‹ De l'Esprit des loisChapitre 226 sur 935 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la liberté du citovcii.

La liberté pliilosophique consiste dans rexcrcice de sa volonté, ou du moins (s’il faut parler dans tous les systèmes) dans l’opinion on l’on est que l’on exerce sa volonté’. La liberté politique consiste dans la sûreté; ou du moins dans l’opinion que l’on a de sa sûreté.

Cette sûreté n’est jamais plus attaquée que dans les accusations publiques ou privées. C’est donc de la bonté des lois criminelles <|ue dépend principalement la liberté du citoyen.

172 DK 1,’KSPRIT DES DOIS.

Des luis eriniiiielles ii’ont pas étt‘ peilectiuimées tout il’aii euiip. Dans les lieux luèines où l’on a le plus clierelïé la liberté, 011 lie l'a pas toujours trouvée, .\ristote* nous ilit <|u’à Cuiiies les parents de l'accusatcnr ponvoiont être ténuiins. Sous les rois de Rome, la loi étoit si iniparfaite <iue Servins Tnllios prononra la sentenee contre les enfants d'Aiicus Martius, accusé d’avoir assassine le roi son beau-père*. Sous les premiers rois des Fram;s, tllotaire tit une loi* pmir (pi'nn accusé ne [lùt être wndamné sans être ouï : ce (jui prouve une [iratique contraire dans qucbiue cas particulier, on chez (piel<iue peii|)le barbare. Ce fut Cliarondas qui introduisit les jugements contre les faux témoil.Miaf.'es*. yuaiid riniiocence des citoyens n’est pas assurée, la liberté ne l’est jias non plus.

Les coniioissances ipie l'on a aciiuiscs dans (pielques pays, et que l’on acipierra dans d'autres , sur les règles les plus sûres que l’on puisse tenir dans les jugements criminels, intéressent le genre humain plus (pi’atinnie chose qu’il y ait au monde.

Ce n'est (jiie sur la pratique de ces coniioissances (pie la libiirté peut être fondée; et, dans un Etat tpii auroit là-dessus les ineilhnires lois possibles, un homme à (pii on feroit son procès, et qui devroit être pendu le lendemain, seroit jilus libre <in’nn hacha ne l'est en Tuniuie.

ClL\m’UE 111

('.ontinuation du meme sujet.

Les lois qui font périr nn homme sur la déposition d’un smil témoin sont fatales à la liberté. La raison en exige deux; parce qu’un témoin qui affirme, et un accusé (jui nii‘, font un par-

tage; (d il faut un tiers pour le

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