‹ De l'esprit de l'instruction publiqueChapitre 30 sur 34 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

§. i3o. Nous venons de présenter le canevas des études médicales , à peu près dans Tordre d'après lequel il convient d'en disposer les fils. Commencer par ce qui ne suppose aucunes notions préce'dentes, et s'occuper ensuite des objets composes, c'est prendre la grande route, et on y avancera de la manière suivante.

L'année scolaire s'ouvre par le semestre d'hiver. L'élève, auquel nous supposons les connoissances qu'il doit avoir acquises à la faculté des sciences , entre dans la carrière médicale par les cours d'anatomie, de physique médicale et de chimie médicale.

Il étudiera, au sécond semestre, celui d'été, la physiologie, l'hygiène, la botanique et la matière médicale, qui est suivie de la pharmacologie.

Il destinera le troisième semestre à la pathologie générale , et à la répétition des cours qu'il a suivis pendant le premier semestre d'hiver.

Les cours de pathologie et de thérapeutique spéciale interne et externe seront fréquentés pendant le quatrième et le cinquième semestre.

Il aura donc appris, dans les deux premières années , les principes de la médecine ; dans les deux années suivantes, il les répétera, et' il con-

tinuera surtout de suivre ceux des cours où des objets mate'riels servent d'éclaircissement aux explications verbales. En même temps il commencera à se faire initier dans la pratique par la clinique et les opérations chirurgicales. Il vouera la dernière année à la clinique interne, aux accouchemens et à la médecine légale.

* j. i3i. Après les quatre années révolues, l'élève se présentera aux examens, et, en même temps, il étudiera l'histoire de la médecine et la bibliographie. Vétéran parmi les élèves, et candidat pour le doctorat, il prouve, en satisfaisant par ses réponses aux examinateurs, qu'il n'est plus élève, et il se prépare, en suivant les cours que nous venons . de nommer, à composer une dissertation qui atteste qu'il est digne de porter le nom de docteur auquel it aspire. Nous disons qu'il se présente aux examens, et nous n'entendons pas qu'il lui faille un temps particulier pour s'y préparer ; car, pendant qu'il apprend chaque semestre une nouvelle science , il répète en même temps celles qu'il a étudiées précédemment II augmente donc chaque année ses connoissances dans les sciences élémentaires. Cette répétition l'empêche d'oublier ce qu'il sait Celui qui , à la fin de ses- études , croit avoii besoin de répéter les cours pour se préparer aux examens , n'a pas bien employé son temps : il a oublié ce qu'il avoit seulement appris par cœur ;

il avoit appris comme un enfant, mais non étudié comme un e'iève. Ce n'est pas en retenant par cœur un ouvrage qu'on acquiert des connoissances réelles dans la science qu'il traite, mais en le méditant, et en se rendant raison de ce qu'on a entendu, lu et note'. Que l'élève qui a bien étudie' se présente donc avec confiance aux examens : sa mémoire lui rendra fidèlement les dépôts confiés à son intelligence. Les examens, qui pèsent tant sur le pauvre enfant, ne sont rien pour un esprit cultivé; les idées dont l'entendement s'est enrichi, se présentent clairement à lui, et, quelle que soit celle des parties d'une science qu'on entame , il s'y retrouve, parce qu'elles y sont toutes disposées avec méthode et réflexion.

§. i52. Dans les temps de l'instruction où l'on mettoit un grand prix aux distinctions externes, les aspirans aux grades étoient habillés en blanc , et appelés candidati : de là , candidats, de candidus. Placés entre les élèves et les hommes gradués, le but vers lequel leurs vues doivent se diriger , est de s'attacher à la science en grand, au moyen de l'histoire et de l'érudition , et d'essayer leurs forces en écrivant pour dernier acte probatoire une dissertation réfléchie. Le terme de thèse ne convient pas aux opuscules écrits pour le doctorat Il étoit reçu dans plusieurs établissemens d'instruction de faire soutenir, en forme d'essai,

les élèves avant qu'ils eussent terminé le cours d'éludés; alors ils pouvoient n'écrire ou ne défendre en public que des thèses, c'est-à-dire, des propositions isolées. Dans les examens précédens, le candidat a prouvé, par ses réponses, qu'il est versé dans les principes de la science ; il doit faire preuve, dans son dernier acte, de son aptitude à composer un mémoire sur une matière scientifique : il doit donc écrire une dissertation.

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