‹ De l'Esprit des loisChapitre 11 sur 935 · CHAPITRE IP · texte numérisé non relu

CHAPITRE IP

•Du gourerneraeut républicain^ el des lois relatives à la démocratie.

Lorsque, dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c’est une démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’ai>pelle une aristocratie.

Le peuple, dans la démocratie, est à certains égards le monarque; à certains autres, il est le sujet.

11 ne peut être monarque que par scs suffrages, qui sont ses volontés. La volonté du souverain est le souverain lui-même. Les lois qui établissent le droit de suffrage sont donc londamentales dans ce gouvernement. En effet, il est aussi important d’y régler comment, par qui, ii qui, sur quoi, les suffrages doivent être donnés, qu’il l’est dans une monarchie de savoir (piel est le monarque, et de quelle manière il doit gouverner.

Libanius* dit « qu’à Athènes un étranger qui semôloit dans « rassemblée du peuple étoit puni do mort. » C'est qu’un tel homme usurpoit le droit de souveraineté®.

H est essentiel de fixer le nombre des citoyens qui doivent former les assembh'es; sans cela on pourroit ignorer si le peuple a parlé, ou seulement une partie du peuple. A Lacédémone, il falloit dix mille citoyens. A Rome, née dans la petitesse pour aller à la grandeur; à Rome, faite pour éprouver toutes les vicissitudes do la foitunc; à Rome, qui avoit tantôt presque tous ses citoyens hors de ses murailles, tantôt toute l ltajüe et une partie de la terre dans ses murailles, on n’avoit point fixé ce nombre*; et ce fut une des grandes causes de sa ruine.

Le peuple qui a la souveraine puissance doit faire par luimême tout ce qu’il peut bien faire; et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu’il le fasse par ses ministres.

Scs ministres ne sont point à lui s'il ne les nomme : c’est donc une maxime fondamentale de ce gouvernement, que le peuple nomme ses ministres, c’est-à-dire ses magistrats.

11 a besoin, comme les monarques, et même plus qu eux, d’être conduit par un conseil ou sénat. Mais, pour qu’il y ait confiance, il faut qu’il en élise les membres : soit qu’il les choi-,

L Voyez, suf ce chapitre, Aristote, dans sa Politique, liv. VI, ch. ii. Il y expose les lois fondamentales de la constitution démocratique. (P.)

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