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OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Ne vaut-il pas mieux en revenir aux méthodes de Cuvier et de Baer, qui n’éprouvèrent jamais aucune honte à avouer leurs doutes dans les cas difficiles, qui furent toujours empressés d’appeler l’attention des observateurs sur les points contestables, et qui ne couvrirent en aucun cas la disette de notions positives sous le vain bruit des mots?

Dans celte revue rapide de l’histoire de la Zoologie, j’ai omis plusieurs classifications ; celles de Kaup et de Van der Hoeven (1) entre autres, qui auraient pu donner matière à

(1) Le Manuel de Van der llœvcn mérite cependant plus qu'un mot en passant. Les caractères des groupes mineurs sont présentes dans ce livre d'une si admirable manière ; le renvoi aux sources est si complet ; la preuve d'une connaissance personnelle et approfondie, si entière ; l’application à ne pas faire une pure compilation si louable, qu’il est juste de considérer cet ouvrage nonseulement comme un excellent manuel pour les commençants, mais encore et positivement comme un compendium de l’étal actuel de la Zoologie, susceptible d’être consulté avec fruit par les naturalistes de profession.

Tout en prenant pour guide les vues de Cuvier sur les divisions primaires du Règne animal, l’auteur ne parait pas les regarder comme assez importantes ou assez bien définies pour mériter une considération spéciale. Il a ainsi laissé échapper presque entièrement l’occasion de présenter dans leur enchaînement ces larges généralisations sur les affinités et les homologies des diverses classes d‘ animaux qui, cependant, constituent le progrès le plus précieux de la Zoologie moderne, et assurent à notre science une place si importante parmi les études philosophiques du xix' siècle. Il me semble aussi que, sans être absolument négligée, l’histoire des fossiles n’a pas été suffisamment mise en relief. La manière dont elle est souvent présentée, sans liaison des types éteints avec les types vivants, est particulièrement défavorable à une exacte appréciation des rapports naturels des uns et des autres. Le temps est venu où le Règne animal doit être représenté, dans son développement à Iravers tous les âges géologiques, aussi complètement qu’est rattachée à l’histoire générale des êtres vivants la description de leur développement individuel.

A l'égard des classes, je crois, pour des raisons déjà établies (voy. p. 299), que les Infusoires doivent être rangés suivant leurs affinités naturelles, partie parmi les Algues, partie parmi les Vers, et partie encore parmi les Bryozoaires. Les relations des Ilhizopodes avec les Algues inférieures et plus spécialement avec les Corallines, me semblent chaque jour plus probables, et je crois que les preuves actuellement produites du caractère végétal des Ancntcrcs sont bien près d’équivaloir à une démonstration. Dans la classe des Acalèphes, les Cténophores occupent une position inférieure à celle des Discophorcs ; or, il me parait difficile de contester que le premier rang leur appartienne ; le système ambulacraire, avec ou sans ventouses extérieures, constitue le caractère essentiel des Ëchinodermes, et le Sipunculus n’en a pas. La distinction entre les Vers intestinaux et les Annélides pour en faire des classes différentes, séparées par les Rotifères, ne me paraît pas naturelle; les Turbellariés et les Suceurs unissent les Annélides aux Trématodes et aux autres Vers en une seule classe, et les recherches les plus récentes prouvent incontestablement que les Rotifères sont des Crustacés. Il ne me semble pas non plus conforme à la nature de faire deux

quelques remarques. Mais j’ai étendu cette digression assez loin déjà pour montrer combien les formules ou catégories proposés par moi dans le second chapitre de ce livre, peuvent aider à déterminer la valeur des diverses sortes de groupes généralement adoptés dans nos classifications. Je n’avais pas, en commençant, d’autre but. La première chose à faire désormais, c’est d’appliquer aussi ces formules aux divisions mineures du Règne animal, en descendant jusqu’aux genres et aux espèces, et d’accomplir ce travail pour chaque classe individuellement, en s’en rapportant dans chaque spécialité aux bonnes monographies. Mais c’est là une tâche herculéenne, qui requiert par les efforts combinés de tous les naturalistes et devra les occuper pendant nombre d’années à venir.

classes des Insectes et des Araignées, Les Tardigrades et les Acarîns ferment la transition aux Podures et aux Épizoaires. La classe des Crustacés, bien déllnic si l'on y ajoute les Rotifères, devrait être placée au-dessous de celle des Insectes. La classitication générale de l’embranchement des Mollusques est peut-être la moins satisfaisante de l’ouvrage ; car, tandis que l’auteur considère les Tuniciers comme une classe distincte, et les Concbifères, auxquels il joint les Bracbiopodes, comme une autre classe, les Mollusques proprement dits ne font qu’une seule et même classe où sont compris non-seuiement les Pléropodes et les Gastéropodes, mais aussi les Céphalopodes. Évidemment ces derniers sont en trop étroit voisinage avec les Gastéropodes ; un examen attentif des Céphalopodes fossiles aurait facilement convaincu l’auteur que ces animaux constituent par eux-mêmes une classe indépendante.

Depuis la publication du Règne animai de Cuvier, le Manuel de Van der Hœven est le seul traité général de Zoologie où la classe des Poissons soit présentée de manière à prouver une connaissance approfondie de ce groupe d’animaux. La manière dont sont traités les Vertébrés est également digne d’éloge.

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