‹ De l'Esprit des loisChapitre 241 sur 935 · LIVRE XII, CHAIMTRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAIMTRE XVIII

jKîiiplcs que nous coiinoissons, parce (lu’elle y ouvriroit la porte à tous les crimes.

La loi qui ordonne dans plusieurs Ktats, sous peine de la vie, de révéler les conspirations auxquelles même on n’a pas trempé, n’est guère moins dure. I.or.squ’on la porte dans le gouvernement monarcliique , il est très-eonvenahlc de la restreindre.

.Elle n’y doit être appliquée dans toute sa sévérité qu’au crime de lèse-majesté au pri'inier chef, llaiis ces Etats, il est trè.s-important de ne point confondre les diiférents (diefs de ce crime.

■\u Japon, où les lois renversent toutes les idées de la raison humaine, le crime de non-révélation s’apiilique aux cas les plus ordinaires.

Une relation • nous parle de deux demoiselles qui furent renfermées jusqu’à la mort dans un cofl're hérissé de pointes : l’une, pour avoir eu quelque intrigue de galanterie; l’autre, pour ne l’avoir pas révélée.

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(lumbien il esl dangereux, dans les républiques, de trop punir le crime de Icse-majesté.

yuand une répuhlique est |)arvenuc à détruire ceux qui vouloient la renverser, il faut se hâter de mettre (in aux vengeances, aux peines et aux récompenses même.

On ne peut faire de grandes punitions, et par conséquent de grands changements, sans mettre dans les mains de quelques citoyens un grand pouvoir. 11 vaut donc mieux, dans ce cas, pardonner beaucoup que punir beaucouj) , exiler peu qu’e:'Jler beaucoup , laisser les biens que multiplier Tes^ confiscations. Sous lu’ctexte de la vengeance de la république, on établiroit la tyrannie des vengeurs. 11 n’est pas question de détruire celui qui domine, mais la domination. 11 faut rentrer le plus tôt que l’on peut dans ce train ordinaire du gouvernement, où les lois |irotégent tout et ne s’arment contre personne.

Les Grecs ne mirent point de bornes aux vengeances qu’ils prirent des tyrans ou de ceux qu’ils soupçonnèrent de l’être. Ils lirent mourir les enfants*, quelquefois cinq des plus proches jiarents*. Ils chassèrent une infinité de familles. Leurs répu-

Recueil dci roxfQfjes qui ont nervi à Vétabtin&emenl de ta compaquie des /nrfc.ï, page 423, liv. Y, part. II.

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