‹ De l'Esprit des loisChapitre 106 sur 935 · LIVRE VI, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE XV

Âcilia * pour arrêter les brigues. Dion dit que le sénat engagea les consuls à la proposer, parce que le tribun C. Cornélius avoit résolu de faire établir des peines terribles contre ce crime, à quoi le peuple étoit fort porté. Le sénat pcnsoit que des peines immodérées jotteroicnt bien la terreur dans les esprits, mais qu’elles auroient cet effet, qu’on ne trouvcroit plus personne pour accuser ni pour condamner; au lieu qu’en proposant des peines modiques, on auroit des Juges et des accusateurs.

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Des lois des Romains a l'égard des peines.

Je me trouve fort dans mes maximes lorsque j’ai pour moi les Romains, et je crois que les peines tiennent à la nature du gouvernement, lorsque je vois ce grand peuple changer à cet égard de lois civiles à mesure qu’il changeoit de lois politiques.

Les lois royales, faites pour un peuple composé de fugitifs, d’esclaves, et de brigands, furent très-sévères. L’esprit de la république adroit demandé que les décemvirs n’eussent pas mis ces lois dans leurs douze tables; ipais des gens qui aspiroient à la t\rannie n’avoient garde de suivre l’espiit de la république.

Tité-Live* dit, sur le supplice de Melius Suffetius, dictateur d’Alhe, qui fut condamné parTullus Hostilius à être tiré par deux chariots, que ce fut le premier et le dernier supplice où l’on témoigna avoir perdu la mémoire de l’humanité. Il se trompe : la loi des douze tables est pleine de dispositions très-cruelles*.

Celle (pii découvre le mieux le dessein des décemvirs est la peine capitale prononcée contre les auteurs des libelles et le’s poi-tes. (xda n’est gui rc du génie de la république, où le peuple aime à voir les grands humiliés. Mais des gens qui vouloient renverser la liberté- craignoient des écrits qui pouvoient rappeler l’esprit de la liberté *.

Après l’expulsion des décemvirs, presque toutes les lois qui avoient fixé les peines furent lîtées. On ne les abrogea pas expressément; mais la loi Porcia ayant défendu de mettre à mort • un citoyen romain, elles n’eurent plus d’application.

Voilà le temps auquel on peut rappeler ce que Tite-Live * dit

1. Les coupables étoient condamnés à peines presque toujonrs capitales, le vol nne amende; iis ne ponvoient pins être pnni de mort, etc.

admis dans l’ordre des sénateurs, et 4. Sylla animé dn même esprit qne les nommés a aucune magistrature. (Dion, décemnrs, augmenta comme eux lespeiliv. XXXVI.) nea contre les écrivains satiriques.

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