‹ De l'Esprit des loisChapitre 119 sur 935 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Des lois somptuaires dans les monarchies.

L'aristocratie mal constituée a ce malheur que les nobles y ont les richcs.ses, et que cependant ils ne doivent pas dépenser ; le luxe, contraire à l’esprit de modération, en doit être banni.

II n’y a donc que des gens très-pauvres qui ne peuvent pas recevoir, et des gens très-riches qui ne peuvent pas dépenser.

A Venise, les lois forcent les nobles à la modestie. Ils se sont tellement accoutumés à l’épargne qu’il n’y a que les courtisanes qui puissent leur faire donner de l’argent. On se sert de cette voie pour entretenir l’industrie : les femmes les plus méprisables y dépensent sans danger, pendant que leurs tributaires y mènent la vie du monde la plus obscure.

Les bonnes républiques grecques avoient à cet égard des

1. Fragment du liv. XXXVI de Dio- 2. Cum maximus omnium impttus dore, rapporté par Conat. Porph., Ex- ad luxuriam estel, ibid. trait des vertus et des vices.

Di

institutions admirables. Les riches employoient leur argent enfêtes, en chœui's de musique, en chariots, en chevaux pour la course, en magistratures onéreuses. Les richesses y étoîent aussi à charge que la pauvreté.

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