‹ De l'Esprit des loisChapitre 213 sur 935 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

De la puissance législative dans la république roniaiue.

On n’avoit point ‘de droits à se disputer sous les di'‘cemvirs; niais quand la libert - revint, on vit les jalousies renaître ; tant qu’il resta quelques privilèges aux patriciens, les pb'bciens les leur ôtèrent.

Il y auroit eu peu de mal si les plébéiens s'étoient contentés de priver les patriciens de leurs prorogatives , et s'ils ne les avoient pas offensés dans leur qualité môme de citoyen. Lorsque le peuple étoit assemblé par curies ou jiar centuries, il étoit composé de sémateurs, de patriciens et de plébéiens. Ilans les ilisputes, les plcbciens gagnèrent ce point' que seuls, sans les patriciens et sans le sénat, ils [lourroient faire des lois qu’on appela jilébiseites; et les comices où on les fit s’appelèrent comices par tribus. Ainsi il y eut des cas où les patriciens* n’eurent point de part à la puissance législative, et * où ils furent soumis à la puissance législative d'un autre corps de l’Etat : ce fut un délire de la liberté. Le peuple, pour établir la démocratie, choqua les principes mêmes de la démocratie. Il sembloit

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