‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 1 sur 77 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

il en est un qui semble comprendre tous les autres, c’est l’ Esprit d’ association, sentiment naturel et combinaison vaste qui établit des rapports entre toutes les classes pour s’aider, se protéger mutuellement, pour intervenir directement dans leurs intérêts , pour se répartir dans une multitude de cercles, de circonscriptions , qui toutes tendent au même but, le développement des facultés, l’accroissement général du bien-être et de la richesse.

L’examen de ce principe, dans ses différentes applications au travail et à la production , et dans les merveilles qu’il leur a fait créer, est le sujet de cet ouvrage, qui renferme moins de raisonnemens que de faits, moins de théorie que d’application , dans lequel on a cherché surtout à se garantir de ces illusions de perfectibilité et d'utopie dont la malveillance ou les préjugés auraient pu contester les effets.

Il est divisé en quatre parties : la première présente les rapports du travail avec le gouvernement, les entraves qu’il souffre encore de l’action administrative et les développemens qu’il pourrait acquérir; la seconde établi t le principe d’association et sa marche progressive pour créer, accroître et défendre les produits; la troisième et la quatrième sont les conséquences des

PRÉFACE. v„

deux premières; elles montrent, l’une les effets du principe d’association sur les intérêts généraux de la société; l’autre, les effets de ce même principe sur les intérêts privés, ou autrement les différentes branches d’industrie des hommes. Il est termine dans cette édition par un exposé des progrès que l’esprit d’association a faits en France depuis peu d’années , et les résultats heureux qu’il promet encore.

Ce tableau qui réunit l’examen de l’administration dans les intérêts de la production , et l’économie politique dans les vues du gouvernement, a dû nécessairement entraîner à des observations critiques sur les obstacles que ces deux puissances apportent l’une à l’autre; mais

ces observations ne portent sur aucun individu,

et ne sont autres que celles qu’on aurait pu attendre même de tout administrateur impartial. La science de gouverner et celle de produire ont été de tout temps dans une continuelle méfiance l’une de l’autre, et ce n’est pas une injure à leur faire, mais plu tôt un service à leur rendre, que de tâcher d établir entre elles une harmonie nécessaire à toutes deux. Mais ce qui est plus nécessaire encore est de déterminer cette action de la communauté, cette combinaison sociale, qui ne peut être dignement appe-

VHI

Page 1