CARACTÈRE DU MÉDECIN
j. 1 33. Le médecin n'a aucun pouvoir apparent pour faire exécuter ses prescriptions; mais il est puissant lorsqu'il possède tous les moyens de son état, et qu'il en use avec prudence. Toute distinction et toute différence entre les hommes cesse , quand leurs maux physiques ou moraux les obligent à recourir à la médecine ; et le ministre de la santé prodigue ses soins avec d'autant plus de succès, qu'il traite > toutes choses égales d'ailleurs, le riche comme le pauvre, et le grand seigneur comme le dernier des citoyens. Cette volonté ferme, de la part du médecin , de subordonner au caractère de la maladie toute autre considération , ne l'empêche pas d'observer les convenances, au point que, plus il est délicat et scrupuleux dans ses procédés, plus il gagne de confiance, et plus il est
le maître de (aire ce que commande la situation du malade.
Les secours de la médecine dans les maladies sont manifestes. Il n'en est pas ainsi des conseils par lesquels le médecin conserve la santé et prévient les maladies. Quoique peut-être plus précieux que les premiers , ces derniers services ne sont pas ap*parens dans beaucoup de circonstances, et la partie hygiénique du ministère médical est d'une exécution plus difficile que sa partie iatrique, parce qu'autant les hommes sont communément dociles pendant leurs maladies , autant ils sont récalcitrans aux moyens propres à les en préserver.
Cependant, que le médecin réunisse aux talens étendus de sa profession l'usage du monde , qu'il connoisse les abus et les perversités de la vie, qu'il s'en soit garanti par une conduite sage et sans reproche; il trouvera dans la conversation et dans
la société des occasions nombreuses de donner des conseils qui ne manquent pas de faire leur effet, quand ils sont bien appliqués et présentés sous une forme convenable.
Indépendamment de son caractère privé, le médecin devient homme public quand il communique aux autorités compétentes ses vues sur la santé publique.
Quelque peu avancées que les sciences physiques aient été anciennement, l'éducation physique
ctoit plus soignée qu'elle ne Test aujourd'hui. Il est vrai que les lois anciennes régulatrices de l'éducation ne sont plus applicables à nos habitudes et à l'ensemble de notre manière de vivre. Néanmoins le médecin trouve , en partant de Tordre actuel des choses, et en réfléchissant à la foiblesse physique et morale, suite de l'éducation et de la vie moderne, des indications propres à perfectionner l'espèce hu^ine.