V. HYGIÈNE
j. 94. Les principes de l'art de conserver la santé, ôu de l'hygiène, sont en grande partie une application des connoissances dont nous venons de parler. La médecine de la haute antiquité, et celle de l'école de Salerne, qui a précédé le rétablissement
des sciences, consistaient en grande partie dans des règles pour la conservation de la santé'.
Quand on embrasse l'hygiène dans toute son étendue, il faut y traiter de tout ce qui peut influer sur la santé de l'homme, et examiner, par conséquent, autant les causes morales et physiques externes qui agissent sur lui , que L'effet particulier de chacune des fonctions de l'homme vivant sur l'ensemble de la santé. Ces causes multipliées sont classées depuis long-temps en six divisions, qu'on appelle : circumfusa, tels que sont l'air, le climat , le terrain; applicata, comme les vétemens, les bains; ingesta, les alimens, les médicamens; excréta et retenta, les sécrétions et les excrétions; gesta, qui sont le mouvement et le repos ; percepta, auxquels on rapporte les sensations et les fonctions de l'ame. Cette division est aussi impropre que le nom de choses non naturelles, imposé aux divers articles qui y sont contenus ; et il est à remarquer , d'un autre côté, que l'influence sur le corps humain d'un grand nombre des agens compris dans ces mêmes articles, est déjà examinée dans la physique médicale, la chimie médicale et la physiologie, de sorte que l'hygiène, traitée dans toute son étendue, contient des répétitions fréquentes d'objets déjà connus. Mais on les évite facilement quand on ne s'occupe que de l'hygiène proprement dite, c'està-dire, des règles à observer pour conserver la
santé. Ramenée à son véritable but et traitée méthodiquement, l'hygiène contient néanmoins un grand nombre de matières , que l'on explique avec d'autant plus d'utilité qu'elles sont étrangères aux autres cours des sciences médicales.
§. q5. Observons encore que l'hygiène est divisée en deux sections : l'hygiène privée, relative à la conservation de la santé des individus; et l'hygiène publique, dans laquelle il s'agit des précautions à* prendre pour celle des grandes réunions d'hommes* Par exemple, la question de savoir comment il faut vivre pendant les grandes chaleurs, un temps brumeux , etc., appartient à l'hygiène privée; et les précautions à prendre, dans une maison d'orphelins, une prison , etc., pour maintenir la santé des personnes qui les habitent, sont un objet d'hygiène publique : cette dernière est du ressort de la médecine légale.