LIVRE X. CHAPITRE IV
joui's se réserver des moyens (et ces moyens sont sans nombre) pour l’en faire sortir.
Je ne dis point ici des choses vagues. Nos pères', qui conquirent l’empire romain, en agirent ainsi. Les lois qu’ils firent dans le feu, dans l'action, dans l’impétuosité, dans l’orgueil de la victoire, ils les adoucirent : leurs lois étoient dures, ils les rendirent impartiales. Les Bourguignons, les Gotlis et les Lombards vouloient toujours que les Romains fussent le peuple vaincu ; les lois d’Euric*, de GondelKUid et de Rotharis firent du Barbare et du Romain des concitoyens*.
Charlemagne, pour dompter les Saxons, leur ôta l’ingénuité et la propriété des biens. Louis le Débonnaire les affranchit* : il ne fit rien de mieux dans tout son règne. Le temps et la servitude avoient adouci les meeursj ils lui furent toujours fidèles.