XVI. CLINIQUE DES ACCOUCHEMENS
J. 119. Pour suivre avec tout le succès la clinique des accouchemens, il faut, plus que dans les deux précédentes, s'y vouer en entier, et avoir achevé la série des cours dont la scolarité est composée.
Les accouchemens se présentent à toute heure , et ils durent souvent plus d'un jour; celui qui
veut étudier la marche très-varie'e du travail de l'enfantement , et se familiariser avec les signes de ses progrès , ne doit pas quitter avant qu'il ne soit terminé : d'où résulte l'incompatibilité de cette s occupation avec les autres élémens de l'instruction me'dicale.
De plus , l'ensemble des accouchemens est assez étendu , quoique moins difficile que dans les deux autres cliniques. L'application de la théorie à la pratique consiste dans une suite de problèmes de mécanique, résolus au moyen de données sensibles à la vue et au toucher, et est amenée aujourd'hui à une grande évidence. .
$. 120. Le service propre à cette partie de la chirurgie doit être soigneusement observé. Les motifs qui engagent le médecin savant à se prêter aux détails du service, ont une plus grande force dans le cas présent L'expérience prouve que les accouchemens malheureux sont extrêmement rares depuis que les accoucheurs sont fréquemment employés, non-seulement pour redresser les fautes commises déjà par les sage -femmes , mais aussi pour secourir les femmes dans les cas naturels ; et il est bien désirable que cet usage prenne de jour en jour plus de faveur, puisqu'il est toujours bien rare de trouver de bonnes sage-femmes. Nous osons affirmer qu'il y a peu de villes où les sage-femmes soient mieux instruites qu'à Strasbourg ; nous le
disons avec connoissance de cause, nous qui ne leur donnons pas l'instruction , mais qui les examinons depuis trente ans. Cependant- ces même* femmes qui ont répondu à la satisfaction des examinateurs, sont souvent, six années après, d'assez mauvaises praticiennes ; et il ne faut pas s'en étonner. Le médecin , après des e'tudes longues et bien dirigées, perd de ses connoissances, s'il n'a soin de les entretenir par une lecture et une méditation journalières. Comment une femme ignorante, qu'on astreint avec peine à une année d'apprentissage , et qui , une fois pourvue de son diplôme , se croit une personne importante, ne rétrograder oitelle pas ? Il est donc bien nécessaire que l'accoucbeur connoisse et surveille les détails de la pratique des accouchemens , et qu'il dirige la sagefemme et à son défaut la garde, en tout ce qu'il y a à exécuter ou à éviter.
§. 121. Le troisième genre d'instruction concerne les maladies survenues aux femmes en couche et aux nouveau -nés, à cause des attentions particulières qu'exige leur caractère et leur traitement»