‹ De l'Esprit des loisChapitre 121 sur 935 · LIVRE VII, CHAPITRE V. 9ü · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAPITRE V. 9ü

« il, dans la situation où sont les choses. Comment Rome pour- « roit-elle vivre? comment pourroicnt vivre les provinces? ü^ous « avions de la frugalité lorsque nous étions citoyens d’une seule « ville ; aujourd’hui nous consommons les richesses de tout « l’univers; on fait travailler pour nous les maîtres et les « esclaves. » Il voyoit bien qu’il ne falloit plus de lois somptuaires. /

Lorsque, sous le même empereur, on proposa au sénat de défendre aux gouverneurs de mener leurs femmes dans les provinces, à cause des dérèglements qu’elles y apportoient, cela fut rejeté. « On dit que les exemples de la dureté des anciens « avôient été changés en une façon de vivre plus agréable*. » On sentit qu’il falloit d’autres mœurs.

Le luxe est donc nécessaire dans les Etats monarchiques, il l’est encore dans Etats despotiques. Dans les premiers, c’est un usage que l’on fait de ce qu’on possède de liberté; dans les ^Rltres, c’est un abus qu’on fait des avantages de sa servitude : lorsqu’un esclave, choisi par son maîti-e'pour tyranniser ses autres esclaves, incertain pour le lendemain de la ftjrtune de chaque jour, n’a d’autre félicité que celle d’assouvir l’orgueil, les désirs et les voluptés de chaque jour.

Tout ceci mène à une réflexion ; les républiqqps finissent par le luxe ; les monarchies, par la pauvreté *.

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