Inconvénient du Liberum vélo
S. I.a plupart des principe* que Montcaqnieu pose dans ce chapitre sont tirés du Traité du Gouremement -oivit , de Locke, cb. xti. (1‘.)
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Li/rE XI, CHAPITRE VI. 143
Par la premi»>re, le prince ou le maj'istrat fait des lois pour lin temps ou pour toujours, et corrige ou abroge celles (pii sont faites. Par la seconde, il fait la paix ou la guerre, envoie ou reçoit des ambassades, (établit la sûreté, prévient bîs invasions. Par la troisième, il punit les crimes ou juge les dillérends des particuliers. On appellera cette dernière la puissance de juger; et l’autre, simplement la puissance exécutrice de l’Etat.
La liberb'; politique, dans un citoyen, est cette tranquillité d’esprit qui provient de l’opinion que chacun a de sa sûreté; et, pour qu’on ait cette liberté, il faut que le gouvernement soit tel qu’un citoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen.
Lorsque dans la même personne ou dans le même corps de magi.strature la puissance législative (;st réunie à la puissance eiécutrice, il n'y a point de liberté, parce qu’on peut craindre ■que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois U ranniques pour les exéi.uter tvranni(|uement.
11 n’y a point encoi'e de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. Si elle ét((it jointe à la luiissance lé'gislative, le pouvoir sur la vie et la libertt) des citoyens .seroit arbitraire; car le juge seroit législateur. Si elle édoit jointe à la puissance exécutince, le juge pourroit avoir la force d’un oppresseur.
Tout seroit perdu si le mêiiK! homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçoient ces trois pouvoirs : celui dfe faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques, et celui déjuger les crimes ou les dilTérends des particuliers.
Dans la plupart des royaumes de l’Europe, le gouvernement •est modéré, parce que le prince, qui a les deux premiers pouvoirs, laisse à ses sujets l’exercice du troisième. Chez les Turcs, où ces trois pouvoirs sont réunis sur la tête du sultan, il règne «n affreux despotisme.
Dans les républiques d’Italie, où ces trois pouvoirs sont réunis, la liberté se trouve moins que dans nos monarchies. Aussi Ic^ gouvernement a-t-il besoin, pour se maintenir, de moyens aussi violents que le gouvernement des Turcs : témoin les inquisiteurs d’Etat ‘, et le tronc où tout délateur peut, à tous les moments, jeter avec un billet son accusation.
Voyez quelle peut (Hre la situation d’un citoyen dans ces républiques. Le même corps de magistrature a, comme exécuteur des lois, toute la puissance qu’il s’est donnée comme législateur. Il peut ravager l’Etat par ses volontés générales; et, comme il