‹ De l'Esprit des loisChapitre 118 sur 935 · LIVRE VII. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. CHAPITRE III

en avüit point clicz les premiers Komtiins, il n’y en avoit point chez les Lacédémoniens ; et dans les ivpuldi(|ues on l’éfralité n’est pas tout à fait perdue, l’iîsprit de commerce, de travail et de vertu fait (pie chacun v peut et que chacun y veut vivre de son projirc liion, et ipie jiar consétpient il y a peu de luxe.

Les lois du nouveau partage des cliamps, demandé avec tant d’instance dans quelques républiijucs, étoient salutaires parieur nature. Elles ne sont dangereuses ipie comme action subite. En ôtant tout à coup les riches.ses aux uns, et au^'inentant de même celles des autres, elles font dans chaipie famille une révolution, et en doivent produire une générale dans l’Etat.

A mesure que le luxe s’étahlit dans une république, l'esprit SC tourne vers l’intérêt iiarticulicr. A des gens à qui il ne faut rien que le necessaire, il ne reste à désirer que la gloire de la patrie et la sienne propre. Mais une êine corrompue par le luxe a bien d’autres désirs : bientôt elle devient ennemie des bns ipii la gênent. Le luxe (|ue la garnison de Ulu'ge cominenea à connoître fit qu’elle en égorgi^a les habitants.

Sib'd (pie les Romains furent corrompus, leurs désirs devinrent immenses. On en peut juger par b; prix ipi’ils mirent aux choses.

I ne cruche de vin de Ealcrne* se vendoit cent deniers romains; un bai'il de chair salée du Pont en coùtoit ([uatre cents ; un bon cuisinier, quatre talents ; les jeunes garçons n’avoieiit point de prix. Quand, par une impétuosité* générale, tout le monde se portoit à la volupté, que devenoit la vertu?

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