‹ De l'esprit de l'instruction publiqueChapitre 17 sur 34 · VI. PATHOLOGIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

VI. PATHOLOGIE GÉNÉRALE

J. 9G. Les propriétés physiques, chimiques et vitales des parties du corps humain, sont exposées à des change mens dont la santé peut souffrir. Leur énumération a fait naître la pathologie, qu'on divise en générale et spéciale. La première est le résultat des réflexions auxquelles la masse totale des observations individuelles 1 a donné lieu. Cette pathologie générale est composée de trois grandes

ëections. Dans la première, ou la pathologie proprement dite, on examine les affections elles-mêmes de chaque partie sous les trois rapports précc'demment énoncés : on les considère d'abord dans leur plus grande simplicité', puis dans un.état plus ou moins compose'. La fibre musculaire, par exemple, est trop forte ou trop foible , sous le rapport physique ; elle contient trop de fibrine , ou elle pèche par son de'faut, sous le rapport chimique, et elle est trop irrite'e ou inerte, sous le rapport vital.

On recherche les causes des maladies dans l'étiologie, qui est la seconde section de la pathologie générale. Plusieurs auteurs observent, dans le classement de ces causes, Tordre admis pour déterminer leur influence sur la santé. Ils examinent donc les maladies de'termine'es par les vicissitudes de l'air, par la qualité' et la quantité' des alimens, par les passions , par le mouvement ou le repos , par les substances qui doivent être excre'te'es ou retenues dans le corps, par l'effet des veilles ou du sommeil.

La troisième section de la pathologie ge'ne'rale est la se'me'iolique, ou la connoissance des signes. Les fonctions des corps vivans affectés par une maladie, sont dérangées, exécutées dune manière vicieuse, ou supprimées : on leur donne à cet égard le nom de symptômes ; et il paroît des caractères ou signes propres à reconnoUre ces symp-

tômes, desquels on conclut à la cause qui les a fait naître.

Il faut remarquer que la doctrine des signes s'étend aussi bien à l'état de santé qu'aux maladies, qu'on J'enseigne sous ces deux rapports dans les ouvrages qui lui sont exclusivement destines , et qu'on rappelle dans le cours de pathologie la séméiotique physiologique, pour mieux faire ressortir celle qui caractérise les fonctions pathologiques.

§. 97. On jugera, par ce que nous venons de dire, de l'importance de la pathologie générale. Non-seulement elle facilite l'élude de la pathologie spéciale; elle en est l'ame et la partie vraiment philosophique. On peut devenir praticien quand on a appris la pathologie spéciale ; mais on ne devient médecin que par une élude approfondie de la pathologie générale.

Elle fournit par son étendue la matière d'un cours particulier, et c'est à tort qu'on pense l'avoir étudiée quand on n'a fait qu'en acquérir une idée légère avant que de passer à la pathologie spéciale. Enfin, le médecin qui procède à l'examen d'un malade opère d'après les principes de la pathologie générale, qui le guident à distinguer ce cas individuel et à lui assigner la place qu'il occupe dans la pathologie spéciale.

Page 1