XIII. ACCOUCHEMENS
J. 112. Il entre dans la science des accouchemens une partie physiologique, une partie chirurgicale, et une partie médicale.
L'histoire de la grossesse en forme la partie physiologique : on y explique , en premier lieu , l'état et les développemens de l'œuf, depuis son origine jusqu'à sa maturité; en second lieu, les divers états de la matrice pendant tout le temps de la gestation; et, en troisième lieu, le procédé de la parturition.
J. 1 1 3. L'art des accouchemens proprement dit appartient à la chirurgie. Il a pour objet de reconnoître la grossesse, et de porter les secours nè% cessaires aux accouchemens naturels, difficiles et
contre -nature. La science des accouchemens a été porte'e à un degré' d'évidence si parfait, qu'elle ne laisse presque plus rien à désirer. On a étudié la mécanique de tous les cas qui peuvent se présenter ; on en détermine avec exactitude le diagnostique, et on prescrit les règles à observer dans les opérations tant manuelles qu'instrumentales: c'est, en vérité, un adoucissement remarquable, tenant au caractère particulier de cette partie la plus pénible de l'art de guérir.
§. 114. La manière de gouverner les femmes , et les enfans forme l'objet médical de l'art des accouchemens. La femme, sujette pendant la moitié de sa vie à des affections qui se rapportent à l'enfantement, réclame des soins, quand même elle n'est pas malade , et les maladies multipliées , suites de cet état, sont une nouvelle source d'attentions et de traitemens. Il faut acquérir en conséquence une connoissance spéciale de l'état sain et des maladies de la menstruation , de la grossesse, de la parturition, des couches, de l'allaitement, et de la cessation des règles. Les nourrissons, enfin, sont , par plusieurs raisons , des sujets d'études pour le médecin futur : leur vie naissante exige des soins différens de ceux qui conviennent à un enfant d'un âge plus avancé; ils sont exposés à plusieurs maladies particulières; et, quand ils sont
attaqués de quelqu'une des maladies communes à
tous les hommes, il faut les traiter souvent (Tune manière particulière et qui soit adaptée à la délicatesse de leur constitution.
f XIV. CLINIQUE MÉDICALE.
§. 11 5. Les cliniques, qui font partie de l'instruction actuelle , achèvent de former un médecin, et le mettent en état d'exercer l'art de guérir dès qu'il sort des bancs , au lieu qu'anciennement le médecin gradué ignoroit encore le traitement des maladies. L'art de reconnoître les maladies par leurs signes, de les juger convenablement, et de prescrire les moyens de guérison, est long, difficile et fallacieux. L'aphorisme hippocratique connu : Àrs longa , vita brevis , experiencia fallax, judicium difficile , est toujours un axiome aux yeux du médecin le plus expérimenté. Celui qui commence la carrière pratique est cependant plus éclairé depuis l'existence» des cliniques , et il n'est pas réduit à marcher en tâtonnant pendant plusieurs années; mais, pour arriver à ce point, il est nécessaire qu'il s'empare de tout ce que cette institution bienfaisante est en état de lui offrir.
cliniques qu'après une étude profonde des cours antécédens, et de consacrer deux années à la pratique de celles-là.
L'étude des cliniques elle-même doit être considérée sous le rapport scientifique, et sous celui du service.
J. 116. Nous entendons par la partie scientifique de la clinique médicale une étude plus particulière des maladies qui y sont traitées. Un médecin d'hôpital, accompagné dans ses visites par des élèves, leur donne, au lit des malades , et pendant une conférence , des indication utiles ; il appelle leur attention sur les symptômes les plus importans; il fait connoîlre ceux qui peuvent induire en erreur ; il établit son pronostic , et il •motive son traitement. Il accoutume de cette
manière les élèves à reconhoître dans la nature l'application des théories énoncées dans les pathologies et thérapeutiques générales et spéciales. On est en état de faire un pas de plus dans une clinique bien administrée: c'est en y ajoutant sur les maladies rassemblées une explication fondée sur l'expérience et l'érudition , et servant de commentaire à l'enseignement de la pathologie spéciale. Le professeur de cette dernière parcourt dans une année la masse des maladies individuelles, et ne peut traiter d'aucune avec abondance. Le professeur de clinique ne prend notice que des maladies choisies, circonstance qui le met en état de les approfondir avec tout l'appareil de sa méditation , de son expérience et de celle des siècles passés*
Sa clinique se distingue donc d'une visite d'hôpital faite en compagnie, en ce quelle se compose chaque année d'un certain nomhre de cours spéciaux sur les maladies qui se sont offertes à son traitement. Beaucoup d' élèves , ceux surtout qui ont déjà vu des maladies, sont dans une grande erreur sur la nature d'une clinique. Ils ne sont avides que de choses extraordinaires, et ne croient pas que les maladies les plus simples soient instructives. Ils pensent qu'il est bien facile, par exemple, de traiter une fièvre tierce, et ils ne reviennent de cette erreur que quand un médecin savant en expose les nuances multipliées r les ca*uses souvent cachées, et les traitemens variés auxquels il faut recourir dans certains cas.
§. 117. Le service médical est le second objet de l'instruction de la clinique. Certes, le médecin qui entre en pratique avec un esprit orné- par l'étude des belles-lettres , et nourri dans les sciences tant accessoires que propres à son état, n'est pas fait pour exercer le ministère subalterne de l'art de guérir ; c'est à lui à le commander à d'autres : mais, pour cela, il est nécessaire qu'il en ait une pleine connoissance. Il acquiert cette connoissance en faisant le service pendant sa scolarité : il en relire, en outre , le précieux avantage de voir les malades non-seulement à la visite du professeur , mais plusieurs fois par jour j d'observer la marche des ma-
ladies dans leurs divers de'tails, et d'apprécier pas à pas l'eflet des médicamens.
Ainsi l'élève prudent se soumettra à toutes les obligations d'un service sévère d'élève d'un hôpital, et il demandera, comme une faveur particulière, d'être compris au nombre des élèves titulaires de cet établissement.