‹ De l'Esprit des loisChapitre 151 sur 935 · Aristote, Poiit., Ut. II, cliap. x · texte numérisé non relu

Aristote, Poiit., Ut. II, cliap. x

république que ce fût. Elle ne détruisit pas celle de Crète j voici pourquoi > :

Lorsque les anciens vouloient parb;r d’un peuple qui avoit le plus f,'rand amour pour la patrie, ils citoient les Cretois. La j)atrie, disoit Platon *, nom si tendre aux Cretois ! Ils l'appeloient d’un nom qui exprime l’amour d’jjne mère pour ses enfants*. Or, l’amour de la patrie corrige tout.

Les lois de Pologne ont aussi leur insurrection. Mais les inconvénients qui en résultent font bien voir que le seul peuple de Crète ctoit en état d’employer avec succès un pareil remède.

Les exercices de là gymnastique, établis chez les Grecs, ne dépendirent pas moins de la bonté du principe du gouvernement. (I Ce furent les Lacédémoniens et les Crétois, dit Platmi ♦, qui <1 ouvrirent ces académies fameuses qui leur firent tenir dans « le monde un rang si distingue. La pudeur s’alarma d’abord; « mais elle céda à l’utilité publique. » Du temps de Platon, ces institutions ctoient admirables “;^lles se rapportoient à un grand objet, ((^li étoit l’art militaire. Mais lorsque les Grecs n’enrent plus de vertu, elles détruisirent l’art militaire même : on ne descendit plus sur l’arène pour se former, mais pour se corrompn'*.

Plutarque nous dif' que de son temps les Romains pensoient que ces Jeux avoient été la jirincipale cause de la servitude où étaient tombés les Grecs. C’étoit, an contraire, la servitude des Grecs qui avoit corrompu ces exercices. Du temps de Plutarque*, les parcs où l’on coinbattoit à nu, et les jeux de la lutte, rendoient les jeunes gens lAclies, les portoient à un amour infâme, et n’en faisoient (|uc des baladins; mais du temps d’Épaminondas l’exercice de la lutte faisoit gagner aux Thébains la bataille de Leuctres*.

Il y a peu de lobi qui ne soient bonnes lorsque l’Etat n’a point perdu ses principes; et, comme disoit Epicure en parlant des

ne sont pas epeore en âge d’aller à la guerre. I.a Iiitle est l'imagedela guerre, dit Platon, dis Lois, liv. VII. Il loue l’antiquité de n'avoir établi que deux danses, la pacifique et la pyrrhiquc.Voyex comment cette dernière danse s’appliquoit à l’art militaire. (Platon, ibid.)

G Aul libidinosur

Ledeens Lacedinnonis palœstras.

(Martial, liv. IV, épig. S5.) 1. Œuvres morales, an trai4é Des demandes des choses romaines.

Page 1