‹ De l'Esprit des loisChapitre 17 sur 935 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Des lois relatives à la nature de rarisloeratie.

Dans l’aristocratie, la souveraine puissance est entre les mains d’un ceitain nombre de personnes. Ce sont elles qui font les lois et qui les font exécuter; et le reste du peuple n’est tout au plus à leur égard tpie comme dans une monarchie les sujets sont à l’égard du nioiiartiue.

On n’y doit itoiiit donner lesulTrage par sort; on n’en auroit (|ue les inconvénients. En effet, dans un gouvernement qui a déjà établi les distinctions les plus aflligeantes, quand on scroit choisi par le sort, on n’en seroit pas moms otlieux : c’est le noble qu’on envie, et non jias le magistrat.

Lorsque les nobles sont en grand nombre, il faut un sénat qui l'ègle les affaires que le corps des nobles ne sauroit (brider, et qui prépare celles dont il décide. Dans ce cas, on peut dire (jne l’aristocratie est en quelque sorte dans le sénat, la démocratie dans le cor|)s des nobles, et que le ptuiple n'est rien.

Ce sera une chose très-heureuse dans l’aristocratie, si, par (iuel(|uc voie indirecte, on fait sortir le peuple de sou anéantissement : ainsi, à GèneSj la banque de Saint-Georges, qui est administrée en grande partie |iar les principaux du peuple *, donne à celui-ci une certaine influence dans le gouvernement, qui en fait toute la prospérité.

Les sénateurs ne doivent point avoir le droit de rcnqilacer ceux qui manquent dans le sénat : rien ne seroit plus 'capable de perpétuer les abus. A Rome, qui fut dans les pivmiers temps une (ispèce d’aristocratie, le sénat ne se suppléoit pas hii-mème : les si-nâteurs nouveaux étoient nommés * par les censeurs.

Une autorité exorbitante, donnée tout à coup à un citoyen dans une république, forme une monarchie, ou plus ((u’une monarchie. Dans celle-ci les lois ont pourvu à la constitution, ou s’y sont accommodées : le principe du gouvernement arrête

1 . Voy. Denys d’Haliaarnassc, liv. IV laite, paç. IC. et IX. 3. Iule forent d'abord par les con-

S. Voyei M. Addison. Voyage* d'I- sais.

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