AVANT-PROPOS
D es méditations de l'auteur sur l'instruction publique, et une longue expérience, l'engagèrent à adresser au Ministère de l'intérieur, le 1 o Février 1 8 1 5 , un mémoire qu'il développe maintenant.
Ce qui est relatif à la jurisprudence lui a été communiqué par un ami versé depuis trente ans dans la théorie et la pratique de cette science.
La question élevée pendant l'impression de ce traité, savoir, si l'enseignement de la médecine doit être séparé de celui de la chirtirgie, a inspiré à l'auteur les réflexions suivantes., %ï : , %
Les trois écoles de médecine sont le$ établissement les plus parfaits qui existent jusqu'à ce jour sur l'enseignement théori- <iue et pratique des sciences médicales.
On ne peut en dire autant 1 de la loi du 10 Ventôse et de l'arrêté du 20 Prairial XI, sur l'exercice de la médecine: c'est à ces deux actes réglementaires, et non aux écoles elles-mêmes, que se rapportent les reproches dirigés contre les écoles. Rien de plus facile que de corriger ce qu'il y a de défectueux dans les réglemens concernant l'exercice de la médecine et de la chirurgie ; et rien de plus facile encore que d'examiner comment les hommes en place se sont acquittés des fonctions qui leur ont été confiées : mais on s'exposeroit aux plus^ grandes erreurs, si l'on vouloit imputer à l'institution même des fautes qui sont à attribuer aux mesures réglementaires ou au personnel. ,
On veut représenter au Roî que l'enseignement divisé de la médecine et de la chirurgie est préférable à son état actuel de réunion j et on ne sent pas qu'on propose une mesure incomplète dans son principe. N'est- il pas de toute évidence
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qu'une école de médecine n'est pas complète sans une instruction chirurgicale, et qu'une école de chirurgie est incomplète sans une instruction médicale ? Et si Ton créoit une école de médecine avec des cours de chirurgie, et une école de chirurgie avec des cours de médecine , on feroit deux écoles, lune de médecine, et l'autre de chirurgie, dans lesquelles on enseigneroit absolument la même chose.
Ceci peut en effet être exécuté, dès qu'on se décide à faire un double emploi, et à dépenser deux fois la même somme, au lieu de faire une seule dépense.
Il seroit difficile de trouver un homme éclairé et impartial qui se prononçât pour la séparation. Si cependant elle étoit supportable dans tout autre pays, elle ne le seroit pas en France. Les rivalités, les haines, les procès entre les médecins et les chirurgiens françois, oqt été éteints par ' la création des écoles actuelles; ils sont inconnus aux élèves de ces écoles. Et si,
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parmi les gens de lart de 1 ancien tempsil se trouvoit de ces hommes qui ne veulent voir k bien que dans ce qui est ancien , ou qui ne sont heureux que dans les troubles et les intrigues , ce serok une raison de plus pour se garder de mettre entre lerns mains ce brandon de discorde.
Craignons , enfin , en séparant de nonveau la médecine de la chirurgie, de faire un }>as en arrière, et de ne plus avoir des écoles aussi bonnes que celles que nous