‹ De l'esprit de l'instruction publiqueChapitre 19 sur 34 · VIII. BOTANIQUE · texte numérisé non relu

VIII. BOTANIQUE

§. 99. Nous n'avons pas voulu interrompre le fil des connoissances qu'il convient d'acquérir successivement, parce qu'elles se prêtent la main , et qu'elles conduisent l'esprit depuis les premiers élémens jusqu'aux principes fondamentaux de l'étude des maladies.

Il faut passer maintenant à la seconde branche de la médecine, celle du traitement, et en exposer les bases.

La botanique fut enseignée dans les universités long-temps avant qu'on crût à la nécessité d'une instruction pour les deux autres branches de l'histoire naturelle , la zoologie et la minéralogie ; et on n'étudia la botanique que sous le rapport médical : cette science faisoit en conséquence une partie des institutions médicales, et dans les cours donnés aux facultés on enseignoit la structure des plantes , et on en offroit la démonstration.

Dans l'état actuel de l'enseignement il est pos-

sible de donner à la botanique médicale le degré de perfection qui lui est propre. Les e'Ièves se présentent à la faculté' de médecine après avoir appris, à celle des sciences, les e'iémens de botanique et la structure des plantes. Maintenant ils commencent par la physiologie des plantes , dans laquelle le professeur, essentiellement médecin, explique , avec leur économie particulière , les rapports qui existent entre les deux règnes , et les éclaircissemens que l'économie animale tire de l'économie végétale.

§. 100. La démonstration des plantes, le second objet du cours de botanique médicale, est de même distinguée d'un cours de botanique générale. Que ce cours soit embelli par l'exposition des objets nombreux qui donnent tant d'attrait à cette science charmante, c'est non-seulement le moyen d'orner l'esprit du médecin futur de connoissances accessoires à son principal but , c'est . -encore celui de le familiariser d'avance avec des substances auxquelles il est possible qu'on reconnoisse tôt ou tard des propriétés utiles au traitement des maladies. Tous les jours de nouvelles plantes sont proposées à l'usage médical; que ces elFets soient confirmés ou non, il est du devoir du médecin d'en acquérir la connoissance , et d'être en état , par celle de la botanique générale, de les apprécier.

Néanmoins le cours de botanique médicale pré-

sente une face particulière. Depuis que la botanique est cultivée en grand, les savans s'occupent à classer les plantes d'après Tordre naturel , et à trouver des rapports entre la structure des plantes et leurs vertus. Jusqu'à présent il n'existe que des fragmens sur ces deux objets intéressans , et il seroit téméraire, il seroit même dangereux de hasarder une méthode lie'e qui conduiroit à des erreurs multipliées.

Les diverses époques de la floraison s'opposent d'ailleurs à suivre rigoureusement un système quelconque dans l'exposition des plantes ; de sorte qu'en se conformant à cette dernière, pour présenter les plantes dans leur plus grande magnificence, et en rapprochant autant qu'il est possible celles qui offrent les affinités dont nous venons de parler, on fournit au jeune médecin une connoissance intuitive des plantes et de leurs vertus , reconnues plus ou moins positivement

j. 101. Les herborisations sont un nouveau moyen de se rendre familier le règne végétal. Indépendamment d une répétition toujours renaissante des objets déjà aperçus, et des nouvelles acquisitions , les herborisations fournissent une instruction complète sur les végétaux indigènes, et le temps où leurs parties ont acquis un accroissement parfait ; détails d'un avantage journalier dans l'exercice de la médecine, et même de la vie commune.

Page 1