‹ De l'Esprit des loisChapitre 257 sur 935 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des revenus de l'Etat.

Les revenus de l’Etat sont une portion «pie eliatiuc citoyen donne de son bien pour avoir la sùrett- de l’autre, ou pour eu jouir agréahleuieiit.

Pour hien fixer ces revenus, il faut avoir égard et aux néccs- -sités de l’Etat, et aux nécessités des citoyens. 11 ne faut point prendre an peuple sur ses hesoins réels, pour des besoins de l’Etat imaginaires.

Les besidns imaginaires .sont ce tpie demandent les passions elles foiblcsses de ceux tpii gouvernent, le cbarme d’un projet extraordinaire, l’envie malade d’une vainc gloire, et une certaine impuissance d’esprit contre les fantaisies. Souvent ceux qui, avec un e.sprit imiuiet, étoient sous le prince à la tète des affaires, ont pensé que les be.soins de l’Etat étoient les besoins de leurs petites âmes.

11 n’y a rien que la sagesse et la prudence doivent plus régler que cette portion qu’on ùte et cette portion qu’on laisse aux sujets.

Ce n'est point à ce que le peuple peut donner qu’il faut mesurer les revenus ]iublics, mais à ce qu’il doit donner; et si on des mesure à ce qu’il peut donner, il faut que ce soit du moins à ce qu’il peut toujours donner.

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