‹ De l'esprit d'association dans tous les interêts de la communautéChapitre 49 sur 77 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Compagnies de commerce.

lbimus in ha ne civitatem cl merfabimur et faciemui lucruiii. Sac. ap. cpist., cap. iv, v. i3.

Et erit benediclio super caput vendentium.

Phov. cap. Xi , v. a6.

Nous avons vu combien l’art de la fabrication peut ajouter à celui de produire, quelle influence il a sur les besoins et les jouissances des hommes; mais il existe une troisième puissance, sans laquelle les deux premières ne seraient que des moyens imparfaits de bonheur, sans laquelle les hommes , circonscrits dans la nature bornée de leur production, sous l’influence rigoureuse de leur climat , seraient pauvres au milieu de l’abondance, et à plaindre avec l’apparence de la prospérité. Celte puissance est le commerce, agentdistributeur de toutes les productions, intermédiaire de toutes les jouis-

sauces, et véritable principe d’association universelle parmi les hommes. Par lui les distances se rapprochent , les climats se mêlent , les peuples se connaissent et s’entendent, la terre n’est plus qu’un marché commun de productions variées , où tout s’échange, se répartit merveilleusement pour le bien-être de chacun. Le cultivateur delà Beauce ou de la Sologne voit dans telles gerbes de son champ les vins de la Bourgogne, le sucre des Antilles, les épiceries des Moluques ; dans telle autre, les toiles des Indes, le cuir de Russsie '. L’homme n’a plus besoin de combiner, de diversifier ses travaux , en raison de ses besoins; il lui suffit de produire, de tirer de son champ , de son atelier, de ses mines, tout ce qu’ils peuvent donner; des mains invisibles se chargent d’arranger sa vie sur cette base première , de lui apporter tout ce que ses frères , ses compagnons du monde entier ont su créer pour lui pendant qu’il travaillait pour eux *.

Cette vaste combinaison se modifie de mille

i . Diversas gcntes ita commercio miscent ut quod gcnitum esse usquam id apud omnes natum videretur.

Plin. in Pan.

3. (n qua consumitur quidquid in terris omnibus aratur. Sénèque, de Clem., cap. 6.

manières. Souvent les relations d’un peuple avec un autre ne sont que des moyens d’échange avec un troisième Souvent le peuple qui établit ces échanges ne produit rien lui-même, et est tout entier un grand intermédiaire * dans les relations générales sur lesquelles il prélève une commission qui lui présente une quote-part de tous leurs produits.

Que de rapports ce mouvement d’affaires ne met-il pas entre les peuples et les individus ! que de propriétés diverses, et d’une mobilité singulière , se trouvent naître de l’échange de ces propriétés variées , de ces produits du monde entier, qui se placent ainsi en présence pour se juger et se répartir! En vain les obstacles de la nature , ceux de la politique, plus terribles encore,. voudraient arrêter cette admirable correspondance, cette société du genre humain * ; les déserts et les décrets, les guerres et les douanes font contre elle de vains efforts; les produits circulent, se mêlent, se glissent à travers les obstacles et les dangers , et tendent quelque-

1. L’A nglclerie solde sa balance aux Indes et à la Chine avec les métaux espagnols.

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