‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 15 sur 77 · Hume, Hist. de la maison de Plantagenet , liv. I, p · texte numérisé non relu

Hume, Hist. de la maison de Plantagenet , liv. I, p

4- C.ivcs omîtes in administrauda rcpublica atque augenda quasi veterum Romauorum ordineui moremque

lions d’édiles, de consuls, d’inspecteurs de travaux, étaient rétablies; la police des marchés, les octrois, faisaient partie de leurs attributions ; les corps de ville correspondaient avec les souverains, qui leur donnaient le litre & honorables et illustres conseillers Les rois juraient de maintenir leurs privilèges; ils étaient bien aises d’entretenir cet esprit de liberté dans les villes , afin de l’opposer au système féodal ; et celte existence sage, riche et indépendante, aVait tant de charmes , qu’en plusieurs pays on vit des nobles renoncer à leurs prérogatives pour accepter des fonctions municipales. Plusieurs grandes familles, en Catalogne, n’ont d’autres litres , pour prouver l’ancienneté de leurs maisons, que ce passage de la noblesse à l’état de roture. Il régnait déjà tant d’aisance , tle luxe aux Pays-Bas, que Jeanne, duchesse de Bourgogne , entrant à Bruges , prit toutes les bourgeoises pour des dames de la cour.

Ces usages étaient tellement tombés en dé-r suétude en France, que leur retour fut une véritable création. Louis-le-Gros donna ce

srijiiebantur. Luc. Mar. Sic. et Capmani Com. Barcel. f loin. I , p. 27 (noies).

«. Egregii et honorati amici, magnifici et egregii consiliarii. Capmani Com. Barcel., loin. I.

noble exemple; et ses successeurs, en affranchissant leurs vassaux dans leurs domaines particuliers, permirent en même temps aux villes sous leur juridiction immédiate , de së constituer en municipalités; aux villages, de se réunir pour fonder des communes. Ce bienfait fut à peine connu des malheureux qui gémissaient encore sous le joug des seigneurs , que leurs mains s’élevèrent de tous côtés vers le trône pour demander leur délivrance. Il se fit en même temps une révolution en leur faveur dans l’opinion , et l’élan donné ne put être arrêté. En vain les seigneurs et les évêques voulurent-ils résister à ce cri de l’humanité, à ce premier réveil de la liberté ; ils virent tomber des chaînes qui ne devaient plus se reprendre. La municipalité , nom détestable , disait l’abbé de Nogent, institution odieuse qui a pour but de convertir en une redevance annuelle le servage du censitaire , qui n’impose à celui qui y manque qu’une misérable amende , cl délivre ainsi le serf de toutes les exécutions auxquelles il était soumis '.

En effet, les communes, dès ce moment,

i. Guiibeitus de vita sua, lib. Ht, cap. 7. Hume, loin. Il , cap. a , p. 11.

eurent des lois écrites, des magistrats, des milices, des syndics chargés d’établir et de percevoir leurs (axes, leurs cotisations municipales; elles formèrent une corporation pouvant agir comme un individu pour son bien-être; et il ne manqua à cette époque, pour constituer l’Etat industriel et le porter au plus haut point de splendeur , qu’une Assemblée Nationale qui eût réglé les intérêts généraux aussi bien que l’étaient les intérêts particuliers. L’État était alors constitué à sa base, et ne l'était point à son sommet : c’était le contraire naguère. Suivant les anciens usages (car il n’est qu’une manière d’établir l’arbitrage social ), les communes eurent un premier magistrat et un conseil placé près de lui : le maire 1 2 remplaça les duumvirs ou le préteur, et les éclievins les décurions chargés , comme eux , d 'escheeer ’ et éditer le dommage de la ville. Ces places donnèrent également la noblesse jusqu’au règne deLouisXIII; et, quoique gratuites, ellesétaient fort sollicitées. Cette organisation se conserva jusqu’au moment de la vénalité des charges , lorsque la considération devint une valeur fis-

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