‹ De l'Esprit des loisChapitre 210 sur 935 · Liv. IV. ^ prévenu par Tarquin, il anroit établi le · texte numérisé non relu

Liv. IV. ^ prévenu par Tarquin, il anroit établi le

:i. li se priva de la moitié do la puis- gouvernement populaire. (I)cnys d'Hagance royale, dit llenys d'Halicarnasse, ficarnasse, liv. IV, png. Ï43.) liv. IV. pag.229. 3. Denys d’ilal., liv. I\, 0. Ibid,

sans quoi elle se change d’âhord en tyrannie ou en Etat populaire : mais un Etat p<»pulaire n’a pas liesoin de cette distinction dos familles pour se maintenir. C’est ce qui lit que les patriciens, qui ctoient des parties nécessaires de la constitution du temps des rois, en devinrent une partie superflue du temps des consuls : le peuple put les ahaisser sans se détruire lui-mème, et changer la constitution sans la corrompre.

Quand Servius Tullius eut avili les patriciens, Rome dut tomher des mains des rois dans celles du peuple. Mais le peuple, en abaissant les patriciens, ne dut point craindre de retomber dans celles des rois.

. Un Etat peut changer de deux manières, ou parce que la constitution se corrige, ou parce qu’elle se corrompt. S’il a conservé scs principes, et que la constitution change, c’est qu’elle se corrige; s’il a perdu ses principes, quand la constitution vient à changer, c’est qu’elle se corrompt.

Rome, après l’expulsion des rois, devoit être une démocratie. Le [)cuplc avüit déjà la puissance législative : c’étoit son suffrage unanime qui avoit chassé les rois; et, s’il ne (lersistoit pas dans cette volonté , les 'farquins pouvoient à tous h?s instants revenir. Prétendre qu’il eût voulu les chasser pour tomher dans l’esclavage de quelques familles, cela n’étoit pas raisonnalde. La situation des choses deniandoit donc que Rome fût une démocratie ; et cependant elle ne l'étoit pas. 11 fallut tempérer le pouvoir des principaux, et que les lois inclinassent vers 1a démocratie.

Souvent les Etats fleurissent plus, dans le passage insensible d’une constitution aune autre, qu’ils ne le hiisoient dans l’une ou l’autre de ces constitutions. C’est pour lors que tous les ressorts du gouvernement sont tendus; que tous les citoyens ont des prétentions; qu’on s’attaque ou qu’on se caresse, et qu’il y a une noble émulation entre ceux qui défendent la constitution qui décline, et ceux qui mettent en avant celle qui prévaut.

CHAIMTRE XIV

('.ommont la distribution des trois pouvoirs commença à changer après l’expulsioa des rois.

Quatre choses choquoient principalement la liberté de Rome. Les patriciens obtenoient seuls tous les emplois sacrés, politiques, civils et militaires; on avoit attaché au consulat un pouvoir exorbitant; on faisoit des outrages au peuple; enfin on ne lui laissoit presque aucune influence dans les sufirages. Ce furent ces quatre abus que le peuple corrigea.

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