‹ De l'Esprit des loisChapitre 161 sur 935 · Voyez VHisloiff det Procince>-Uniet, par M. Leclerc · texte numérisé non relu

Voyez VHisloiff det Procince>-Uniet, par M. Leclerc

son principe, la craint*!, l’honneur et la vertu. J’ai donc posé une distinction vaine lorsque j’ai établi les principes des U'ois f^ouvernemcuts.

J’ijjiiore ce que c'est que cet honneur dont on parle chez des peuples à qui un ne fait rien faire qu’à coups de bâton L

De plus, il s’en faut beaucoup que nos comuier<;ants nous donnent l’idée de cette vertu dont nous parlent «os missionnaires : on peut les consulter sur les brigandages des mandarins *. Je prends encore à témoin le grand homme milord Âuson.

D’ailleurs, les lettres du P. Partînnin sur le procès que l’empereur fit faire à des princes du sang néophytes *, qui lui avoient déplu, nous font voir un plan de tyrannie constamment suivi, et des injures faites à la nature humaine avec ri'gle, c’est-àdire de sang-froid.

Nous avons encore les lettres de M. de Mairan et du même P. Parennin, sur le gouvernement de la Chine. Ajirès des questions et des réponses très-sensées, le merveilleux s’est évanoui.

Ne pourroit-il pas se faire que les missionnaires auroient été trompés par une apparence d’ordre; qu’ils auroient été frappés de cet exercice continuel de la volonté d’un seul, par lequel ils sont gouvernés eux-mêmes, et qu’ils aiment tant à trouver dans les cours des rois des Indes; parce que, n’y allant que pour y faire de grands changements, il leur est plus aisé de convaincre les princes qu’ils i)euvent tout faire que do persuader aux peuples qu’ils peuvent tout souffrir*?

Enfin il y a souvent {|uelqiie chose de vrai dans les erreui’S mêmes. Des circonstances particulières, et peut-être uniques, » fieuvent faire que le gouvernement de la Chine ne soit pas aussi CMTompu qu’il devroit l’être. Des causes, tirées la plupart du physique du climat, ont pu forcer les causes morales dans ce pays, et faire des espèces di' prodiges.

Le climat de la Chine t!st tel qu’il favorise prodigieusement la propagation de l’espèce humaine. Les femmes y sont d’une féconditi!' si grande que l’on ne voit rien de pareil sur la terre.

La tyrannie la plus cruelle n’y arrête point le progrès de la propagation. Le prince n’y peut jtas dire, comme Pharaon : «Opprimons-les avec sagesse. » Il seroit plutôt réduit à former le souhait de Néron, que le genre humain n’eùt qu’une tête. Malgré la tyrannie, la Chine, par la force du climat, se peuplera toujours, et triomphera de la tyrannie.

t. C’est le biton qui gouverne la Lange. ■“

Chine, dit le P. Duhalde. 3. De la famille de Sonrniama, Zef-

2. Voyez entre autres la Relation â» tree édifiantes, recueil XVIII.

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