parmi les Vertébrés, les Amphibiens des Reptiles Vrais; le premier aussi, il a reporté les Vers intestinaux du groupe des Rayonnés à celui des Articulés, mais la création d’un type distinct pour les Cirripèdes et les Chitons a été une grosse erreur. En dépit de quelques particularités de leur structure, les Chitons sont construits essentiellement sur le même plan que les Mollusques de la classe des Gastéropodes; quant aux Cirripèdes, les recherches faites peu de temps après la publication du système de De Blainville ont établi d’une façon incontestable que ce sont de véritables Crustacés. La prétendue transition entre les Articulés et les Mollusques que De Blainville croit établir, au moyen de son type des Malentozoaires, n’existe certainement pas dans la nature.
Si l’on applique à ses classes le critérium proposé dans le chapitre précédent, il est clair que ses Décapodes, ses Hétéropodes et ses Tétradécapodes participent bien plus du caractère des ordres que de celui des classes; d’un autre côté, sa classe des Céphalophores, chez les Mollusques, renferme sûrement deux classes, d’ailleurs lui-même l’a reconnu dans ses derniers ouvrages. Parmi les Rayonnés, les classes des Zoanthaires, des Polypiaires et des Zoophytaires tiennent du caractère de l’ordre et non pas de celui
de la classe. Il y a enfin une grande objection à faire à ce système : on se demande à quoi bon introduire un nombre considérable de dénominations nouvelles pour désigner des groupes qui avaient déjà été très-bien limités et parfaitement nommés par les classificateurs précédents. En agissant ainsi De Blainville poursuivait sans doute un but fort louable, celui de débarrasser la science de quelques dénominations incorrectes, mais il a poussé la réforme trop loin en prétendant changer tous les noms qui ne cadraient pas avec son système.
Classification d'Ehrenberg.
Les caractères des vingt-huit classes d'animaux ci-dessous et ceux d’une vingtneuvième, établie pour l’homme seul, sont donnés plus complètement dans le travail cité plus haut et inséré parmi les Mémoires de l'Académie de Berlin pour 1836, p. 22.
l» r Cycle : NATIONS. L’Humanité, qui constitue une classe distincte, a pour caractère le développement uniforme de tous les systèmes d'organes'; par opposition avec les
2* Cycle : ANIMAUX, que l’on considère comme caractérisés par la prédominance de systèmes particuliers. Ceux-ci se divisent en
A. MVlil.OVKIHIM.
1. NOURRICIERS. Vertébrés à sang II. ORPHANOZOA1RES. Vertébrés chaud qui prennent soin de à sang froid qui ne prennent leurs petits. pas soin de leurs petits.
Cl. 1. Mammifères. Cl. 3. Amphibies.
Cl. 2. Oiseaux. Cl. U- Poissons.
B. CAVI.MOVI IKI S
A. Sphygmozoaires , ayant un cœur. Circulation produite par un cœur ou des vaisseaux pulsatiles.
III. ARTICULÉS. Articulation réelle, indiquée par des chapelets de ganglions et leurs ramifications.
Cl. 5. Insectes.
B. Asphy cto-vasculaires. Vaisseaux non pulsatiles.
V. TUBULÉS. Point d’articulation. L’intestin, un simple sac ou un tube.
Cl. 17. Bryozoaires.
Cl. 17. Dimorphes (Hydroïdes).
Cl. 19. Turbellariés (Rhabdo-
Cl. 6. Arachnoïdes.
Cl. 7. Crustacés (y compris les Entomostracés, les Cirripèdes et les Lernées).
Cl. 8. Annexés. (Les vrais Annélides, à l’exclusion des Nais.)
Cl. 9. Somatotomés (Naïdins).